Crise de liquidités aiguë pour l’Autorité palestinienne – banque mondiale
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Crise de liquidités aiguë pour l’Autorité palestinienne – banque mondiale

Le recul de l'aide internationale et du gel des taxes perçues par Israël du montant des salaires versés aux terroristes laisse l'AP avec un trou d'1,8 milliards de dollars

La Banque Mondiale souligne que les taxes prélevées par Israël sur les importations destinées aux Palestiniens, qui s’élèvent actuellement à 3%, pénalisent leur économie et recommande de réduire ce taux à 0,6%. (Crédit : CC BY 2.0)
La Banque Mondiale souligne que les taxes prélevées par Israël sur les importations destinées aux Palestiniens, qui s’élèvent actuellement à 3%, pénalisent leur économie et recommande de réduire ce taux à 0,6%. (Crédit : CC BY 2.0)

Malgré des transferts récents de fonds par Israël, l’Autorité palestinienne risque d’avoir un trou d’environ 1,8 milliard de dollars dans sa trésorerie d’ici la fin de l’année et d’entamer 2020 dans une position précaire, alarme jeudi la Banque mondiale.

Le gouvernement palestinien de Mahmoud Abbas avait perdu une grande partie de ses revenus après la décision d’Israël de suspendre en février le paiement d’une partie de la TVA et de droits de douane prélevés par l’Etat hébreu pour les Palestiniens.

La somme ne représente qu’une partie des taxes perçues par Israël pour le compte de l’AP, mais correspond selon le gouvernement israélien au montant des allocations versées aux familles de terroristes palestiniens emprisonnés ou tués pour avoir commis des attaques anti-israéliennes.

L’Autorité palestinienne avait alors été forcée d’imposer des mesures d’austérité, en coupant de près de moitié le versement des salaires de ses employés.

Ces mesures ont porté un dur coup à une économie minée par un chômage avoisinant 26 % dans les Territoires palestiniens au deuxième trimestre. Dans la bande de Gaza, le chômage atteint les 47 %, et 64 % des jeunes de cette enclave contrôlée par le Hamas, sont sans emploi, selon les dernières données fournies par la Banque mondiale.

Le mois dernier, le désaccord sur le paiement d’une partie de la TVA avait en partie été réglé par le versement rétroactif de plus de 560 millions de dollars (506 millions d’euros) en taxes perçues par Israël sur le carburant et destinées à l’Autorité palestinienne.

Mais cet accord partiel ne règle pas la crise de liquidités côté palestinien, prévient jeudi la Banque mondiale dans ce nouveau rapport.

Selon elle, le déficit de financement de l’Autorité palestinienne pourrait dépasser 1,8 milliard de dollars (1,6 milliard d’euros) en 2019 en raison d’une aide internationale en recul et surtout de la question « non résolue » des transferts par Israël.

« Les perspectives pour l’économie palestinienne sont inquiétantes », a estimé Kanthan Shankar, directeur de la Banque mondiale pour la Cisjordanie et Gaza, jugeant que la crise aiguë des liquidités a « commencé à affecter la capacité de l’Autorité palestinienne à s’acquitter de ses responsabilités de payer ses fonctionnaires et d’offrir des services à la population ».

Si l’épineux dossier du transfert de la TVA et de droits de douane prélevés pour les Palestiniens n’est pas résolu, « l’Autorité palestinienne entamera l’année 2020 après avoir déjà épuisé ses sources de financement sur le marché intérieur, notamment via les banques locales, ce qui la placera dans une situation encore pire qu’en 2019″, prévient le rapport de la Banque mondiale qui doit être discuté la semaine prochaine à New York

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