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Israël offre un remboursement fiscal de 30 % pour attirer les tournages étrangers

Les producteurs ont affirmé que cette initiative, coordonnée par plusieurs ministères, créera de l'emploi pour toute la "chaîne de la production cinématographique"

Jessica Steinberg est responsable notre rubrique « Culture & Art de vivre »

L'animateur de télévision, humoriste et producteur américain Conan O'Brien a tourné un épisode de sa série de voyages "Conan sans frontières", en collaboration avec le producteur local israélien Asaf Nawi en Israël, en 2017. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash 90)
L'animateur de télévision, humoriste et producteur américain Conan O'Brien a tourné un épisode de sa série de voyages "Conan sans frontières", en collaboration avec le producteur local israélien Asaf Nawi en Israël, en 2017. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash 90)

Les cinéastes et les studios de télévision locaux tournent des films et des séries primés en Israël depuis des décennies, profitant des paysages désertiques et de l’authenticité des villes anciennes du pays.

Mais il est coûteux de tourner un film en Israël – et ce coût peut dissuader les sociétés de production étrangères. Aujourd’hui, le pays veut se présenter comme un lieu de tournage international en offrant un rabais de 30 % pour les productions étrangères.

Annoncée conjointement par les ministères de la Culture et des Sports, des Affaires étrangères, des Finances et du Tourisme au début du mois, cette mesure incitative, qui sera mise en œuvre pendant deux ans, prévoit le remboursement d’une somme pouvant aller jusqu’à 16,6 millions de shekels pour les films et pour les séries télévisées tournés en Israël.

« Nous savons qu’Israël est connu pour être un pays coûteux, mais c’est un pays qui dispose de sites exceptionnels », a déclaré Raz Frohlich, directeur général du ministère de la Culture et des Sports. « Vous avez accès à des collines vertes, au désert, à l’Histoire, à différentes villes, toutes situées à de courtes distances, et l’anglais y est très répandu. Autant de raisons de venir ici, mais cette nouvelle mesure de rabais est un gros plus. »

« Il aura fallu de nombreuses années pour que les cinq ministères travaillent conjointement afin de proposer cette mesure », a ajouté Frohlich.

Les sociétés de production ont eu jusqu’au 22 août pour envoyer leurs propositions pour la première série de remboursements fiscaux qui doivent être offerts dans les deux prochaines années.

Le rabais peut être octroyé à des projets impliquant des studios d’animation israéliens locaux ainsi qu’à des projets dont les tâches de post-production, tels que le montage et le son, sont confiées à des firmes israéliennes.

Frohlich a noté que les ministères avaient effectué des recherches approfondies sur le secteur, en étudiant les types de rabais offerts par d’autres pays. Israël offre un remboursement de 30 % là où certains pays en accordent 40 % et d’autres seulement 20 %.

« Nous entrons dans une sorte de compétition avec d’autres pays », s’est-il réjoui. « Nous savons bien que parfois, un producteur qui doit tourner une scène à Jérusalem choisira plutôt de se rendre en Grèce. Nous avons appris à connaître les coûts des productions. »

Les ministères tentent actuellement de donner à Israël l’image commerciale d’un lieu de tournage potentiel en plaçant des annonces dans les publications du secteur et en s’adressant aux réseaux de professionnels du cinéma et de la télévision.

C’est une opportunité que le gouvernement israélien saisit très tard, estime le producteur Amir Harel, dont le dernier film, « Valeria Is Getting Married », est nominé pour plusieurs Ophir Awards. « De nombreux pays se battent pour s’attirer les faveurs de cette industrie. »

Selon Harel, lorsque les mesures d’incitation fonctionnent, elles créent de l’emploi pour toute la « chaîne de la production cinématographique » – des équipes aux traiteurs, en passant par les hôtels et les restaurants.

« C’est un outil qu’il fallait vraiment mettre en place », dit Harel.

Les initiés du secteur aiment dire que certaines productions étrangères – comme l’émission spéciale de Conan O’Brien en 2017, la quatrième saison de « Transparent » de Jill Soloway et les première et deuxième saisons de « Homeland », qui ont été partiellement tournées en Israël – ont été des succès qui doivent maintenant se renouveler plus souvent.

Frolich a déclaré qu’Israël offrait un environnement sûr et stable pour le travail, bien qu’il y ait eu des moments où des tournages avaient été interrompus ou avaient été déplacés d’Israël en raison de troubles. La troisième saison de « Homeland » avait finalement été réalisée au Maroc en 2013 en raison des préoccupations liées à la situation incertaine en Syrie.

La société de production israélienne qui avait organisé les tournages aurait perdu des dizaines de milliers de dollars suite à cette annulation.

Pourtant, c’est une source de revenus potentiels qui vaut la peine d’être exploitée, selon le producteur Marek Rozenbaum, qui a travaillé sur des dizaines de films israéliens pendant près de 40 ans, et qui travaille sur cette idée depuis 25 ans.

« Je suis très heureux que cela se concrétise enfin », s’exclame Rozenbaum. « C’est important non seulement sur le plan financier, mais aussi parce que cela améliora nos compétences techniques. L’industrie disposera de budgets supplémentaires et chacun pourra acquérir de nouvelles compétences. »

Il faudra du temps pour que les productions puissent considérer Israël comme un lieu de tournage évident – à l’instar de Toronto ou d’Athènes, ont déclaré les producteurs.

« Cela se fera de toutes sortes de façons », indique Harel. « Il se peut que des producteurs israéliens travaillent sur un projet et amènent la production ici, ou que des producteurs étrangers se mettent en relation avec une équipe israélienne. Ce qui fait que ça fonctionnera se fera à l’échelle individuelle. »

« Il faudra du temps pour tout comprendre », reconnaît Rozenbaum.

« Ce qui est important, c’est de lancer le projet et d’adapter ensuite les choses en cours de route », ajoute-t-il.

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