Israël refuse l’entrée de 90 touristes turcs pour un visa falsifié
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Israël refuse l’entrée de 90 touristes turcs pour un visa falsifié

Les documents ont été émis par le consulat israélien à Istanbul, mais le ministère des Affaires étrangères dit qu'un agent israélien les a contrefaits pour réduire les coûts

Un vol Turkish Airlines sur la piste de l'aéroport international Ben-Gurion, le 3 août 2013. (Crédit : Moshe Shai/Flash90)
Un vol Turkish Airlines sur la piste de l'aéroport international Ben-Gurion, le 3 août 2013. (Crédit : Moshe Shai/Flash90)

Israël a refusé l’entrée du pays à 90 touristes en provenance de Turquie dans la journée de dimanche, les autorités affirmant que le visa de groupe présenté à l’aéroport Ben-Gurion a été contrefait.

Selon la chaîne d’information Hadashot, des responsables turcs auraient déclaré que les autorités israéliennes avaient évoqué des « raisons sécuritaires » pour justifier le rejet des touristes.

Le ministère des Affaires étrangères a expliqué dans un communiqué que « selon l’Autorité de l’immigration, un agent (de voyage) israélien a contrefait le visa de groupe. Il lui a été notifié par avance qu’il aurait besoin d’effectuer un dépôt pour le groupe, ce dernier n’étant pas autorisé à entrer sur le territoire le cas échéant ».

« Pour contourner l’interdiction de la ligne aérienne turque des passagers sans autorisation, il a falsifié le visa de groupe ».

Cet incident a été décrit dans les médias turcs comme une « grande humiliation », a ajouté la chaîne Hadashot.

Les touristes, membres d’une secte islamique, se trouvaient dans le cadre d’un voyage organisé par l’agence de voyage turque Sila Tour et ils prévoyaient de se rendre dans les lieux saints musulmans et en particulier dans ceux de Jérusalem.

Lorsque le groupe est arrivé à l’aéroport Ben Gurion, il lui a été dit que l’entrée sur le territoire israélien lui était refusé.

Mustafa Bickioglu, représentant l’agence touristique, a déclaré à l’agence de presse officielle Anadolu que le groupe avait bénéficié d’un visa collectif émis par le consulat israélien à Istanbul.

« Israël n’émet pas de visa individuel pour chaque passager aux agences de voyage qui amènent des touristes dans le pays », a-t-il déclaré. « Le document livré par le consulat sert de visa pour l’ensemble des voyageurs ».

« Nous avons reçu une lettre de visa en hébreu pour nos passagers qui voulaient se rendre à Jérusalem mais nos 90 clients n’ont pas eu l’autorisation de pénétrer en Israël, soit-disant pour défaut de visa ».

Bickioglu a indiqué que 15 touristes avaient été immédiatement renvoyés à Istanbul et que 33 autres étaient repartis dans la soirée. Les passagers restants retourneront en Turquie lundi.

Le communiqué de l’agence Anadolu a précisé que l’ambassade de Turquie, à Tel Aviv, suivait les développements de l’affaire.

Sumeyra Sevgulu Haciibrahimoglu, étudiante en maîtrise âgé de 23 ans ayant participé au voyage, a expliqué que les touristes avaient été divisés en petits groupes et interrogés par les responsables israéliens de la sécurité.

« Après que quelques-uns de nos amis ont été interrogés dans la salle consacrée aux enquêtes sécuritaires, nous avons été emmenés, en groupes séparés, dans différentes pièces », a-t-elle raconté.

« Certaines des familles qui étaient parmi nous voulaient rester dans la même pièce mais la police israélienne a rejeté cette demande », a-t-elle noté. « Le seul rêve du groupe, qui était composé principalement de jeunes gens, c’était de voir Jérusalem ».

Selon Hadashot, des représentants locaux des tour opérateurs turcs soumettent habituellement au ministère de l’Intérieur des listes de touristes participants à leurs voyages organisés pour que leur entrée en Israël soit validée. Un visa collectif est alors émis et glissé dans le passeport de l’organisateur officiel du voyage, tandis que les participants n’ont pas, individuellement, de visas dans leurs propres documents de séjour.

Cet incident survient à un moment de fortes tensions entre Israël et la Turquie. Les relations ont connu leur point le plus bas au mois de mai lorsque les deux pays ont renvoyé leurs ambassadeurs respectifs dans un contexte de guerre acerbe de mots qui avait été entraînée par les affrontements meurtriers survenus sur la frontière de la bande de Gaza.

Le président turc Recep Tayyip Erdogan n’a cessé de fustiger durement Israël, qualifiant l’Etat juif la semaine dernière de pays « le plus fasciste et le plus raciste dans le monde » après que la Knesset a adopté une nouvelle loi définissant le pays comme l’Etat-nation du peuple juif. Il a ajouté que ce texte montrait que « l’esprit de Hitler » resurgissait chez les dirigeants israéliens.

Ces tensions ont menacé un accord souscrit en 2016 sur la normalisation des liens suite à une crise qui avait éclaté au mois de mai 2010, entraînée par des affrontements meurtriers entre des commandos israéliens et des militants turcs à bord d’un navire battant pavillon turc qui se dirigeait vers Gaza.

Mais les analystes ont noté que les liens économiques restaient forts au-delà de cette rhétorique, avec un commerce robuste et le projet d’exportation des ressources énergétiques israéliennes à la Turquie.

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