Israël reporte les expulsions de migrants africains après Pessah
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Israël reporte les expulsions de migrants africains après Pessah

La Haute-cour a accepté une requête du gouvernement qui réclamait un délai pour défendre sa politique d'expulsion de milliers de demandeurs d'asile du pays

Les demandeurs d'asile africains manifestent contre les expulsions au cours d'une manifestation place Rabin à Tel Aviv, le 24 mars 2018 (Crédit :  Gili Yaari/Flash90)
Les demandeurs d'asile africains manifestent contre les expulsions au cours d'une manifestation place Rabin à Tel Aviv, le 24 mars 2018 (Crédit : Gili Yaari/Flash90)

Mardi, la haute cour de Justice a accepté une demande du gouvernement, qui réclamait d’avoir plus de temps pour soumettre une requête d’information – ordonnée par la cour – et permettant d’exposer la politique d’expulsion mise en oeuvre par l’Etat et questions associées au 9 avril. La date-limite originale avait été fixée au 26 mars.

L’Etat a fait savoir qu’il avait besoin de plus de temps pour honorer la demande de clarification du tribunal sur cette politique et a ajouté qu’il soumettrait des documents classifiés dans le cadre de son dossier, qui devrait comprendre des informations sur la nation africaine où Israël enverra ses migrants.

Pessah, la fête juive qui dure une semaine et qui célèbre l’émancipation à travers le rappel biblique de l’exode des Israéliens d’Egypte, commence vendredi soir.

L’Etat a également annoncé qu’il accordera probablement un statut de réfugié aux migrants soudanais originaires de la région de Nuba et à 300 réfugiés du Darfour.

La Cour suprême a gelé les expulsions à la mi-mars en réponse à une requête.

Au mois de janvier, le cabinet israélien avait approuvé un plan – et un budget – prévoyant l’expulsion des migrants du Soudan et d’Erythrée.

Des demandeurs d’asile africains et des militants protestent contre les projets d’expulsion de migrants sur la place Rabin à Tel Aviv le 24 mars 2018. (Miriam Alster/Flash90)

Avant cela, l’Autorité de la population et de l’immigration avait notifié aux migrants qu’à partir du 1er janvier, ils devaient retourner dans leur pays d’origine ou vers une nation-tiers, ou être envoyés en prison jusqu’à leur expulsion.

Selon le plan gouvernemental, les migrants qui ont choisi de quitter le territoire israélien au 31 mars recevront la somme de 3 500 dollars ainsi qu’un voyage en avion gratuit et autres incitations, selon des informations.

Ils seraient envoyés au Rwanda et peut-être en Ouganda, selon les médias, qui disent également que les droits des migrants ont été violés dans les pays tiers.

Aujourd’hui, les avis d’expulsion ne seront pas émis à l’encontre des femmes, des enfants ou des pères d’enfants présents sur le terriroire ni aux individus reconnus comme ayant été victimes d’esclavage ou de trafic d’êtres humains. Epargnés également par le départ forcé, les personnes ayant demandé l’asile avant la fin de l’année 2017 mais n’ayant pas encore reçu de réponse, a fait savoir Haaretz.

Il y a jusqu’à 40 000 Erythréens et Soudanais qui vivent en Israël, dont 5 000 enfants.

Les militants des droits de l’Homme au sein de l’Etat juif et des organisations juives américaines majeures ont vivement recommandé au gouvernement israélien de ne pas faire avancer ce plan contraignant les migrants à choisir entre l’expulsion et l’incarcération.

L’équipe du Times of Israel a contribué à cet article.

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