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Israël se démène pour empêcher une résolution arabo-européenne à l’UNESCO

L’organe culturel devrait voter à nouveau sur Jérusalem. Alors que le texte n'ignorera probablement pas les liens juifs avec les sites sacrés, Israël exhorte les pays occidentaux à s'y opposer

Raphael Ahren est le correspondant diplomatique du Times of Israël

L'ambassadeur israélien auprès de l'UNESCO, Carmel Shama-Hacohen, prend une copie de la résolution tout juste votée à l'UNESCO, et la met à la poubelle de "l'histoire", le 26 octobre 2016. (Crédit : Erez Lichtfeld)
L'ambassadeur israélien auprès de l'UNESCO, Carmel Shama-Hacohen, prend une copie de la résolution tout juste votée à l'UNESCO, et la met à la poubelle de "l'histoire", le 26 octobre 2016. (Crédit : Erez Lichtfeld)

Les diplomates israéliens s’inquiètent d’un accord arabo-européen qui vise à adopter une résolution anti-israélienne au sein de l’organe de la culture des Nations unies la semaine prochaine.

Cette résolution refuserait de reconnaitre, entre autres, la souveraineté d’Israël dans l’ensemble de sa capitale.

Le conseil exécutif de l’UNESCO devrait présenter sa résolution annuelle sur Jérusalem le mardi 2 mai, date qui coïncidera avec la journée d’Indépendance d’Israël. Alors même que le groupe arabe à l’UNESCO propose des résolutions similaires chaque année, cette fois, il semble prêt à faire des compromis sur la rédaction afin d’obtenir le vote en sa faveur de tous les membres européens du conseil.

Les diplomates israéliens dans les capitales européennes se préparent actuellement à empêcher un vote de consensus européen qui permettrait d’adopter la résolution.

« Le Conseil d’administration de l’UNESCO refuse d’arrêter la politisation de l’organisme qui porte atteinte aux Etats de l’organisation », a déclaré un responsable israélien, qui a accepté de commenter les faits sous couvert d’anonymat.

« Contredisant la recommandation du directeur général de l’UNESCO et les promesses et les déclarations de divers autres dirigeants l’année dernière, l’UNESCO réitère son rituel du vote des résolutions politiques et anti-israéliennes qui contestent toute action qu’Israël prend à Jérusalem, qui adoptent le contenu des résolutions antérieures qui nient le lien juif envers la ville, et qui recyclent les condamnations politiques contre Israël concernant Gaza ».

Le libellé exact de la résolution de mardi prochain n’a pas encore été publié. Les principales sources diplomatiques ont déclaré au Times of Israël que le texte contesterait vraisemblablement la revendication d’Israël sur sa souveraineté dans toute les parties de Jérusalem et réaffirmerait les résolutions antérieures qui se référaient au mont du Temple que par son nom musulman, Haram al-Sharif. Cependant, celle fois la résolution ne se réfèrerait pas au mont du Temple uniquement que par son nom musulman.

En octobre dernier, 24 États membres de la Conférence générale de l’Organisation des Nations unies pour l’Education, la Science et la Culture ont soutenu une résolution ignorant les liens juifs avec le mont du Temple et le mur Occidental et accusant « la puissance occupante » – Israël – d’être responsable d’une longue liste d’actes répréhensibles. Six pays ont voté contre, 26 se sont abstenus, et la résolution a été adoptée par le Conseil exécutif de l’UNESCO quelques jours plus tard.

En dépit de la défaite diplomatique cinglante, ce vote a tout de même un aspect positif, d’un point de vue israélien, si on le compare à un vote sur la même question qui a eu lieu un an plus tôt. Cette résolution fermait également les yeux sur la connexion juive au mont du Temple et au mur Occidental.

Sept pays qui, en avril 2016, ont voté en faveur de la résolution, se sont abstenus lors du vote en octobre, parmi lesquels on compte des poids lourds comme la France et l’Inde.

Alors que le nombre de pays votant contre le projet est resté faible, six au total – les États-Unis, la Grande-Bretagne, l’Allemagne, les Pays-Bas, la Lituanie et l’Estonie – cette fois, les partisans de la résolution n’ont pas réussi à obtenir une majorité globale.

En avril, 33 États ont voté pour et 17 se sont abstenus. En octobre, pour la première fois, un nombre plus important de pays se sont abstenus par rapport au nombre de pays qui ont approuvé le texte.

Et pourtant, Israël a vivement contesté le vote de la résolution. Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a qualifié la décision d’ « absurde » et le président Reuven Rivlin a considéré qu’il s’agissait d’un « embarras » pour l’UNESCO. Le ministre de l’Education, Naftali Bennett, a promis de couper tous les liens avec l’organisation.

Plusieurs responsables de haut rang de l’UNESCO, dont la directrice générale Irina Bokova, ainsi qu’une poignée de leaders mondiaux, ont également critiqué le texte, affirmant que la Vieille Ville de Jérusalem est sacrée pour les trois religions abrahamiques.

« L’héritage de Jérusalem est indivisible et chacune de ses communautés a droit à la reconnaissance explicite de son histoire et de ses relations avec la ville », a déclaré Bokova dans un communiqué après le vote d’octobre.

La résolution qui devrait être votée la semaine prochaine, qui se fonde sur un texte arabo-européen, ne se référera probablement pas aux sites saints que par leurs noms musulmans, mais devrait adopter d’autres positions qui sont des anathèmes pour le gouvernement israélien.

Si les diplomates européens et arabes s’accordent sur une version plus assouplie et adoptent la résolution anti-israélienne dans le cadre d’un consensus, la tendance positive qui a été lancée en octobre s’arrêtera. Israël préfère voir les pays occidentaux voter contre une résolution au contenu scandaleux, même si elle passe, plutôt que de voir les Occidentaux voter pour un texte plus souple et soutenu par tout le monde.

« Au lieu d’arrêter la politisation de l’UNESCO comme cela a été promis à Israël, les représentants de l’Union européenne la soutiennent en proposant leur propre projet de résolution, y compris sur la question de Jérusalem, alors qu’il n’y a aucun lien entre eux et le mandat de l’UNESCO », a déclaré le responsable israélien.

« Israël s’attend à ce que les Etats membres votent contre cette résolution absurde. La résolution proposée ne nuira pas à notre détermination à agir pour Jérusalem et au profit de tous ses habitants. Cela nuira à la position et à la pertinence de l’UNESCO ».

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