Israël s’occupe désormais des patients COVID à risque juste après le diagnostic
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Israël s’occupe désormais des patients COVID à risque juste après le diagnostic

Les anticorps synthétiques, approuvés par la FDA et qui sont censés réduire le risque de symptômes graves, ne remplacent pas la vaccination

Des patients diagnostiqués positifs au COVID-19 et hospitalisés dans le service coronavirus de l'hôpital Hadassah Ein Kerem reçoivent la visite de membres de leur famille. (Olivier Fitoussi/Flash90)
Des patients diagnostiqués positifs au COVID-19 et hospitalisés dans le service coronavirus de l'hôpital Hadassah Ein Kerem reçoivent la visite de membres de leur famille. (Olivier Fitoussi/Flash90)

Des dizaines de milliers d’Israéliens à haut risque peuvent désormais recevoir un traitement aux anticorps en tant que patients externes ambulatoires à l’hôpital dès qu’ils sont diagnostiqués comme atteints de COVID-19, dans l’espoir que cela empêchera l’aggravation de la maladie.

Le ministère de la Santé dispose de milliers de doses de bamlanivimab fabriqué aux États-Unis, qui est destiné spécifiquement aux patients non gravement atteints. Il a commencé à les distribuer aux médecins, qui proposent désormais le traitement par perfusion de deux heures aux patients externes de certaines catégories à haut risque et dont le test de dépistage du virus est revenu positif.

L’hôpital Hadassah de Jérusalem est devenu la première institution israélienne à commencer à administrer le traitement lundi, en le donnant à quatre patients externes. D’autres hôpitaux devraient suivre.

Le bamlanivimab est composé d’anticorps monoclonaux, des protéines fabriquées en laboratoire qui imitent la capacité du système immunitaire à combattre les antigènes nocifs, y compris les virus.

« Nous espérons voir ce traitement changer le cours de la maladie et empêcher l’état des gens de s’aggraver », a déclaré le directeur général de Hadassah, Zeev Rotstein, au Times of Israel.

« Nous voulons, idéalement, l’administrer avant que les gens aient des symptômes ou tant que les symptômes sont encore légers – le plus tôt est le mieux. »

« Nous savons que si nous le dispensons à grande échelle, il ne sera pas utile à certaines personnes, mais nous pensons qu’il peut empêcher de nombreuses personnes de tomber malades », a-t-il déclaré. « On pense qu’il ralentit la croissance du virus et réduit les risques de maladie grave ».

Un infirmier de Hadassah montre le Bamlanivimab, un traitement à base d’anticorps monoclonaux. (Autorisation du centre médical Hadassah)

Ian Miskin, un médecin spécialiste des maladies infectieuses qui dirige les services de soins en matière de coronavirus pour le prestataire de soins Clalit, s’est montré plus circonspect. Il a déclaré au Times of Israel que ses médecins référeront des patients pour le traitement à Hadassah – et peut-être à d’autres hôpitaux en temps voulu – mais réserve son jugement sur ses performances. « Ce n’est pas une solution miracle », a-t-il dit, ajoutant que même si l’étendue de ses avantages n’est pas encore claire, il « ne fait aucun mal ».

Le bamlanivimab a reçu une autorisation d’utilisation d’urgence de la Food and Drug Administration (FDA) américaine en novembre.

Zeev Rotstein, directeur du Centre médical Hadassah. (Autorisation du Centre médical Hadassah)

Alors que la sécurité et l’efficacité du médicament étaient encore en cours d’évaluation, il avait été constaté qu’il « réduisait les hospitalisations liées au COVID-19 ou les visites aux urgences chez les patients à haut risque de progression de la maladie dans les 28 jours suivant le traitement, par rapport à un placebo », a affirmé la FDA.

Le campus d’Hadassah à Ein Kerem propose ce traitement aux patients COVID positifs qui arrivent en ambulance organisée par leur prestataire de soins, comme l’exigent les règles d’isolement du virus, et qui sont sous médicaments immunosuppresseurs, chimiothérapie, dialyse, ou qui ont subi une transplantation d’organe ou qui prennent des médicaments ou des inhalateurs pour une maladie pulmonaire.

Il est principalement destiné aux résidents de la région de Jérusalem, mais si les prestataires de soins proposent de faire venir des personnes d’autres zones en Israël, elles seront acceptées.

M. Rotstein a déclaré qu’il avait de grands espoirs pour les anticorps, mais « ce traitement ne remplace pas la vaccination, » a-t-il insisté.

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