Après l’attentat, Israël révoque les permis de voyage et assiège le village des suspects
Rechercher

Après l’attentat, Israël révoque les permis de voyage et assiège le village des suspects

La Défense suspend les mesures destinées à faciliter les déplacements de certains Palestiniens pendant le Ramadan suite à la fusillade mortelle de Tel Aviv ; le Premier ministre convoque le cabinet de sécurité

Les forces de sécurité israéliennes sur les lieux d'un attentat terroriste au marché Sarona de Tel Aviv, le 8 juin 2016. (Crédit photo: Gili Yaari/Flash90)
Les forces de sécurité israéliennes sur les lieux d'un attentat terroriste au marché Sarona de Tel Aviv, le 8 juin 2016. (Crédit photo: Gili Yaari/Flash90)

Le ministère israélien de la Défense a annoncé jeudi qu’il gelait des dizaines de milliers de permis d’entrée attribués à des Palestiniens pour voyager en Israël pendant le mois saint musulman de Ramadan, ainsi que d’autres mesures de répression, suite à l’attentat du centre de Tel Aviv qui a tué quatre personnes.

83 000 permis pour des Palestiniens de Cisjordanie, leur permettant de rendre visite à leur famille en Israël ou de se rendre au mont du Temple à Jérusalem ont été annulés mercredi dans la nuit, selon le Coordinateur des activités gouvernementales dans les territoires (COGAT), l’unité du ministère de la Défense qui gère les affaires civiles en Cisjordanie. Les permis de 500 résidents de la bande de Gaza pour assister aux prières du vendredi à la mosquée Al-Aqsa ont également été révoqués.

Quatre personnes ont été tuées et 16 autres blessées quand deux terroristes palestiniens ont ouvert le feu dans un restaurant du marché Sarona, un complexe commercial du centre de Tel Aviv. Les deux hommes armés, qui sont originaires de la ville de Yatta, dans le sud de la Cisjordanie, ont été arrêtés peu après l’attentat.

Trois des victimes étaient toujours en soins intensifs jeudi matin à l’hôpital Ichilov, proche du lieu de l’attentat, ainsi qu’un des attaquants qui a été blessé par un garde de sécurité, selon un porte-parole de l’hôpital.

Le marché Sarona après une fusillade le 8 juin 2016 (Crédit : Judah Ari Gross/Times of Israel)
Le marché Sarona après une fusillade le 8 juin 2016 (Crédit : Judah Ari Gross/Times of Israel)

Jeudi, l’armée israélienne a fermé Yatta « en accord avec l’évaluation sécuritaire », a-t-elle annoncé.

Personne ne sera autorisé à entrer ou sortir du village palestinien des collines de Hébron, « sauf pour des cas humanitaires », a annoncé l’armée.

Les deux suspects ont été nommés par des médias palestiniens comme Muhammad et Khalid Muhamra. L’un des deux hommes a été grièvement blessé par un garde de sécurité, le second a été arrêté par la police et emmené pour être interrogé.

Le Hamas a déclaré dans un message jeudi matin que les deux hommes étaient membres du groupe terroriste.

En plus de geler les permis d’entrée en Israël, des permissions ont également été révoquées pour 200 Gazaouis qui avaient reçu l’autorisation de rendre visite à des proches en Cisjordanie pendant le Ramadan, et 500 Palestiniens de Cisjordanie qui avaient prévu de se rendre à Gaza.

Les permis de voyage de 300 Palestiniens vivant à l’étranger pour se rendre à Gaza, et de 500 Palestiniens de Cisjordanie pour partir depuis l’aéroport Ben-Gurion de Tel Aviv ont aussi été annulés.

Le ministère a également gelé 204 permis de travail réguliers pour les membres de la famille des tireurs, a annoncé le COGAT.

Ces actions suivent l’annonce la semaine dernière de l’adoucissement par Israël des restrictions sur les déplacements des Palestiniens pendant le Ramadan, comme cela avait été fait ces dernières années.

Visitant les lieux de l’attentat mercredi soir, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a promis des « actions décisives » pour retrouver les responsables de la troisième attaque mortelle dans la ville cette année.

Il devait convoquer le cabinet de sécurité jeudi matin, dont fait partie le nouveau ministre de la Défense Avigdor Liberman.

Alors que le prédécesseur de Liberman, Moshe Yaalon, avait résolument fait en sorte que la politique de répression suite aux attaques n’affecte pas les civils palestiniens innocents, il n’a pas été précisé comment Liberman, tenant d’une ligne plus dure, réagira.

« Nous sommes dans une période complexe », a déclaré Netanyahu à des journalistes après avoir rencontré les chefs des forces de sécurité d’Israël au quartier générale de l’armée à Tel Aviv, faisant référence à la fois au mois de Ramadan et à la fête juive de Chavouot.

« Nous agirons avec fermeté et intelligence », a-t-il déclaré, promettant « des actions déterminées de la police, de l’armée israélienne et des agences de sécurité pour localiser tous les collaborateurs qui ont pris part à ce meurtre, et pour empêcher de futures attaques. »

Les terroristes, deux hommes de 21 ans habillés en costumes et cravates et avec des armes de fortune, sont entrés illégalement en Israël, mais n’avaient pas d’antécédents criminels.

L’armée israélienne a lancé un raid sur le domicile de l’un des terroristes et a interrogé sa famille, selon le site d’informations Walla. Les agences de sécurité israéliennes travaillent à déterminer comment ils sont entrés en Israël depuis la Cisjordanie.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu sur les lieux d'un attentat au marché Sarona de Tel Aviv, le 8 juin 2016. (Crédit : bureau du Premier ministre)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu sur les lieux d’un attentat au marché Sarona de Tel Aviv, le 8 juin 2016. (Crédit : bureau du Premier ministre)

La fête du Ramadan, qui dure un mois et a commencé dimanche soir, a souvent été un moment de hausse du conflit entre Palestiniens musulmans et Israël.

L’attentat de mercredi était la deuxième fusillade mortelle et le troisième attentat mortel à Tel Aviv en six mois.

En janvier, Nashat Milhem, 29 ans, originaire de la ville arabe israélienne d’Arara, avait ouvert le feu devant un bar de la passante rue Dizengoff de Tel Aviv, tuant deux Israéliens. Après avoir fui, Milhem avait tué le chauffeur de taxi bédouin Ayman Shaaban environ une heure après. Milhem avait été tué pendant un échange de tirs avec la police une semaine après, alors qu’il se cachait dans sa ville natale.

Le bord de mer à Jaffa après l'attaque au couteau qui a tué une personne et fait 9 blessés, le 8 mars 2016 (Crédit : Judah Ari Gross/Times of Israel)
Le bord de mer à Jaffa après l’attaque au couteau qui a tué une personne et fait 9 blessés, le 8 mars 2016 (Crédit : Judah Ari Gross/Times of Israel)

Pendant une série d’attaques au couteau dans le quartier de Jaffa en mars, Bashar Massalha, Palestinien de 22 ans, avait tué un citoyen américain, Taylor Force, et blessé dix autres personnes le long de la promenade de Jaffa. Il avait été tué par les forces de sécurité pendant l’attaque.

Depuis octobre, 29 Israéliens et quatre ressortissants étrangers avaient été assassinés et des centaines ont été blessés pendant la vague de terrorisme palestinien et de violence, bien que la violence se soit calmée récemment. Environ 200 Palestiniens ont également été tués – les deux tiers pendant qu’ils attaquaient des Israéliens, et les autres pendant des affrontements avec les troupes, selon l’armée israélienne.

Les violences ont été déclenchées en partie par des tensions au sujet de la mosquée Al-Aqsa, le troisième site saint de l’islam, qui réside au sommet du mont du Temple, l’emplacement des deux Temples juifs des temps bibliques. Les non musulmans sont autorisés à visiter le site, mais pas à y prier.

Alors que els attaques s’étaient largement calmées ces dernières semaines, les députés israéliens, musulmans et juifs, sont toujours interdits de visiter le site, pour empêcher les tensions de s’enflammer. Des députés musulmans de la Liste arabe unie ont cependant informé la Knesset le mois dernier de leur intention de prier sur le lien pendant le Ramadan, interdiction ou pas.

L’AFP et l’équipe du Times of Israël ont contribué à cet article.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...