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Israël : une startup lève 6 M de $ pour produire du fromage à base de laitues

Les investisseurs du tour de table de la start-up israélienne d'agritech, Pigmentum, qui produit du lait sans vache comprennent Yotvata, Tnuva, Tempo, Arkin Holdings et OurCrowd

Les fondateurs de Pigmentum, Tal Lutzky et Amir Tyroler, présentent de la laitue utilisée pour produire des protéines de lait sans animaux. (Crédit : Autorisation)
Les fondateurs de Pigmentum, Tal Lutzky et Amir Tyroler, présentent de la laitue utilisée pour produire des protéines de lait sans animaux. (Crédit : Autorisation)

Une startup israélienne, Pigmentum, se lance dans le secteur des produits laitiers sans vache, affirmant que sa technologie de plantes génétiquement modifiées (GM) est en mesure de créer des protéines de lait à partir de laitues – des protéines qui sont identiques aux premières et qui peuvent être utilisées pour fabriquer du fromage.

Fondée en 2018 par Tal Lutzky, PDG, et Amir Tyroler, directeur de l’exploitation, la startup a annoncé mercredi qu’elle avait levé 6 millions de dollars lors d’un tour de table d’amorçage mené par un groupe d’investisseurs comprenant le Kibbutz Yotvata, la société israélienne de capital-risque Arkin Holdings, des sociétés familiales américaines et israéliennes et d’autres investisseurs privés. Le Kibbutz Yotvata et le groupe Strauss, un géant local de l’alimentation, possèdent en partenariat Yotvata Dairy, l’un des plus grands producteurs de produits laitiers en Israël.

Des investisseurs établis, tels que la société alimentaire israélienne Tnuva, la société locale de boissons Tempo et la société israélienne de capital-risque OurCrowd, ont également participé à ce tour de table.

Firme basée à Kiryat Shmona, dans le nord d’Israël, Pigmentum affirme qu’elle est en mesure de reproduire des protéines laitières identiques à celles contenues dans la nature et ne provenant pas d’animaux pour la fabrication de produits laitiers de substitution. La start-up a mis au point un mécanisme permettant de modifier génétiquement les composants des plantes en utilisant la laitue comme hôte, laquelle est alors irriguée ou aspergée d’un engrais spécial. Une fois la culture récoltée, la laitue est pressée pour produire un jus qui est mélangé à des ingrédients naturels pour le goût et l’odeur afin de créer une boisson semblable au lait.

La différence avec les nombreux laits de substitution sans produits laitiers, tels que le soja, l’amande, l’avoine et la noix de coco, qui sont disponibles sur le marché, est que la laitue génétiquement modifiée de la startup peut est capable de produire de la caséine, une protéine présente dans le lait et nécessaire à la fabrication du fromage. Le lait de vache contient un certain nombre de protéines, et 80% d’entre elles sont des protéines de caséine, présentes notamment dans le lait caillé.

« Notre objectif est de convertir les étables polluantes en fermes agricoles qui produiront des protéines de fromage fonctionnelles, de même qualité et à un prix compétitif », a déclaré Lutzky. « L’industrie alimentaire moderne utilise 80 % des terres agricoles pour élever du bétail. »

La startup israélienne Pigmentum cultive des laitues génétiquement modifiées dans des serres pour la production de protéines destinées à l’industrie des substituts laitiers. (Crédit : Autorisation)

« La capacité de produire des composants laitiers à partir de plantes a le potentiel de changer l’industrie laitière et d’avoir un impact positif sur le monde dans son ensemble », a-t-il ajouté.

Selon le cabinet d’études MarketsandMarkets, le marché des boissons à base de substituts de produits laitiers ou de lait végétal à base de soja, d’amande, de noix de coco, d’avoine, de riz et de chanvre devrait passer de 27,3 milliards de dollars pour 2022 à 44,8 milliards de dollars en 2027.

La startup a développé une plateforme pour modifier génétiquement la laitue cultivée en serre, en ajoutant un composé d’engrais spécial au système d’irrigation qui, selon elle, peut non seulement produire des protéines de lait, mais « transforme les plantes en usines capables de produire des composants précieux actuellement en pénurie dans l’industrie ou qui nécessitent un remplacement de type arômes, couleurs et protéines pour les industries alimentaires, cosmétiques et des sciences de la vie. »

« La technologie de l’entreprise est une plateforme unique qui nous permettra de convertir la production de composants d’origine animale en composants d’origine végétale », a déclaré Lutzky. « Le potentiel ne se limite pas à changer le visage de l’industrie laitière, mais à avoir un impact sur le réchauffement climatique en réduisant la déforestation et la pollution liée à l’élevage du bétail. »

Pour l’instant, Pigmentum a déclaré qu’elle envisageait de se concentrer sur la production de caséine d’origine végétale qui crée le caillage du lait et constitue un élément clé dans la fabrication du fromage. Les fonds levés lors du tour de table d’amorçage serviront à agrandir son équipe de R&D, à construire un laboratoire spécialisé dans la fabrication de protéines laitières fonctionnelles pour le marché des substituts du lait et du fromage, et à lancer un marché pilote, selon la startup.

Le tour de financement actuel intervient après la réussite de Pigmentum au programme Fresh Start FoodTech Incubator, qui fait partie du programme d’incubation de l’Autorité israélienne de l’innovation. La startup avait réussi à obtenir un investissement de 1,25 million de dollars de Fresh Start en 2020.

Un certain nombre de sociétés sont actives dans le domaine des alternatives laitières pour les protéines de lait et qui utilisent une technologie de fermentation de précision, comme les startups israéliennes Imagindairy et ReMilk. Cette dernière affirme avoir développé des protéines de lait chimiquement identiques à celles du lait et des produits laitiers produits par les vaches.

Pigmentum affirme, quant à elle, que sa « plateforme technologique moléculaire brevetée peut transformer des cultures d’intérieur ou d’extérieur en producteurs efficaces de composés de grande valeur, et ce, à une fraction du coût encouru par les usines de production industrielle actuelles basées sur la fermentation ».

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