Israël veut la fermeture par les Etats-Unis du bureau palestinien à Washington – Kan
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Israël veut la fermeture par les Etats-Unis du bureau palestinien à Washington – Kan

Cette initiative - une information transmise par la chaîne d'Etat Kan - est vue comme des représailles après l'adhésion de Ramallah à Interpol et les efforts continus visant à traduire les Israéliens devant la CPI

Raphael Ahren est le correspondant diplomatique du Times of Israël

Husam Zomlot, envoyé de l'OLP à Washington, s'adresse aux journalistes à  Washington le 17 août 2017 (Crédit : Ron Kampeas)
Husam Zomlot, envoyé de l'OLP à Washington, s'adresse aux journalistes à Washington le 17 août 2017 (Crédit : Ron Kampeas)

Israël oeuvrerait pour que l’administration américaine ferme les bureaux diplomatiques des Palestiniens aux Etats-Unis, selon des informations parues dans un média israélien.

Ce projet a été mis au point avec des législateurs américains, a annoncé jeudi la télévision d’Etat, et il a pour objectif de sanctionner les Palestiniens pour leurs avancées diplomatiques récentes, notamment leur tentative réussie d’admission au sein d’Interpol, l’organisation policière la plus importante du monde, et leurs efforts visant à faire traduire en justice les leaders israéliens devant la Cour pénale internationale (CPI).

Quelques heures après que l’Assemblée générale d’Interpol a voté en faveur de l’adhésion pleine et entière de « l’état de Palestine » à cette institution, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a menacé de conséquences à cette décision, même s’il n’en a pas spécifié la nature.

Durant une rencontre avec Jason Greenblatt, l’envoyé du président américain Donald Trump pour le processus de paix israélo-palestinien, Netanyahu a soulevé les questions des actions palestiniennes auprès de la CPI et de leur accession à Interpol, une démarche qui, selon lui, « contrevient aux accords signés avec Israël ».

Le ministre des Affaires étrangères de l’Autorité palestinienne Riyad al-Maliki a rencontré, la semaine dernière à New York, Fatou Bensouda, procureure auprès du tribunal international.

Depuis qu’ils ont rejoint cette institution judiciaire basée à la Haye en 2015, les responsables palestiniens ont fourni sans relâche à ses enquêteurs des informations qui seraient compromettantes concernant des « crimes de guerre » ostensiblement commis par les Israéliens.

Le ministre de l'Autorité palestinienne des Affaires étrangères, Riyad al-Maliki. (Crédit : Issam Rimawi / Flash90 / File)
Le ministre de l’Autorité palestinienne des Affaires étrangères, Riyad al-Maliki. (Crédit : Issam Rimawi / Flash90 / File)

Selon un compte-rendu de la rencontre, à laquelle l’ambassadeur américain en Israël David Friedman a également assisté, le Premier ministre a expliqué à ses interlocuteurs que « les actions des responsables palestiniens ces derniers jours compromettent gravement les chances de réalisation de la paix », et il a ajouté que « la guerre diplomatique palestinienne ne restera pas sans réponse ».

Le plan de fermeture des bureaux palestiniens par les Etats-Unis envisagé par Netanyahu a été débattu lors de la rencontre, a fait savoir Kan jeudi, sans citer ses sources.

Dans la mesure où les Etats-Unis ne reconnaissent pas un état palestinien, il n’y a pas d’ambassade officielle à Washington. L’OLP a toutefois une mission diplomatique sur Wisconsin Avenue qui sert d’ambassade de-facto.

L’ambassadeur de l’OLP aux Etats-Unis, Hussam Zomlot, a déclaré au Times of Israel qu’il ne pouvait confirmer la véracité de ce plan. Il a ajouté que le bureau de l’OLP à Washington est « purement une affaire entre les Etats-Unis et les Palestiniens », accusant Netanyahu de vouloir sa fermeture parce qu’il est un « centre de rendez-vous avec l’administration Trump » pour les Palestiniens.

Le bureau du Premier ministre et le ministère des Affaires étrangères de Jérusalem ont refusé de commenter d’éventuelles démarches punitives mises en place par Israël contre Interpol après l’admission en son sein de la Palestine, une initiative qui, selon l’Etat juif, entravera plus qu’elle n’aidera les efforts de l’organisation dans la lutte contre le terrorisme transfrontalier.

Selon la législation américaine existante, Washington est dans l’obligation de mettre un terme au financement des Nations unies ou de « toute autre agence spécialisée affiliée » qui accepte l’Organisation de libération de la Palestine en tant que membre. Cette règle a amené les Etats-Unis à retirer leur financement à l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO) après qu’elle a admis la Palestine en tant que membre en 2011.

Toutefois, ni Interpol ni la CPI ne sont directement affiliés à l’ONU.

Eytan Gilboa, spécialiste des relations entre les Etats-Unis et Israël, a indiqué que cette menace rapportée d’obtenir des Américains la fermeture du bureau à Washington de l’OLP devait être considérée comme un avertissement aux Palestiniens de cesser leurs initiatives unilatérales dans les institutions internationales.

« J’imagine que l’idée globale de cette initiative est de faire part du mécontentement face à cette politique palestinienne », a-t-il suggéré.

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