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Italie : la contestation pro-palestinienne se transforme en grève générale

Étudiants, travailleurs se sont mobilisés le 22 septembre pour dénoncer le refus de Giorgia Meloni de reconnaître l’État de Palestine à l’ONU

Des manifestants brandissent un drapeau palestinien géant lors de la grève nationale « Bloquez tout », organisée à Rome le 22 septembre en solidarité avec les Palestiniens de Gaza et pour réclamer l'arrêt des livraisons d'armes à Israël. Le syndicat USB a organisé une grève générale nationale de 24 heures, tous secteurs confondus, pour exiger du gouvernement la rupture immédiate de ses relations avec l'État d'Israël, en solidarité avec le peuple palestinien et la Flottille mondiale du Sumud. (Photo : Andreas SOLARO / AFP)
Des manifestants brandissent un drapeau palestinien géant lors de la grève nationale « Bloquez tout », organisée à Rome le 22 septembre en solidarité avec les Palestiniens de Gaza et pour réclamer l'arrêt des livraisons d'armes à Israël. Le syndicat USB a organisé une grève générale nationale de 24 heures, tous secteurs confondus, pour exiger du gouvernement la rupture immédiate de ses relations avec l'État d'Israël, en solidarité avec le peuple palestinien et la Flottille mondiale du Sumud. (Photo : Andreas SOLARO / AFP)

C’est un mouvement qui traverse toute l’Italie. Le 22 septembre, les manifestations, initiées par les étudiants et rejointes par les travailleurs, se sont transformées en grève générale.

Les blocages ont paralysé une grande partie des services publics.

La colère de la rue italienne a été provoquée par le choix de Giorgia Meloni, présidente du Conseil, de ne pas reconnaître l’État de Palestine à l’occasion de la dernière Assemblée générale des Nations unies.

Cette mobilisation d’ampleur a donné de la visibilité à un mouvement de contestation qui couve depuis plusieurs semaines, réclamant la rupture des relations diplomatiques avec Israël et l’instauration d’un embargo sur la vente d’armes à l’État hébreu.

Foyer brûlant de cette contestation, les dockers multiplient les blocages de cargaisons de matériel militaire à destination d’Israël. Le 21 septembre, à la veille de l’Assemblée générale de l’ONU devant consacrer la reconnaissance de l’État palestinien par la France, le port de Ravenne a refusé l’entrée de deux camions chargés d’explosifs tchèques en transit vers Israël.

Sur le plan politique, si l’opposition a apporté son soutien à la contestation en dénonçant ce qu’ils appellent le « génocide en Palestine », les critiques viennent aussi du camp de la cheffe du gouvernement. Ignazio La Russa, président du Sénat et proche de Meloni, a fait savoir qu’il était favorable à des sanctions contre l’État juif.

Lors de son discours à l’ONU, Meloni a ainsi annoncé qu’elle soutiendrait des sanctions européennes visant Israël.

À la tribune de l’Assemblée générale de l’ONU, Meloni a commencé par condamner sans ambage le massacre commis par le Hamas le 7 octobre 2023, à l’origine de la guerre, qui a selon elle « profité des faiblesses » du droit international. « La férocité et la brutalité de cette attaque – une chasse aux civils sans défense – ont conduit Israël à ce qui était, en principe, une riposte légitime, tout État et tout peuple ayant le droit de se défendre. »

« Cependant, la riposte à une agression doit toujours respecter le principe de proportionnalité. C’est vrai pour les individus et c’est d’autant plus vrai pour les États. Or, Israël est allé trop loin, avec une guerre à grande échelle qui concerne la population civile palestinienne au-delà de toute mesure », a-t-elle souligné.

« Et c’est en allant trop loin que l’État juif a fini par enfreindre le droit humanitaire, en provoquant un massacre de civils. Un choix que l’Italie a, à plusieurs reprises, qualifié d’inacceptable et qui nous conduira à voter en faveur de certaines sanctions proposées par la Commission européenne contre Israël », a-t-elle poursuivi.

La Commission européenne a officiellement présenté ses propositions de sanctions à l’encontre de ministres israéliens d’extrême droite assorties d’une suspension partielle de l’accord d’association entre l’Union européenne et Israël.

Si elles étaient approuvées, ces sanctions priveraient les importations israéliennes de leur accès préférentiel au marché de l’UE. Les produits israéliens seraient frappés des mêmes droits de douane que ceux provenant de pays avec lesquels l’UE n’a pas d’accord de libre-échange.

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