Jack Jacob, le héros de guerre juif indien, meurt à 92 ans
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Jack Jacob, le héros de guerre juif indien, meurt à 92 ans

Le Premier ministre Modi a dit que l' « Inde sera toujours reconnaissante » envers le plus haut gradé juif de l'armée indienne

Le général Jack Jacob, assis dans sa maison de New Delhi, a probablement sauvé des centaines de milliers de vies alors qu'il était au poste de chaf d'état-major du commandement indien de l'Est pendant la guerre de 1971 au Bangladesh (Crédit : Ashish Sharma / Open / JTA)
Le général Jack Jacob, assis dans sa maison de New Delhi, a probablement sauvé des centaines de milliers de vies alors qu'il était au poste de chaf d'état-major du commandement indien de l'Est pendant la guerre de 1971 au Bangladesh (Crédit : Ashish Sharma / Open / JTA)

Jack Jacob, un général renommé indien, un homme d’Etat et membre éminent de longue date de la petite communauté juive du pays, est décédé mercredi à New Delhi. Il avait 92 ans.

Jacob, qui est mort d’une pneumonie à l’hôpital de l’armée Army Research & Referral Hospital de New Delhi, était l’officier le plus haut gradé dans l’histoire de la communauté juive indienne et était considéré comme un héros national pour ses campagnes militaires courageuses.

L’ancien chef de cabinet est surtout connu pour avoir commandé l’armée de l’Est de l’Inde lors de la libération du Bangladesh du Pakistan en 1971 et pour avoir négocié la reddition historique des troupes pakistanaises après la guerre. Son livre de 1997, « Surrender at Dacca : Birth of a Nation » [Capitulation à Dacca : Naissance d’une nation] est considéré comme le compte rendu de la campagne au Bangladesh.

Né en 1923 à Calcutta, en Inde britannique, la famille de Jacob est issue d’une longue lignée de Juifs de Bagdad qui a déménagé en Inde de l’Irak dans le milieu du 18e siècle. Après s’être enrôlé dans l’armée britannique des Indes en 1942, Jacob a continué à servir dans l’armée indienne après l’indépendance du pays en 1947, en se hissant dans les rangs pour atteindre le grade de lieutenant général.

Après sa retraite de l’armée en 1978, Jacob a servi comme gouverneur des Etats indiens du Punjab et de Goa. Il a raconté l’histoire de sa vie dans ses mémoires en 2011, « An Odyssey in War and Peace » [«Une odyssée en temps de guerre et paix »].

Le Premier ministre indien Narendra Modi a tweeté pour présenter ses condoléances au célèbre héros de guerre et a déclaré que l’Inde « lui sera toujours reconnaissante pour son service impeccable à la nation dans les moments les plus cruciaux ».

Dans un autre tweet, Modi a posté une photo de Jacob où il présentait son autobiographie au Premier ministre indien et a affirmé que les deux personnes « interagissaient souvent ».

L’American Jewish Committee a publié une déclaration pleurant la mort de Jacob.

« Les contributions de Jack Jacob à la paix et à la sécurité en Asie du Sud, ainsi que pour la relation naissante et mutuellement bénéfique entre l’Inde et Israël, sont incalculables et durables », a déclaré Jason Isaacson, le directeur exécutif adjoint en politique pour l’AJC. « Un guerrier, un homme de paix, un patriote, un homme de lettres, et un Juif engagé, il était un géant – et il va nous manquer ».

Jacob avait été en Israël à plusieurs reprises. Il a développé des amitiés étroites avec les dirigeants israéliens tels que les anciens Premiers ministres Shimon Peres et Yitzhak Rabin. Il aurait eu des liens particulièrement étroits avec Mordechai Gur, le commandant parachutiste israélien dont les troupes ont capturé la Vieille Ville de Jérusalem en 1967.

« Vos réalisations militaires ont évoqué beaucoup d’intérêt dans mon pays », a écrit Gur à Jacob dans une lettre remise par l’intermédiaire d’un ami commun dans les jours précédents l’éclosion des relations Israël-Inde. « Votre performance est, sans aucun doute, l’une des meilleures dans les guerres modernes ».

Aujourd’hui, l’uniforme de Jacob est exposé dans le musée de l’armée israélienne à Latroun.

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