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« Je ne vais pas tenir longtemps, » prévient l’Israélienne détenue en Biélorussie

L'avocate Maya Rayten-Stol, qui a été arrêtée à l'aéroport de Minsk avec 2,5 grammes de cannabis médical, dit souffrir atrocement et être confrontée à des conditions difficiles

L'avocate israélienne Maya Rayten-Stol. (Crédit : Facebook)
L'avocate israélienne Maya Rayten-Stol. (Crédit : Facebook)

Une Israélienne emprisonnée depuis plus d’un mois en Biélorussie, soupçonnée d’avoir tenté d’introduire clandestinement une petite quantité de marijuana médicale dans le pays, a imploré les responsables israéliens d’intervenir en sa faveur, affirmant qu’elle pourrait ne pas survivre longtemps derrière les barreaux.

« Ma santé se dégrade. Je ne peux plus rester ici, et je ne tiendrai plus longtemps », a déclaré Maya Rayten-Stol, une avocate qui a été arrêtée à l’aéroport de Minsk le 4 novembre en possession de quelque 2,5 grammes de cannabis médical.

Lors de son arrestation, elle aurait insisté auprès des autorités biélorusses sur le fait que la marijuana en sa possession était autorisée par le ministère de la Santé et aurait tenté de montrer des documents pour prouver son affirmation, mais elle a été ignorée. Elle souffre de plusieurs maladies non précisées, selon une lettre que des collègues avocats ont envoyée en son nom aux autorités israéliennes.

En vertu de la loi biélorusse, elle risque de passer de trois à cinq ans en prison.

Détenue dans la tristement célèbre prison du château de Pishchalauski, connue pour être le principal centre de détention provisoire du pays, où sont détenus les militants politiques arrêtés, Rayten-Stol écrit dans sa lettre que sa cellule ne fait que 12 mètres carrés et qu’elle la partage avec trois autres femmes qui ne parlent que le russe. Elle n’est pas autorisée à sortir de sa cellule, sauf pour une heure et demie dans le froid extérieur.

« Chaque jour ici ressemble à une année entière qui passe », écrit-elle. « La nourriture ici n’est pas casher et je n’y touche pas ».

Rayten-Stol a écrit qu’elle reçoit des piqûres quotidiennes pour des douleurs à la jambe, mais que cela ne suffit pas sans les médicaments supplémentaires qui lui sont prescrits en Israël, en plus du cannabis médical.

« Je souffre ici, je vis une agonie atroce et je suis folle d’inquiétude pour mes enfants, pour mes parents âgés bien-aimés… et pour mon bureau, en raison de ma responsabilité envers mes clients », a-t-elle écrit.

Rayten-Stol a déclaré qu’elle s’était rendue à Minsk plusieurs fois au cours des derniers mois sans incident avant son arrestation.

« Mes enfants bien-aimés Ido et Lia me manquent énormément et j’entends qu’ils ont fait preuve de force et d’une maturité extraordinaire compte tenu des circonstances », a-t-elle ajouté. « Ils me donnent la force de continuer ici, mais ma résilience a aussi des limites et ces limites approchent ».

« Je vous lance un cri douloureux pour que les responsables du gouvernement agissent avec toute la vigueur nécessaire pour mettre fin à l’enfer que je vis ici », a écrit Rayten-Stol.

À la fin du mois dernier, le ministère des Affaires étrangères a déclaré qu’il avait été en contact direct avec la famille du détenu et que l’ambassadeur d’Israël en Biélorussie, Alon Shoham, avait rendu visite à Rayten-Stol en prison.

En janvier 2020, les autorités russes ont accepté de libérer une voyageuse israélienne qui avait été surprise avec neuf grammes de marijuana dans ses bagages alors qu’elle attendait une correspondance, à la suite d’une intense campagne diplomatique et médiatique.

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