Jean-Luc Mélenchon accusé de « minimiser » l’antisémitisme en France
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Jean-Luc Mélenchon accusé de « minimiser » l’antisémitisme en France

"L’antisémitisme est présent mais n’exagérez pas ! Le peuple français n’est pas un peuple raciste", a déclaré le député LFI à Radio J

Jean-Luc Mélenchon, au micro de Radio J, dimanche 10 mai 2020. (Crédit : capture d’écran YouTube / Jean-Luc Mélenchon)
Jean-Luc Mélenchon, au micro de Radio J, dimanche 10 mai 2020. (Crédit : capture d’écran YouTube / Jean-Luc Mélenchon)

Jean-Luc Mélenchon, député des Bouches-du-Rhône et dirigeant du mouvement La France insoumise (LFI), était ce dimanche 10 mai l’invité de Frédéric Haziza sur Radio J.

Après avoir abordé la pandémie de coronavirus et la question du déconfinement – il s’est dit « très inquiet » à ce sujet –, l’interview s’est concentrée sur la crise économique, l’écologie, les projets politiques de LFI ainsi que la crise de l’antisémitisme dans le pays (en fin de vidéo).

Interrogé sur le déchainement de haine qu’avait provoqué sa participation à la marche en hommage à Mireille Knoll, femme juive assassinée à Paris en mars 2018, il dit : « La douleur est toujours aussi intense en moi. […] J’avais appelé à cette marche, de grand cœur, car je hais l’antisémitisme, comme, d’une manière générale, toutes les formes de racisme. »

L’élu a expliqué garder un souvenir douloureux du fait que onze « députés insoumis en écharpe » tricolore aient été insultés lors de la manifestation.

Jean-Luc Mélenchon a également rappelé son combat contre l’antisémitisme : « Chaque Juif de France trouvera en nous aide et protection. »

Le député a ensuite déclaré : « L’antisémitisme est présent mais n’exagérez pas ! Le peuple français n’est pas un peuple raciste. »

Interrompu par Frédéric Haziza, qui a rappelé l’antisémitisme dans les banlieues françaises, le responsable politique a répondu que le phénomène existait également « dans les beaux quartiers », ajoutant que ce n’était « pas la seule tare qui travaille cette société ».

« Le communautarisme, l’ethnicisme, toutes ces choses qui sont des contre-valeurs républicaines… […] J’appartiens au camp des universalistes. Pour moi, les êtres humains sont semblables », a-t-il conclu.

Suite à cette interview, Philippe Meyer, président du Bnai Brith France, a accusé Jean-Luc Mélenchon de « minimiser » l’antisémitisme en France.

« Quand Jean-Luc Mélenchon minimise l’antisémitisme. Une insulte pour tous ceux qui en sont la cible et pour la mémoire des Français juifs tués parce que Juifs. Les haines et les populismes ressortent intacts du confinement. La nécessité de les combattre aussi », a écrit le responsable associatif sur Twitter.

Jean-Luc Mélenchon a à plusieurs reprises été accusé d’antisémitisme. En décembre dernier, plusieurs responsables politiques l’avaient accusé d’avoir un « problème avec l’antisémitisme » après que le chef de LFI s’en était pris sur son blog aux « ukases arrogants des communautaristes du CRIF ».

Le député avait contesté toute accusation d’antisémitisme, dénonçant des pratiques « mesquines, sournoises et insupportables » tout en critiquant à nouveau le CRIF.

Le mois précédent, en novembre 2019, il avait déjà critiqué « le communautarisme épais, violent », et selon lui « agressif » à son égard du CRIF.

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