Mélenchon dénonce des accusations d’antisémitisme, critique encore le Crif
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Mélenchon dénonce des accusations d’antisémitisme, critique encore le Crif

Plusieurs responsables politiques l'ont accusé d'avoir un "problème avec l'antisémitisme" après que le chef de LFI s'en est pris aux "ukases arrogants des communautaristes du CRIF"

Jean-Luc Mélenchon à Toulouse, en 2013. (Crédit : Pierre-Selim/WikiCommons)
Jean-Luc Mélenchon à Toulouse, en 2013. (Crédit : Pierre-Selim/WikiCommons)

Jean-Luc Mélenchon, député des Bouches-du-Rhône, a contesté dimanche toute accusation d’antisémitisme, dénonçant des pratiques « mesquines, sournoises et insupportables » tout en critiquant une nouvelle fois le Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF).

« Je crois en l’égalité absolue de tous les êtres humains. Tout ce qui ressemble à de la discrimination sur la base de la religion, du sexe ou de la couleur de peau m’insupporte au dernier degré, et je le combats politiquement », a assuré le chef de file de la France insoumise sur BFMTV.

« Chaque Juif dans le plus modeste village de France doit savoir que s’il est mis en cause parce qu’il est Juif, il me trouvera à l’instant d’après à ses côtés », a-t-il ajouté.

« Dois-je raconter ma vie pour expliquer que l’antisémitisme n’est pas dans mes moyens ? Il y en a ras-le-bol d’utiliser cet argument pour disqualifier », a-t-il insisté, regrettant que « de manière insidieuse, mesquine, sournoise et insupportable des gens viennent dire » qu’il cultive une certaine ambiguïté sur ce sujet.

Plusieurs ministres et responsables de la majorité ont récemment accusé M. Mélenchon d’avoir un « problème avec l’antisémitisme » après que le leader de LFI s’en est pris, le 13 décembre, aux « oukases arrogants des communautaristes du CRIF » sur un blog, commentant la défaite historique du travailliste Jeremy Corbyn aux élections britanniques.

Un ukaze, ou oukase (du mot russe signifiant « ordre ») est selon le dictionnaire Larousse « une décision autoritaire arbitraire et sans appel ».

Interrogé par l’AFP sur cette réflexion concluant le texte, l’entourage de M. Mélenchon avait affirmé que ce dernier voulait dire qu’il ne se laisserait
« pas influencer par des lobbys quels qu’ils soient, financiers ou communautaristes ».

Début novembre, Mélenchon avait déjà critiqué « le communautarisme épais, violent », et selon lui « agressif » à son égard du Crif.

Le CRIF lui-même a dénoncé des « propos inadmissibles ».

Selon M. Mélenchon, qui dénonce les attaques « odieuses » de la majorité, le CRIF mène « une bataille politique » contre LFI, et il « répond donc politiquement ».

« Inventer des antisémites, c’est grave et le CRIF passe son temps à ça, à sortir son rayon laser et quand quelqu’un dit quelque chose qui ne lui plaît pas, il vous insulte en vous qualifiant d’antisémite », a ajouté M. Mélenchon. « Alors que l’antisémitisme est un crime dans ce pays ! »

« Ce que je conteste, c’est que le CRIF s’appelle le ‘Conseil représentatif des institutions juives de France’, or il n’y a pas d’institutions juives, nous sommes en République, a-t-il expliqué sur BFM. En République, il n’y a que des institutions républicaines. Il peut y avoir des associations. C’est une association loi 1901 qui me critique et me condamne sans arrêt. »

Jean-Luc Mélenchon s’est également plaint de l’accueil qu’il a reçu à la marche en mémoire à Mireille Knoll, femme juive assassinée à Paris l’an dernier. Il avait alors été expulsé de la marche par la Ligue de défense juive, alors que le CRIF n’avait pas « garanti sa sécurité ».

Le député a enfin une nouvelle fois pris la défense de Jeremy Corbyn, leader très à gauche du Labour, qui se voit reprocher depuis plusieurs années d’avoir laissé prospérer l’antisémitisme au sein de son parti.

« Cet homme n’est pas plus antisémite que je ne sais quoi », a-t-il dit.

« Quand le grand rabbin d’Angleterre dit que Monsieur Corbyn n’est pas capable d’assumer la responsabilité de l’État, c’est à peu près aussi insupportable que si le mufti du Caire venait prononcer une oukase contre moi de même nature. Et je préviens d’avance, ça ne m’impressionne pas, je ne m’inclinerai pas, je ne ferai pas comme Jeremy Corbyn, qui a passé son temps à s’excuser. Il y a assez d’antisémites dans la vie ; il n’y a pas besoin d’en inventer d’autres », a commenté M. Mélenchon.

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