Jérusalem : 18 arrestations lors d’affrontements entre la police et des Haredim
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Jérusalem : 18 arrestations lors d’affrontements entre la police et des Haredim

Selon les forces de l'ordre, deux agents ont été blessés et des véhicules endommagés pendant une opération visant à faire appliquer les règles contre la pandémie

Des agents de police israéliens affrontent des manifestants ultra-orthodoxes pendant un rassemblement dénonçant les règles entraînées par le coronavirus dans le quartier de Mea Sharim, à Jérusalem, le 4 octobre 2020 (Crédit : (Nati Shohat/Flash90)
Des agents de police israéliens affrontent des manifestants ultra-orthodoxes pendant un rassemblement dénonçant les règles entraînées par le coronavirus dans le quartier de Mea Sharim, à Jérusalem, le 4 octobre 2020 (Crédit : (Nati Shohat/Flash90)

La police a déclaré, lundi matin, qu’elle avait arrêté 18 personnes à Jérusalem, la nuit dernière, pour troubles à l’ordre public et pour avoir jeté des pierres sur les agents pendant une mission visant à faire appliquer les directives liées au coronavirus dans les quartiers ultra-orthodoxes de la ville.

Les forces de l’ordre ont précisé que deux agents avaient été blessés, sans apporter de détails supplémentaires.

Un certain nombre de véhicules ont été endommagés pendant ces affrontements, et notamment des voitures de police et de la municipalité, ou appartenant à des citoyens privés.

Une vidéo diffusée par la chaîne Kan a montré l’arrestation d’un homme, les manifestants assistant à la scène affirmant aux agents que l’individu appréhendé était une personne à besoins particuliers.

La colère n’a cessé d’augmenter dans la communauté ultra-orthodoxe depuis que la police a renforcé ses mesures d’application des règles. Les forces de l’ordre ont été accusées d’utiliser une force disproportionnée, y-compris contre les enfants.

Des manifestants ultra-orthodoxes protestent contre la mise en vigueur des régulations entraînées par le coronavirus à Mea Sharim, à Jérusalem, le 4 octobre 2020. (Crédit : Nati Shohat/Flash90)

Des échauffourées ont éclaté dimanche suite à de nombreuses informations transmises pendant le week-end concernant des rassemblements illégaux de prière dans les synagogues et autres institutions.

Certains chefs spirituels, inquiets de ce que l’adhésion au confinement national n’entraîne l’arrêt brutal de leurs études de la Torah, ont ordonné aux synagogues et aux yeshivot de rester ouvertes et de rejeter de la communauté ceux qui feraient éventuellement part de ces violations aux autorités, a annoncé la Treizième chaîne.

Treize personnes ont été placées en détention à Bnei Brak suite à de violents affrontements survenus alors que la police tentait de faire fermer une synagogue de cette ville ultra-orthodoxe, où des centaines de personnes s’étaient rassemblées pour prier, contrevenant en cela au confinement.

Des ultra-orthodoxes bloquent un véhicule de la police qui tente de faire appliquer les règles du confinement entraîné par le coronavirus à Bnei Brak, le 4 octobre 2020. (Capture d’écran : Twitter)

En plus de violer les restrictions sur les regroupements en espaces clos, la police a ajouté que la plus grande partie des fidèles ne portaient pas le masque et ne respectaient pas les directives de distanciation sociale. Les fidèles « ont commencé à résister et à troubler l’ordre public » lorsque les agents ont commencé à distribuer des amendes, a-t-elle noté.

Les Haredim, dans la synagogue, ont insulté les agents de « nazis », leur criant de « retourner en Allemagne », selon des images de la scène.

Des vidéos ont montré les arrestations violentes de certains manifestants, entraînant des accusations d’usage disproportionné de la force.

Sur l’une d’elles, un agent frappe un homme au visage. Plusieurs autres policiers le poussent au sol.

Sur d’autres, des fidèles se regroupent à nouveau dans le lieu de culte, malgré les efforts livrés par la police pour le faire fermer.

Dans l’implantation de Beitar Illit, dimanche, les agents œuvrant à disperser des rassemblements illégaux se sont opposés à des membres de la communauté locale. Il y a eu plusieurs arrestations.

Une vidéo montre ainsi un policier en train de jeter un seau en direction d’un jeune garçon, avant de l’arrêter. La police a expliqué plus tard avoir demandé au Département des enquêtes internes de la police, au sein du ministère de la Justice, d’examiner l’incident.

Les circonstances de l’incident – qui a entraîné de vives critiques des forces de l’ordre sur les réseaux sociaux – restent indéterminées.

Les mises en cause de la communauté ultra-orthodoxe sont croissantes, ces derniers jours, avec des informations qui témoignent du fait qu’un grand nombre des membres de cette communauté ignorent les restrictions liées au confinement pendant cette fête de Souccot, notamment en se réunissant massivement.

Le taux d’infection à la COVID-19 a grimpé en flèche au sein de la population Haredi. Une étude rendue publique la semaine dernière a établi que les contaminations, dans la communauté, étaient 2,5 fois plus élevées que la moyenne nationale.

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