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Jérusalem Est: l’expansion controversée d’un parc national à nouveau d’actualité

Le projet qui prévoit un élargissement sur des terres appartenant aux églises chrétiennes réapparaît sur le site internet de la municipalité , une audience est prévue le 31 août

Jacob Magid est le correspondant pour les questions liées aux implantations pour le Times of Israël

Des prêtres lors du dimanche des Rameaux sur le mont des Oliviers de Jérusalem, le 28 mars 2021. (Crédit : AP Photo/Mahmoud Illean)
Des prêtres lors du dimanche des Rameaux sur le mont des Oliviers de Jérusalem, le 28 mars 2021. (Crédit : AP Photo/Mahmoud Illean)

Les autorités israéliennes ont remis à l’ordre du jour un projet controversé d’élargissement d’un parc national de Jérusalem-Est. Le plan prévoit d’étendre le parc original sur des terres qui appartiennent à l’église. Pourtant, il avait été assuré à de multiples occasions que le projet était abandonné suite à l’indignation des responsables chrétiens locaux.

Selon le Plan 101-674788, les frontières du parc national des Murs de Jérusalem seraient déplacées, incluant dorénavant une grande partie du mont des Oliviers ainsi que des secteurs supplémentaires situés dans la vallée du Cédron et dans la vallée de Ben Hinnom. Ce projet a fait sa réapparition, dimanche, sur le site de la Commission de planification et de construction de Jérusalem, qui annonce qu’elle tiendra une audience sur le sujet en date du 31 août.

La semaine dernière, l’Autorité israélienne de la nature et des parcs (INPA) avait fait savoir que le plan était abandonné, vingt-quatre heures après un reportage paru dans le Times of Israel qui révélait l’existence du projet et l’indignation qu’il avait entraînée du côté des responsables chrétiens. L’INPA avait indiqué qu’elle s’entretiendrait avec les hommes d’église de manière à trouver le meilleur moyen de préserver le territoire concerné.

Interrogé, lundi, sur la raison pour laquelle le projet se trouvait à nouveau à l’ordre du jour, une porte-parole de l’INPA a déclaré que son bureau n’était pas en charge du site internet de l’instance municipale de planification et que l’Autorité des parcs n’avait aucunement l’intention de faire avancer l’expansion du parc national. De son côté, la municipalité de Jérusalem n’a pas répondu à une demande de commentaire.

Hagit Ofran, du mouvement La Paix Maintenant, reste dubitative face à l’explication donnée par l’INPA. « D’abord, on fait la promotion d’un plan insultant qui méprise les Palestiniens et les Chrétiens, puis on transforme Israël en menteur, en pays qui ôte son projet de l’ordre du jour avant de le réintégrer », s’est-elle indignée. « Et cela ne fait pas que porter préjudice à Israël, c’est idiot parce qu’il était évident que cela serait découvert. »

Si l’INPA a expliqué que l’objectif poursuivi par le projet était de préserver des terres qui sont négligées depuis longtemps, les représentants des églises n’en sont pas convaincus, soulignant les liens proches qui unissent l’Autorité des parcs et la Fondation de la Cité de David qui œuvre à élargir la présence juive dans les secteurs disputés de Jérusalem-Est – avec parmi eux le quartier sensible de Sheikh Jarrah.

Une carte réalisée par des groupes de gauche montrant les secteurs qui devraient être incorporés dans le parc national des murs de Jérusalem. (Autorisation)

Au début du mois, le patriarche grec orthodoxe de Jérusalem Théophile III, le custode en Terre sainte catholique Francesco Patton et le patriarche arménien de Jérusalem Nourhan Manougian avaient écrit une lettre à la ministre de la Protection environnementale Tamar Zandberg – l’INPA est placée sous l’autorité de son ministère – l’appelant à s’assurer que le projet serait abandonné.

« Même si le plan est officiellement présenté par l’INPA, il semble qu’il ait été avancé, orchestré, présenté et promu par des entités dont le seul objectif apparent est de confisquer et de nationaliser l’un des sites du christianisme les plus saints et de transformer sa nature », avaient écrit les responsables épiscopaux en se référant au mont des Oliviers, un haut-lieu du Nouveau testament.

Une délégation de représentants démocrates américains du Congrès avait été informée du projet et avait fait part, dans la foulée, de ses inquiétudes au Premier ministre Naftali Bennett au cours d’une réunion qui avait eu lieu jeudi. Bennett n’avait pas paru connaître les détails de ce plan qui, jusqu’alors, n’avait pas été médiatisé, mais il avait déclaré qu’il faisait tout ce qui était en son pouvoir pour apaiser les tensions à Jérusalem et pour empêcher toutes les initiatives qui seraient susceptibles d’entraîner de nouvelles violences, ont confié deux sources du Congrès au Times of Israël.

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