Jérusalem : Onze arrestations lors de funérailles haredim
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Jérusalem : Onze arrestations lors de funérailles haredim

Ceux qui portaient le cercueil auraient laissé tomber le corps pendant les affrontements avec la police ; le père du défunt dit avoir été violenté lors de la dispersion de la foule

Des funérailles massives à Jérusalem, le 5 octobre 2020 (Capture d'écran via Kikar Hashabat)
Des funérailles massives à Jérusalem, le 5 octobre 2020 (Capture d'écran via Kikar Hashabat)

La police est intervenue lors de funérailles massives illégales à Jérusalem ce lundi soir. Des informations ont rapporté que le père du défunt avait été violenté et que les personnes qui portaient le cercueil ont laissé tomber le corps au cours des échauffourées qui ont opposé les agents et les centaines de personnes qui assistaient à la cérémonie.

Cette intervention des forces de l’ordre survient dans un contexte d’inquiétudes croissantes portant sur une possible augmentation, au sein de la communauté ultra-orthodoxe, des regroupements au cours du week-end – à l’occasion de la fête de Simhat Torah à venir et en violation des règles de confinement.

Les policiers ont dispersé le cortège funéraire auquel prenaient part des centaines d’ultra-orthodoxes, qui se rendaient sur le mont des Oliviers. Onze personnes ont été arrêtées et des amendes ont été distribuées, a noté un communiqué de la police. Le défunt appartenait au mouvement hassidique Toldot Aharon, a rapporté la presse.

Les médias ultra-orthodoxes ont indiqué que les personnes qui portaient le cercueil l’avaient fait tomber au cours des affrontements entraînés par les tentatives de dispersion du cortège par la police. Le défunt était un jeune homme, décédé d’une maladie cardiaque. Son père a été frappé par des agents, selon les sites internet haredim Kikar HaShabat et Behadrey Haredim.

La police, de son côté, n’a pas commenté ces incidents.

La chaîne Kan a fait savoir, lundi soir, que le commissaire de police Motti Cohen avait déclaré aux ministres que certaines franges de la communauté ultra-orthodoxe était bien décidées à ne pas se conformer aux directives de confinement. Il a prédit qu’il y aurait d’autres confrontations lors de Simhat Torah, qui commencera samedi soir. La fête de Simhat Torah, qui marque la fin de Souccot, se distingue habituellement par des rassemblements bruyants et, parfois, des abus d’alcool dans les communautés religieuses.

Des Juifs ultra-orthodoxes lors des funérailles du rabbin Mordechai Leifer de Pittsburgh dans la ville d’Ashdod, le 5 octobre 2020. (Crédit : Flash90)

Cet avertissement de Cohen survient alors que des informations portant sur des violations du confinement et des affrontements entre la police et des membres de la communauté ultra-orthodoxe, contrevenant aux règles, ont émané de tout le pays.

Il y a eu ainsi des émeutes dans le quartier de Mea Sharim, à Jérusalem, où les résidents ont jeté des pierres en direction des agents. Les policiers ont procédé à plusieurs arrestations, selon Kan. À Bnei Brak, des centaines d’hommes ultra-orthodoxes se sont rassemblés pour prier sous les yeux des forces de l’ordre qui ne sont pas intervenues, selon la Treizième chaîne.

De plus, les municipalités de Jérusalem et de Karmiel ont organisé des concerts et des fêtes, encourageant d’importants regroupements malgré le confinement, a indiqué un reportage diffusé lundi à la télévision.

La Douzième chaîne a précisé qu’environ 200 personnes s’étaient réunies dans le quartier de Shaare Hesed à Jérusalem pour une fête de Souccot qui avait été organisée lundi par la ville. Des images aériennes révèlent que les participants n’ont pas observé les règles de distanciation sociale.

À Karmiel, dans le nord du pays, un concert du chanteur Hanan Ben Ari a été organisé par la ville pour réconforter les résidents. L’évènement a finalement attiré une foule importante, en violation du confinement, a déclaré la chaîne. Ben Ari, qui s’était installé sur une scène improvisée dressée sur un camion, n’a chanté qu’un seul titre, disant à son public qu’il ne pouvait pas continuer le concert dans la mesure où ce dernier contrevenait aux règles sanitaires, a rapporté le site Ynet.

La Douzième chaîne a tenté de recueillir des réactions au sein du conseil municipal, en vain.

Dans la matinée de lundi, des milliers de personnes se sont rassemblées lors des funérailles, à Ashdod, d’un rabbin hassidique décédé la nuit précédente des suites du coronavirus. La cérémonie s’est achevée par des affrontements entre les personnes venues assister à la cérémonie et la police, qui a cherché à disperser la foule. Les forces de l’ordre avaient préalablement approuvé les funérailles, mais avec un nombre bien moindre de participants.

Les mises en cause de la communauté ultra-orthodoxe sont croissantes, ces derniers jours, avec des informations qui témoignent du fait qu’un grand nombre des membres de cette communauté ignorent les restrictions liées au confinement pendant cette fête de Souccot, notamment en se réunissant massivement.

Alors que la police a intensifié l’application de la loi, la communauté ultra-orthodoxe semble de plus en plus sur la défensive et des accusations de recours à une force disproportionnée, y compris contre les enfants, ont été formulées.

Dimanche, de violents affrontements entre la police et les ultra-orthodoxes ont eu lieu à Jérusalem et à Bnei Brak, où 13 personnes ont été arrêtées alors que les policiers dispersaient des rassemblements. En plus de violer les restrictions sur les rassemblements dans des espaces clos, la police a déclaré que la plupart des fidèles ne portaient pas de masque ou n’adhéraient pas aux règles de distanciation sociale. Les fidèles ont « commencé à résister et à perturber l’ordre public » après que les policiers ont commencé à distribuer des amendes, a réagi la police.

La communauté ultra-orthodoxe connait des taux élevés d’infection au coronavirus, une évaluation réalisée la semaine dernière ayant révélé que le taux d’infection dans la communauté était 2,5 fois supérieur à la moyenne nationale. Le responsable de la lutte contre le COVID-19 dans le pays, Ronni Gamzu, a déclaré la semaine dernière que 40 % des cas récents se trouvaient dans la communauté ultra-orthodoxe, qui constitue environ 12 % de la population.

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