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JO de Munich: accord entre Berlin et les familles de victimes sur les indemnisations

L'accord prévoit la création d'une commission israélo-allemande qui aura accès à des documents classifiés pour faire la lumière sur cette prise d'otages et le fiasco policier

Une plaque commémorative à la mémoire des onze athlètes israéliens et d'un policier allemand tués lors d'une attaque terroriste pendant les Jeux olympiques de 1972, se trouve dans l'ancien logement de l'équipe israélienne dans le village olympique de Munich, en Allemagne. Photo prise le 27 août 2022. (Crédit : AP Photo/Matthias Schrader)
Une plaque commémorative à la mémoire des onze athlètes israéliens et d'un policier allemand tués lors d'une attaque terroriste pendant les Jeux olympiques de 1972, se trouve dans l'ancien logement de l'équipe israélienne dans le village olympique de Munich, en Allemagne. Photo prise le 27 août 2022. (Crédit : AP Photo/Matthias Schrader)

Près de 50 ans jour pour jour après la sanglante prise d’otages aux Jeux olympiques de Munich, le gouvernement allemand et les familles de victimes israéliennes sont parvenus mercredi à un accord sur les indemnisations.

Cet accord, immédiatement salué par le président israélien, met fin à de confidentielles négociations tenues sur plusieurs décennies et tombent à point nommé, à quelques jours de la commémoration de l’attaque terroriste, unique dans l’histoire des JO.

Le gouvernement fédéral, ainsi que la région de Bavière et la ville de Munich vont verser 28 millions d’euros aux familles de victimes de cette prise d’otages, qui s’était soldée par la mort de onze athlètes israéliens, a indiqué à l’AFP une source gouvernementale.

« Le gouvernement fédéral salue l’accord avec les familles des victimes », a immédiatement réagi le porte-parole du gouvernement d’Olaf Scholz, Steffen Hebestreit.

Le président israélien Isaac Herzog a exprimé sa « gratitude » envers l’Allemagne pour ces indemnisations en réparation d’une « injustice historique ».

Documents déclassifiés

Cette question sensible des indemnisations suscitait la colère des familles de victimes, qui jugeaient trop faibles les propositions du gouvernement allemand et menaçaient de ne pas participer à la commémoration de lundi en Bavière.

Cinquante ans après, ni l’Allemagne, ni l’Etat hébreu n’ont oublié le « Massacre de Munich ».

Le 5 septembre 1972, huit membres de l’organisation palestinienne « Septembre noir » avaient pénétré dans un appartement de la délégation israélienne au village olympique, tuant deux athlètes israéliens et prenant neuf autres membres de la délégation en otage, dans l’espoir de les échanger contre 232 prisonniers palestiniens.

L’intervention des services de sécurité allemands sur la base militaire de Fürstenfeldbruck, à une trentaine de kilomètres de Munich, s’était achevée par la mort de tous les otages, un dénouement sanglant dont les autorités ouest-allemandes ont été tenues en partie responsables. Cinq agresseurs palestiniens avaient été abattus et trois autres arrêtés.

L’accord prévoit aussi la mise en place d’une commission d’historiens allemands et israéliens qui devraient avoir accès à des documents jusqu’ici classifiés pour faire toute la lumière sur l’attaque et le fiasco policier.

Avec cet accord, l’Allemagne « s’acquitte de son obligation historique envers les victimes et leurs familles, dans le contexte de la relation spéciale germano-israélienne », ajoute le porte-parole.

Cet accord doit, selon lui, « créer les conditions pour aborder un chapitre douloureux de notre histoire commune, pour le reconnaître comme il se doit et jeter les bases d’une nouvelle culture de la mémoire », espère M. Hebestreit.

Dans un communiqué conjoint, le président Isaac Herzog et son homologue allemand, Frank-Walter Steinmeier, se sont félicités de la conclusion de cet accord.

« Nous saluons le fait que peu avant le cinquantième anniversaire du massacre des athlètes israéliens aux Jeux olympiques de Munich, un accord a enfin été conclu pour l’ouverture d’une enquête historique, la prise de responsabilité et une indemnisation appropriée des familles des victimes », ont indiqué  Herzog et Steinmeier dans une déclaration conjointe.

« Nous nous félicitons de l’issue des discussions. Cet accord ne pourra pas guérir les blessures, mais il fait foi d’une prise de responsabilité de la part de l’Allemagne et de sa reconnaissance de la terrible souffrance des victimes et de leurs proches, que nous commémorerons la semaine prochaine ».

Menaces de boycott

Les présidents allemand et israélien, Frank-Walter Steinmeier et Isaac Herzog, ont dans la foulée de l’officialisation de l’accord annoncé qu’ils participeraient tous les deux à la cérémonie organisée lundi en Bavière.

« Je veux exprimer ma gratitude pour cet important pas du gouvernement allemand, mené par le chancelier Scholz, prenant sa responsabilité et accordant des réparations pour l’injustice historique faite aux familles des victimes du massacre de Munich », a déclaré le président Herzog dans un communiqué distinct.

Les familles des victimes avaient prévenu le 11 août qu’elles boycotteraient les commémorations en Allemagne marquant le 50e anniversaire de la tragédie, jugeant insuffisante une offre de compensation des autorités allemandes.

Elles réclamaient aux autorités allemandes des « excuses publiques » pour « toutes leurs erreurs » et leurs « mensonges » dans cette affaire, « d’ouvrir toutes » leurs archives, ainsi qu’une « juste compensation ».

Berlin proposait alors 10 millions d’euros, incluant les quelque 4,5 millions déjà versés en 1972 et 2002, pour un nouveau total d’environ 5,4 millions d’euros pour les 23 membres directs des victimes.

« Ils nous ont dit qu’ils devaient respecter ce que les victimes allemandes de terrorisme reçoivent (…) mais dans notre cas il ne s’agit pas d’une affaire locale dans laquelle le gouvernement allemand n’est pas coupable », avait alors expliqué la porte-parole des familles des victimes, Ankie Spitzer, qualifiant d' »insulte » l’offre allemande.

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