Kahlon renversera le gouvernement si Netanyahu est inculpé
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Kahlon renversera le gouvernement si Netanyahu est inculpé

Alors que des débats sur des élections anticipées refont surface, un second chef de parti de coalition informe qu'il soutiendra une loi accordant l'immunité au Premier ministre

Le Premier ministre  Benjamin Netanyahu, à droite, et le ministre des Finances Moshe Kahlon lors d'une conférence de presse au bureau du Premier ministre de Jérusalem, le 8 octobre 2018 (Crédit : Hadas Parush/Flash90)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, à droite, et le ministre des Finances Moshe Kahlon lors d'une conférence de presse au bureau du Premier ministre de Jérusalem, le 8 octobre 2018 (Crédit : Hadas Parush/Flash90)

Alors que les débats portant sur un scrutin législatif anticipé s’accélèrent, le ministre des Finances Moshe Kahlon a déclaré mardi que le Premier ministre Benjamin Netanyahu ne pourrait pas continuer à diriger le pays s’il venait à être inculpé dans une série d’enquêtes de corruption.

« Un Premier ministre sous le coup d’une inculpation et après une audience ne peut pas continuer à travailler correctement », a affirmé Kahlon lors d’un entretien avec la chaîne de télévision Hadashot.

Kahlon, ancien membre du Likud de Netanyahu et qui est désormais à la tête de la formation Koulanou de centre-droit, avait fait savoir au mois de mars qu’il sortirait de la coalition en cas d’inculpation du chef du gouvernement. Une telle initiative entraînerait de facto l’effondrement du gouvernement et probablement des élections anticipées.

Le ministre des Finances avait alors précisé qu’il espérait que Netanyahu se retirerait de lui-même s’il devait être inculpé, faute de quoi, il y serait contraint par les autres membres de la coalition.

Ces propos ont été tenus quelques heures après que Netanyahu a insisté sur le fait que les enquêtes de police n’entravaient pas son travail.

Netanyahu a été interrogé par la police à une douzaine d’occasions ces derniers mois en raison des soupçons nourris à son encontre dans trois enquêtes de corruption séparées. Beaucoup de commentateurs ont alors déclaré qu’il pourrait réclamer des élections anticipées dans le but de gagner un nouveau mandat avant une éventuelle inculpation.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu lors de la rencontre hebdomadaire de cabinet au bureau du Premier ministre de Jérusalem, le 7 octobre 2018 (Crédit : / AFP PHOTO / POOL / ABIR SULTAN

Rejetant les rumeurs laissant entendre qu’il réclamerait de nouvelles élections peu après la fin des congés de la Knesset prévue la semaine prochaine, Netanyahu a déclaré qu’un retour aux urnes anticipé n’était pas inévitable.

Il a noté que son gouvernement « fait des efforts » pour résoudre les crises qui agitent la coalition, « notamment le problème du service militaire [ultra-Orthodoxe] » et qu’il serait « heureux » de voir son gouvernement se maintenir jusqu’au mois de novembre 2019, date du scrutin prévue par la loi.

Le ministre de l’Intérieur, Aryeh Deri, a toutefois exprimé sa conviction que le gouvernement n’ira pas jusqu’à la fin de son mandat, estimant que des élections anticipées sont inévitables.

Aryeh Deri, à Tel Aviv le 14 février 2018 (Crédit : Tomer Neuberg/Flash 90)

« Je pense que des élections auront lieu à la fin de l’hiver », a expliqué Deri au site Walla, mardi soir.

Il a ajouté s’attendre à ce qu’une date d’élections anticipées à la Knesset soit déterminée après le scrutin municipal qui se déroulera à la fin du mois.

Dans le même temps, un chef d’un parti de la coalition a déclaré à la Dixième chaîne que si Netanyahu venait à être réélu, son parti soutiendrait une loi accordant au Premier ministre l’immunité s’il devait être accusé dans l’une – ou plusieurs – des enquêtes de corruption lancées à son encontre.

Selon le reportage, ce ministre, qui n’a pas été identifié, a expliqué que le renversement du gouvernement de Netanyahu après le scrutin serait une « dénaturation des souhaits des électeurs » dans la mesure où ces derniers avaient d’ores et déjà connaissance des soupçons nourris à l’encontre du Premier ministre.

Il a ajouté que son parti n’aurait pas la volonté de promouvoir un autre haut-responsable du Likud – qui viendrait remplacer Netanyahu – en amont des élections qui suivraient.

Le chef de la coalition, David Amsalem, a pour sa part annoncé mardi qu’il voterait en faveur de la préservation de l’immunité du Premier ministre en exercice en cas d’inculpation.

« Je ne pense pas que je devrais préserver mon immunité parce que je ne pense pas qu’on m’inculpera », a réagi Netanyahu.

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