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Karine Elharrar : Nous allons interrompre l’exploration du gaz fossile

La ministre de l'Énergie, qui s'est rendue mercredi sur un chantier de la filiale israélienne d'EDF, a déclaré que 2022 serait "l'année des énergies renouvelables"

Un nouveau champ solaire à Timna, dans le sud d'Israël, construit par EDF Renewables Israel et inauguré officiellement le 15 décembre 2021. (Crédit : EDF Renewables Israel)
Un nouveau champ solaire à Timna, dans le sud d'Israël, construit par EDF Renewables Israel et inauguré officiellement le 15 décembre 2021. (Crédit : EDF Renewables Israel)

La ministre de l’Énergie Karine Elharrar a annoncé mercredi que « le gaz peut attendre » et qu’elle n’acceptera pas les recommandations de l’ancien directeur-général du ministère, Ehud Adiri, de poursuivre l’exploration du gaz fossile en mer Méditerranée.

S’exprimant lors de la neuvième conférence d’Eilat Eilot sur les énergies renouvelables à Eilat, Elharrar a également annoncé que son ministère allait créer pour la première fois une unité exclusivement dédiée aux énergies renouvelables.

« Nous allons créer un département des énergies renouvelables au sein du ministère qui recevra une attention et des ressources substantielles, promouvoir le plan national d’efficacité énergétique récemment approuvé par le gouvernement pour un coût d’environ un milliard de shekels, investir dans la recherche et le développement [R&D], allouer des subventions pour la promotion de l’énergie propre et les développements technologiques importants, et supprimer les obstacles pour les développeurs. »

2022 sera « l’année des énergies renouvelables », a-t-elle promis.

« Dans l’année à venir, nous nous concentrerons sur le futur, sur l’énergie verte, sur les économies d’énergie, et pendant ce temps, nous mettrons de côté la question de l’expansion du développement du gaz naturel [fossile] qui, comme nous le savons, est un combustible de transition », dit-elle.

« L’année prochaine, le ministère de l’Énergie n’adoptera pas les conclusions du rapport d’examen concernant la politique du gaz naturel et ne s’engagera pas dans la quatrième étape d’octroi de licences pour l’exploration du gaz naturel [fossile]. »

Vue de la plateforme de traitement du gaz naturel Léviathan au large de la ville de Césarée, le 31 janvier 2019. (Crédit : Marc Israel Sellem / Pool)

Les recommandations de continuer à explorer le gaz fossile ont été formulées par un comité composé de représentants de huit ministères qui a été créé pour déterminer la politique gazière d’Israël dans les années à venir.

Connu sous le nom d’ « Adiri 2 », du nom de l’ancien directeur général du ministère (Adiri 1 avait fait un rapport sur le même sujet en décembre 2018), le comité avait appelé le gouvernement à encourager davantage l’exploration du gaz fossile et à le faire en concluant de nouveaux accords avec des gouvernements étrangers, sabrant, de fait, les réglementations qui restreignent les exportations, offrant des incitations fiscales aux sociétés d’exploration de gaz et aidant à financer l’expansion des infrastructures pour permettre au gaz israélien d’être transporté vers l’Europe et l’Asie.

Le comité avait aussi déclaré que la demande de gaz en tant que « carburant de transition » sur la voie des énergies renouvelables était susceptible d’augmenter jusqu’en 2030 ou peu de temps après, après quoi elle diminuerait à mesure que les pays se tourneraient davantage vers des sources d’énergie alternatives. Après une période de 20 à 25 ans, la fenêtre d’exportation de gaz se fermerait, avait souligné le comité.

Si des mesures ne sont pas prises maintenant pour développer de nouvelles sources de gaz et les exporter, avait encore estimé le comité, le pays pourrait perdre jusqu’à 230 milliards de shekels de revenus.

Mercredi, Elharrar a visité deux projets d’énergie renouvelable dans la région d’Arava avant de s’adresser à la conférence Eilot.

La ministre de l’énergie Karine Elharrar (au centre) visite le site Augwind au Kibbutz Yahel, dans le sud d’Israël, le 15 décembre 2021. À droite : Le Dr Or Yogev, fondateur et PDG d’Augwind. À droite, le président d’Augwind, Gabi Seligsohn. (Studio Lovan)

La ministre a tout d’abord visité le kibboutz Yahel où la société israélienne Augwind a lancé un système de stockage d’énergie renouvelable utilisant uniquement de l’air et de l’eau. La méthode continuera à « changer le monde », a-t-elle commenté.

Le second projet a concerné l’ouverture d’un nouveau champ solaire de 60 mégawatts à Timna et érigé par la filiale israélienne de la compagnie française EDF, EDF Renewables Israel. Le plus grand champ solaire de l’Arava et le deuxième du pays, évalué à un montant de 450 millions de shekels constitue le 22e chantier entrepris en Israël. Plus de 150 000 panneaux solaires ont été installés sur quelque 950 000 mètres carrés.

Le président Yitzhak Herzog s’est adressé à la conférence par vidéo, appelant les régulateurs israéliens à « approuver de manière claire l’utilisation des énergies propres » et exhortant le gouvernement à ne pas attendre 2050, date à laquelle le Premier ministre Naftali Bennett s’est engagé en faveur de la neutralité carbone, mais à « agir maintenant. Seule une économie neutre en carbone nous mènera à un avenir meilleur », a-t-il déclaré.

Issawi Freij (Meretz) à Tel Aviv le 3 juillet 2014 (Crédit : Melanie Lidman)

Le ministre de la Coopération régionale, Issawi Frej, a prédit qu’Israël ne parviendrait pas à atteindre les objectifs de 30 % d’énergie renouvelable d’ici 2030 et de zéro net d’ici 2050.

Il est essentiel de faire avancer une législation sur le climat, a-t-il précisé, pour ancrer dans la loi les étapes permettant d’atteindre les objectifs.

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