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Kerry : Le Caire doit prouver qu’il veut la démocratie

Washington dénonce l'Egypte pour son mauvais bilan en matière de droits de l'homme

John Kerry et Nabil Fahmy, ministre des Affaires étrangères (Crédit : Mladen Antonov/AFP
John Kerry et Nabil Fahmy, ministre des Affaires étrangères (Crédit : Mladen Antonov/AFP

Les responsables militaires au pouvoir en Egypte doivent prouver qu’ils sont sérieux dans l’instauration de la démocratie, a indiqué mardi le secrétaire d’Etat américain John Kerry.

Ce dernier s’exprimait à l’occasion d’une rencontre avec le ministre égyptien des Affaires étrangères Nabil Fahmy, en visite à Washington, la première à ce niveau dans la capitale américaine depuis le renversement par l’armée égyptienne en juillet 2013 du président islamiste Mohamed Morsi.

« Nous savons tous qu’il y a eu des décisions inquiétantes au sein du processus juridique », a souligné le secrétaire d’Etat, en référence aux récentes condamnations à mort de masse visant les partisans de Mohamed Morsi, que Washington a vivement dénoncées.

« Il est certain que l’Egypte est passée par un processus de transition très difficile », a-t-il reconnu. Ajoutant : « Nous voulons le succès du gouvernement par intérim. Nous avons de l’espoir et nous recherchons un processus politique qui soit inclusif et la mise en oeuvre d’une Constitution qui rassemble les gens politiquement autour de la table et élargisse la base démocratique ».

Les Etats-Unis ont partiellement levé la semaine dernière le gel de leur aide militaire au Caire de 1,3 milliard de dollars par an, imposé après le renversement du président Morsi et la répression de ses partisans.

Washington a invoqué la nécessaire lutte commune contre le « terrorisme », mais a assuré qu’il continuerait à tancer l’Egypte pour son mauvais bilan en matière de droits de l’homme.

M. Fahmy a répliqué que les tribunaux égyptiens étaient indépendants et que le gouvernement ne pouvait pas interférer dans le processus judiciaire, assurant néanmoins qu’au final « nous aboutirons aux décisions qui conviennent dans chacune de ces affaires » de condamnations à mort.

« Je viens à présent au nom d’un peuple qui veut la démocratie et veut être acteur de son avenir », a-t-il souligné.

Il a toutefois remarqué que la transformation en Egypte « était sociétale et qu’il ne s’agissait pas de simplement passer d’un président à un autre ».

Les liens entre Le Caire et Washington, alliés depuis 35 ans, ont été mis à mal depuis la révolution de février 2011 qui a renversé Hosni Moubarak, suivie par l’élection au printemps 2012 du président Morsi, destitué à son tour en juillet 2013 par l’armée.

Une nouvelle élection présidentielle est prévue le mois prochain. M. Fahmy a promis que son pays « construirait une démocratie fondée sur l’Etat de droit ».

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