Khashoggi: Amnesty demande une enquête internationale 100 jours après le meurtre
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Khashoggi: Amnesty demande une enquête internationale 100 jours après le meurtre

Des responsables turcs et américains ont fait porter la responsabilité de ce meurtre au prince héritier d'Arabie saoudite, ce que les autorités saoudiennes nient catégoriquement

Un manifestant brandit une photo de Jamal Khashoggi, journaliste porté disparu, devant le consulat saoudien à Istanbul, le 5 octobre 2018. (Crédit : AFP/ OZAN KOSE)
Un manifestant brandit une photo de Jamal Khashoggi, journaliste porté disparu, devant le consulat saoudien à Istanbul, le 5 octobre 2018. (Crédit : AFP/ OZAN KOSE)

L’ONG Amnesty International a appelé jeudi à ouvrir une enquête internationale sur le meurtre de Jamal Khashoggi, lors d’une cérémonie marquant le centième jour de l’assassinat de cet éditorialiste saoudien dans le consulat d’Arabie à Istanbul.

« Nous demandons une nouvelle fois l’ouverture d’une enquête internationale placée sous l’autorité de l’ONU sur le meurtre de Jamal Khashoggi », a indiqué Amnesty International dans une déclaration lue par l’une de ses responsables en Turquie, Göksu Ozahishali.

« Nous réclamons justice pour Jamal Khashoggi qui se battait pour la liberté d’expression dans le monde arabe », selon cette déclaration lue devant le consulat d’Arabie à Istanbul, scène de ce meurtre qui a suscité une onde de choc mondiale et considérablement terni l’image de la pétromonarchie.

Après la déclaration, des militants d’Amnesty ont symboliquement accroché une plaque portant le nom de Jamal Khashoggi à l’entrée de la rue menant au consulat dont l’accès est bloqué par des barrières métalliques.

Plus de trois mois après le meurtre perpétré le 2 octobre, le corps de Khashoggi n’a toujours pas été retrouvé et plusieurs questions, dont l’identité du ou des commanditaires de cette opération menée par un commando de 15 responsables saoudiens, restent sans réponse.

« Il est tout simplement choquant que 100 jours après, rien de concret n’a été fait pour que la justice soit rendue dans ce meurtre », a déclaré à l’AFP Andrew Gardner, chercheur à Amnesty en Turquie.

« Hélas, la (réaction de la) communauté internationale a été d’une faiblesse sidérante, et les relations commerciales et diplomatiques avec l’Arabie saoudite ont pris le dessus sur des principes humains fondamentaux », a-t-il ajouté.

La Turquie et l’Arabie saoudite ont ouvert des enquêtes séparées, mais Ankara accuse régulièrement Ryad de ne pas coopérer et s’interroge sur la volonté des autorités saoudiennes de chercher à identifier les « vrais donneurs d’ordre ».

Des responsables turcs et américains ont fait porter la responsabilité de ce meurtre au prince héritier d’Arabie saoudite Mohammed ben Salmane, ce que les autorités saoudiennes nient catégoriquement.

Un procès s’est ouvert la semaine dernière en Arabie saoudite. Le procureur a requis la peine de mort contre cinq personnes dont les identités n’ont pas été révélées.

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