Knesset : Le chef d’un panel de défense demande la mise hors-la-loi de Lehava
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Knesset : Le chef d’un panel de défense demande la mise hors-la-loi de Lehava

Ram Ben-Barak, ancien directeur-adjoint du Mossad, demande au ministre de la Défense d'interdire le groupe extrémiste opposé notamment aux mariages mixtes et aux droits LGBT

Le président de Lehava, Benzi Gopstein, (à droite), et son avocat, Itamar Ben Gvir, (à gauche), à leur arrivée au tribunal de première instance de Jérusalem, le 8 juin 2020. (Yonatan Sindel/Flash90)
Le président de Lehava, Benzi Gopstein, (à droite), et son avocat, Itamar Ben Gvir, (à gauche), à leur arrivée au tribunal de première instance de Jérusalem, le 8 juin 2020. (Yonatan Sindel/Flash90)

Le chef de la commission des Affaires étrangères et de la Défense à la Knesset a exhorté lundi le ministre de la Défense Benny Gantz à inscrire le groupe extrémiste juif Lehava sur la liste des organisations terroristes.

Ram Ben-Barak, député de Yesh Atid, ancien directeur-adjoint de l’agence de renseignement du Mossad, a demandé à Gantz d’utiliser « son autorité de ministre de la Défense » pour lancer « une initiative rapide et déterminée qui permettra d’inscrire Lehava sur la liste des organisations terroristes, mettant hors-la-loi à la fois l’organisation et ses activistes ».

Dans son appel, il a cité le soutien apporté par Lehava à feu le rabbin extrémiste Meir Kahane, la condamnation pour incitation au racisme de son leader actuel et l’interdiction récente de certains de ses membres sur les réseaux sociaux, bannis pour incitation à la violence.

Selon la Treizième chaîne, le nouveau ministre de la Sécurité intérieure Omer Barlev s’est aussi impliqué dans cette tentative de placer Lehava dans l’illégalité. Il aurait approché le procureur-général Avichai Mandelblit pour aider à mettre en place l’aspect juridique du dossier.

Les législateurs de tout le spectre politique ont tenté d’inscrire Lehava sur la liste des groupes terroristes mais ces diverses tentatives avaient eu peu de succès – notamment celle du ministre de la Défense de 2015, Moshe Yaalon. Ben-Barak a déclaré que ces initiatives passées avaient échoué en raison de failles dans les lois sur les groupes terroristes en Israël et plus précisément sur la manière dont ils pouvaient être interdits. Les lois antiterroristes ont été réexaminées en 2016 et elles permettent aujourd’hui de placer Lehava dans cette catégorie, a-t-il poursuivi.

« Dans un pays normal, il n’y a aucune immunité pour les personnes qui s’adonnent au terrorisme », a continué Ben-Barak dans une déclaration.

Gantz n’a pas encore répondu à cet appel.

L’ancien directeur du Mossad Ram Ben-Barak à la Knesset, le 15 janvier 2018. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Lehava s’oppose aux mariages entre Juifs et non-Juifs ainsi qu’aux droits de la communauté LGBT et tente d’étouffer toutes les activités publiques entreprises par des non-Juifs en Israël, et notamment les événements en faveur de la coexistence.

Le leader de Lehava, Bentzi Gopstein, a été arrêté à un certain nombre de reprises et a fait l’objet d’enquêtes pour des déclarations faites contre les non-Juifs – et notamment pour avoir qualifié les chrétiens qui vivent en Israël de « vampires » dans un article.

Il a aussi été appréhendé peu après une tentative de membres de son groupe d’incendier une école accueillant des Arabes et des Juifs à Jérusalem, au mois de novembre 2014. Gopstein n’a pas été inculpé après l’attaque – mais trois activistes de Lehava ont été reconnus coupables et condamnés.

Plus récemment, Gopstein a tenté de se lancer dans une carrière politique au sein du parti extrémiste Otzma Yehudit. Toutefois, la Cour suprême a interdit sa candidature en 2019 en raison de propos « sans équivoque » prouvant qu’il « incitait au racisme de manière systématique à l’encontre du public arabe ».

La police face aux manifestants du groupe extrémiste juif Lehava à la porte de Damas, à Jérusalem, le 22 avril 2021. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)

Lehava a été impliqué dans les violences récentes entre Arabes et Juifs à Jérusalem. Aux premiers jours des émeutes intercommunautaires, cette année, Lehava a organisé une marche ultranationaliste vers la porte de Damas, à Jérusalem – qui était alors le théâtre d’affrontements violents entre Palestiniens de la partie orientale de la ville et policiers israéliens.

La branche juridique du Mouvement réformé avait appelé au mois de mai les responsables israéliens à désigner Lehava comme groupe terroriste.

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