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Kohelet : Israël doit organiser un référendum sur l’accord maritime avec le Liban

Une requête a été déposée auprès de la Haute Cour, affirmant que le gouvernement enfreindrait la loi en déclarant qu'il n'organiserait pas de vote national

Une corvette Saar Class 5 israélienne montant la garde autour de la plateforme installée par Energean dans le champ gazier de Karish, le 2 juillet 2022. (Crédit : Armée israélienne)
Une corvette Saar Class 5 israélienne montant la garde autour de la plateforme installée par Energean dans le champ gazier de Karish, le 2 juillet 2022. (Crédit : Armée israélienne)

Un groupe de réflexion conservateur a déposé mercredi une pétition auprès de la Haute Cour de justice après que le gouvernement a déclaré qu’il ne soumettrait pas à un référendum national l’accord avec le Liban visant à résoudre un différend frontalier maritime, dans le cas où un tel accord serait conclu.

L’organisation à but non lucratif Kohelet Policy Forum a déposé une pétition pour empêcher le cabinet d’approuver unilatéralement un accord, affirmant que le gouvernement violerait les lois fondamentales d’Israël – qui ont un statut constitutionnel spécial – s’il ne soumettait pas la question de la cession du territoire maritime au Liban, dans le cadre d’un accord, à un vote national.

« Il s’agit d’une décision dramatique à tous points de vue – sécuritaire, économique et politique. Il est très problématique que le gouvernement actuel l’accepte dans une période telle que celle-ci, contrairement à la loi fondamentale du référendum », a posté Kohelet dans un tweet, en référence à la capacité du gouvernement intérimaire, à l’approche des élections législatives du 1er novembre.

Le groupe a déclaré avoir déposé une pétition il y a deux semaines, qui a été rejetée car elle ne donnait pas au gouvernement suffisamment de temps pour répondre.

Israël et le Liban sont engagés depuis plus d’un an dans de rares négociations, sous l’égide des États-Unis, visant à résoudre un différend concernant les droits sur des gisements offshore censés receler de grandes quantités de gaz naturel. Les deux pays seraient, malgré tout, proches d’un accord dans leur conflit frontalier.

Les deux pays revendiquent une zone de 860 km2 située dans la mer Méditerranée. Le Liban affirme également que le champ gazier de Karish se trouve en territoire contesté dans le cadre des négociations en cours sur ses frontières maritimes, tandis qu’Israël affirme que la réserve de gaz se trouve dans ses eaux économiques telles qu’elles sont reconnues à l’international.

Le ministre libanais intérimaire de l’Énergie, Walid Fayad, à droite, rencontrant le conseiller principal américain pour la sécurité énergétique, Amos Hochstein, au centre, en présence de l’ambassadrice américaine Dorothy Shea, à Beyrouth, le 31 juillet 2022. (Crédit : Anwar AMRO / AFP)

Selon une loi adoptée en 2014, tout projet de cession de territoire à l’intérieur des frontières de l’État d’Israël doit soit être approuvé par la Knesset à une majorité de 61 voix, puis par la population lors d’un référendum, soit être adopté par l’organe législatif à une majorité des deux tiers, à savoir 80 voix.

Un responsable libanais, cité dimanche par le média russe Sputnik, aurait affirmé que Beyrouth attendait toujours la réponse d’Israël à sa dernière proposition, faisant toutefois part de son optimisme quant à la conclusion d’un accord le mois prochain.

« Nous sommes très proches de parvenir à un accord sur la démarcation de la frontière maritime avec Israël », a déclaré le responsable libanais dont les propos ont été repris par le média russe semi-officiel, et qui s’est exprimé sous couvert d’anonymat.

« La question de la démarcation de la frontière sera conclue en septembre », a ajouté la source.

Amos Hochstein, médiateur du Département d’État américain dans le conflit maritime entre Israël et le Liban, a dit au début du mois qu’il restait « optimiste » concernant la possibilité de parvenir à un accord délimitant les frontières maritimes entre les deux pays, ce qui permettrait de lever les obstacles à la prospection d’hydrocarbures.

Mercredi, un haut responsable israélien a déclaré à l’AFP qu’il n’y avait aucune contradiction dans le fait d’engager des pourparlers avec le Liban, où le groupe terroriste du Hezbollah est une force puissante, tout en s’opposant à un accord nucléaire avec l’Iran, en partie en raison de ses liens avec le groupe terroriste.

Israël soutient la possibilité pour les entreprises étrangères d’exploiter les réserves offshore du Liban, ce qui permettrait de sortir de la crise économique de Beyrouth, mais le haut responsable israélien n’envisage pas que les revenus du gaz parviennent au Hezbollah.

« Je ne vois aucune raison d’avoir une quelconque confrontation avec le Hezbollah à ce sujet », a déclaré le fonctionnaire.

Un drone qui, selon l’armée israélienne, a été lancé par le groupe terroriste du Hezbollah libanais, est vu peu avant d’être intercepté par un avion de chasse israélien au-dessus de la mer Méditerranée, le 2 juillet 2022. (Crédit : Armée israélienne)

Le Hezbollah, un groupe terroriste chiite basé au Liban et soutenu par l’Iran, s’est opposé avec véhémence à toute concession dans les pourparlers avec Israël. Son chef, Hassan Nasrallah, n’a cessé de menacer de viser les installations offshore israéliennes.

En juillet, Tsahal a déclaré avoir abattu trois drones du Hezbollah lancés vers une plate-forme gazière installée dans l’un des champs contestés.

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