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Le Hezbollah menace d’une « escalade » si les demandes du Liban ne sont pas satisfaites

"Si le médiateur américain concède à l'État libanais ce qu'il réclame, nous resterons calme, qu'un accord nucléaire soit ou non conclu", a déclaré Hassan Nasrallah

Des partisans du Hezbollah assistant à un discours télévisé du chef du groupe terroriste libanais, Hassan Nasrallah, lors d'une cérémonie d'ouverture d'un site de "tourisme djihadiste", dans un camp autrefois géré par le Corps des gardiens de la révolution islamique d'Iran au Liban pour former les combattants du Hezbollah, dans la région de Janta, dans l'est du pays, le 19 août 2022. (Crédit : AFP)
Des partisans du Hezbollah assistant à un discours télévisé du chef du groupe terroriste libanais, Hassan Nasrallah, lors d'une cérémonie d'ouverture d'un site de "tourisme djihadiste", dans un camp autrefois géré par le Corps des gardiens de la révolution islamique d'Iran au Liban pour former les combattants du Hezbollah, dans la région de Janta, dans l'est du pays, le 19 août 2022. (Crédit : AFP)

Le chef du groupe terroriste libanais du Hezbollah, Hassan Nasrallah, a mis en garde contre une « escalade » avec Israël si les demandes libanaises ne sont pas satisfaites lors des négociations sur la frontière maritime.

Dans un discours télévisé prononcé vendredi à l’occasion d’un événement organisé par le Hezbollah, Nasrallah a nié tout lien entre les actions de l’organisation terroriste soutenue par l’Iran dans le conflit maritime – qui fait l’objet d’une médiation de la part des États-Unis – et les négociations en cours visant à rétablir l’accord nucléaire iranien de 2015, qui semblent atteindre leur point culminant.

« Si l’État libanais ne reçoit pas ce qu’il veut, nous nous dirigerons vers une escalade, même si l’accord nucléaire est signé », a déclaré le chef du Hezbollah, selon le site d’information libanais Naharnet.

« Si le médiateur américain concède à l’État libanais ce qu’il réclame, nous resterons calme, qu’un accord nucléaire soit ou non conclu. »

« Les yeux des Libanais ne doivent pas être tournés vers Vienne… Les yeux doivent être tournés vers Karish, la frontière maritime avec le nord d’Israël », a-t-il ajouté, faisant respectivement référence à l’emplacement où se déroulent les pourparlers frontaliers et à un champ gazier offshore israélien revendiqué par le Liban.

Nasrallah s’en est également pris à Amos Hochstein, le médiateur du Département d’Etat américain dans le conflit maritime entre Israël et le Liban, qui selon lui « perd encore du temps ». Il a déclaré que le « temps de Hochstein est compté » pour négocier un accord.

Le Hezbollah est sur le point de profiter financièrement d’un nouvel accord nucléaire, qui permettrait à son principal protecteur, l’Iran, de bénéficier d’un allègement substantiel des sanctions américaines en échange de la réimposition de restrictions sur son programme nucléaire, tandis qu’un accord sur la frontière maritime avec Israël permettrait au Liban de profiter de l’exploration gazière offshore.

Une corvette Saar Class 5 israélienne montant la garde autour de la plateforme installée par Energean dans le champ gazier de Karish, le 2 juillet 2022. (Crédit : Armée israélienne)

Le chef du Hezbollah a récemment proféré plusieurs menaces à l’encontre d’Israël, alors que les États-Unis redoublent d’efforts pour résoudre le conflit frontalier maritime qui oppose depuis plus de dix ans Jérusalem et Beyrouth, officiellement en guerre depuis la création de l’État juif en 1948.

Les deux pays revendiquent cette zone de 860 km2 de la mer Méditerranée. Le Liban affirme également que le champ gazier de Karish se trouve en territoire contesté dans le cadre des négociations en cours sur la frontière maritime, tandis qu’Israël affirme qu’il se trouve dans ses eaux économiques internationalement reconnues.

Israël et le Hezbollah sont des ennemis qui se sont affrontés dans le cadre d’une guerre d’un mois pendant l’été 2006. Israël considère le groupe chiite soutenu par l’Iran comme une menace grave, estimant qu’il posséderait un arsenal de 150 000 roquettes et missiles dirigés vers les villes israéliennes.

Le Liban a absolument besoin d’un accord sur la frontière maritime en Méditerranée, car il espère exploiter les réserves de gaz offshore pour tenter d’atténuer ce qui est devenu la pire crise économique et financière du pays dans toute son histoire moderne.

Le mois dernier, l’armée israélienne a abattu quatre drones non armés du Hezbollah qui se dirigeaient vers le champ de Karish. Le Premier ministre libanais, Najib Mikati, avait alors critiqué le Hezbollah, affirmant que cette initiative pouvait présenter des risques pour le pays. Le Hezbollah a également diffusé des images montrant les plateformes gazières dans la région.

Au début du mois, des responsables de la sécurité israélienne ont averti l’échelon politique du pays que l’absence d’accord dans le conflit frontalier maritime avec le Liban pourrait entraîner un conflit militaire avec le Hezbollah.

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