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Tsahal en alerte alors qu’Israël et le Liban seraient proches d’un accord maritime

Le Hezbollah pourrait tenter de saboter les négociations sur les champs gaziers contestés, alors qu'un responsable libanais aurait déclaré qu'un accord était "très proche"

Le système flottant de production (FPSO) d'Energean sur le champ gazier de Karish, en mer Méditerranée. (Crédit : Energean)
Le système flottant de production (FPSO) d'Energean sur le champ gazier de Karish, en mer Méditerranée. (Crédit : Energean)

Les forces de sécurité israéliennes sont en état d’alerte près de la frontière nord, craignant que le groupe terroriste libanais du Hezbollah ne tente de perpétrer une attaque afin de saboter les pourparlers entre Israël et le Liban sur un différend frontalier maritime, alors que les parties seraient sur le point de parvenir à un accord.

Israël et le Liban sont engagés depuis plus d’un an dans de rares négociations, sous l’égide des États-Unis, visant à résoudre un différend concernant les droits sur des gisements offshore censés receler de grandes quantités de gaz naturel.

Les deux pays revendiquent une zone de 860 km2 située dans la mer Méditerranée. Le Liban affirme également que le champ gazier de Karish se trouve en territoire contesté dans le cadre des négociations en cours sur ses frontières maritimes, tandis qu’Israël affirme que la réserve de gaz se trouve dans ses eaux économiques telles qu’elles sont reconnues à l’international.

Le Hezbollah, un groupe terroriste chiite basé au Liban et soutenu par l’Iran, s’est opposé avec véhémence à toute concession dans les pourparlers avec Israël. Son chef, Hassan Nasrallah, n’a cessé de menacer de viser les installations offshore israéliennes.

En juillet, Tsahal a déclaré avoir abattu trois drones du Hezbollah lancés vers une plate-forme gazière installée dans l’un des champs contestés.

Les responsables de la défense israélienne craignent que Nasrallah ne cherche à provoquer Israël une fois de plus dans l’espoir de pouvoir se prévaloir de toute concession israélienne qui serait faite avant la signature d’un accord, a rapporté la Douzième chaîne, sans citer de source. Le reportage indique que les deux parties sont proches de la signature d’un pacte.

Le chef du Hezbollah, Sheik Hassan Nasrallah, s’exprimant via une liaison vidéo, tandis que ses partisans lèvent la main, lors de la fête sainte chiite de l’Achoura, dans la banlieue sud de Beyrouth, au Liban, le 9 août 2022. (Crédit : AP Photo/Hussein Malla)

Amos Yadlin, l’ancien chef des services de renseignement israéliens, a averti dimanche que le Hezbollah devenait trop confiant dans ses provocations.

« Le groupe terroriste risque d’exagérer et de déclencher un conflit avec Israël, semblable à celui qui a précédé la dernière guerre entre Israël et le Hezbollah en 2006 », a-t-il déclaré.

Un responsable libanais, cité dimanche par le média russe Sputnik, aurait affirmé que Beyrouth attendait toujours la réponse d’Israël à sa dernière proposition, faisant toutefois part de son optimisme quant à la conclusion d’un accord le mois prochain.

« Nous sommes très proches de parvenir à un accord sur la démarcation de la frontière maritime avec Israël », a déclaré le responsable libanais dont les propos ont été repris par le média russe semi-officiel, et qui s’est exprimé sous couvert d’anonymat.

« La question de la démarcation de la frontière sera conclue en septembre », a ajouté la source.

Amos Hochstein, médiateur du Département d’État américain dans le conflit maritime entre Israël et le Liban, a dit au début du mois qu’il restait « optimiste » concernant la possibilité de parvenir à un accord délimitant les frontières maritimes entre les deux pays, ce qui permettrait de lever les obstacles à la prospection d’hydrocarbures.

De son côté, le ministre sortant des Affaires étrangères Abdallah Bou Habib a expliqué que « les négociations touchaient presque à leur fin ».

« Des progrès ont été constatés », a ajouté Bou Habib, estimant que ces progrès pourraient être qualifiées « d’énormes ».

Une corvette Saar Class 5 israélienne montant la garde autour de la plateforme installée par Energean dans le champ gazier de Karish, le 2 juillet 2022. (Crédit : Armée israélienne)

Le différend sur les frontières maritimes remonte à plus d’une décennie. En 2012, le Liban avait rejeté une proposition américaine visant à recevoir 550 km2, soit près des deux tiers de la zone, tandis qu’Israël aurait reçu le tiers restant. La zone contestée couvre le champ gazier de Karish et le champ de Qana.

La dernière guerre entre le Liban et Israël remonte à 2006. Les deux pays n’ont pas de relations diplomatiques et sont séparés par une ligne de cessez-le-feu contrôlée par l’ONU.

Ils avaient repris les négociations sur les frontières maritimes en 2020, mais le processus avait été bloqué par l’affirmation faite par Beyrouth de la nécessité de modifier la carte utilisée par l’ONU dans les pourparlers.

Le Liban a absolument besoin d’un accord sur la frontière maritime en Méditerranée, car il espère exploiter les réserves de gaz offshore pour tenter d’atténuer ce qui est devenu la pire crise économique et financière du pays dans toute son histoire moderne.

Israël maintient sa souveraineté sur le champ gazier de Karish et cherche à le développer pour se positionner en tant que fournisseur de gaz naturel de l’Europe.

En juin, Israël, l’Égypte et l’Union européenne ont signé au Caire un protocole d’accord gazier qui permettra à Israël d’exporter son gaz naturel vers le bloc européen pour la première fois.

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