Kushner: la normalisation des liens entre Israël et les Saoudiens « inévitable »
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Kushner: la normalisation des liens entre Israël et les Saoudiens « inévitable »

Alors que l'Etat juif et le Maroc ont annoncé rétablir leurs liens, des sources ont dit à la Douzième chaîne que des négociations sont en cours avec d'autres pays musulmans

Jacob Magid est le correspondant pour les questions liées aux implantations pour le Times of Israël

Le haut-conseiller à la Maison Blanche Jared Kushner, (à droite), pendant une réunion entre le président américain, (à gauche), et les leader du Sommet du conseil de coopération du Golfe à Ryad, le 21 mai 2017. (Crédit : AP/Evan Vucci)
Le haut-conseiller à la Maison Blanche Jared Kushner, (à droite), pendant une réunion entre le président américain, (à gauche), et les leader du Sommet du conseil de coopération du Golfe à Ryad, le 21 mai 2017. (Crédit : AP/Evan Vucci)

La normalisation entre Israël et l’Arabie saoudite est « inévitable », a déclaré le haut-conseiller à la Maison Blanche, Jared Kushner, jeudi, dans le contexte de l’annonce de la décision prise par le Maroc de rétablir des relations diplomatiques pleines et entières avec l’Etat juif suite à des négociations américaines.

« Voir Israël et l’Arabie saoudite se rassembler et normaliser entièrement leurs relations est aujourd’hui inévitable mais le calendrier… est une donnée à travailler », a déclaré Kushner aux journalistes lors d’un point-presse qui a suivi l’annonce de Trump sur le quatrième accord conclu entre un pays arabe et Israël en quatre mois.

Kushner a ajouté qu’un accord entre les Israéliens et les Saoudiens nécessiterait un « leadership américain fort dans la région ».

« Si vous observez tout le chemin que nous avons parcouru au cours des six derniers mois, la région semble être passée de l’état solide à l’état liquide et elle semble être beaucoup plus fluide », a-t-il dit.

Suite à l’annonce marocaine également, un haut-responsable israélien a fait savoir qu’un autre pays – qui n’a pas été identifié – ferait part de la signature d’un accord de normalisation avec l’Etat juif dans les prochains jours.

Pour sa part, une source diplomatique a déclaré à la Douzième chaîne que Jérusalem était actuellement en train de négocier l’établissement de relations diplomatiques avec des Etats musulmans d’Afrique et d’Asie.

Ces informations n’ont pas pu être vérifiées de manière indépendante.

Au mois de septembre, Trump avait affirmé qu’entre cinq et neuf pays se préparaient à faire la paix avec l’Etat juif. De nombreux officiels israéliens ont par ailleurs déclaré de manière répétée qu’un certain nombre de pays négociaient secrètement une normalisation possible.

Un accord avec l’Arabie saoudite serait un accomplissement de taille au vu du statut déterminant de Ryad dans la région. Si le pays a pris des initiatives visant à forger des liens plus forts avec Israël au cours des sept derniers mois (Ryad a accepté que les vols reliant Israël et les Etats du Golfe empruntent son espace aérien et il aurait donné sa bénédiction aux accords conclus avec les Emirats arabes unis et Bahreïn), un grand nombre d’analystes laissent entendre que le royaume n’est pas pour autant prêt à faire une avancée aussi spectaculaire que la normalisation, en certainement pas du vivant du roi Salmane.

L’Arabie saoudite insiste sur le fait que la normalisation avec Israël ne se produira qu’après la résolution du conflit-israélo palestinien au moyen d’un accord de paix durable, basé sur une solution à deux Etats. Le royaume continue publiquement à faire part de son soutien inébranlable à l’Initiative de paix arabe, un accord parrainé par les Saoudiens en 2002 qui offre à Israël la normalisation de ses relations avec tous les Etats arabes en échange de la création d’un état palestinien sur les territoires capturés par l’Etat juif en 1967.

Mais les inquiétudes mutuelles suscitées par l’Iran ont graduellement rapproché Israël et les nations du Golfe, et le Premier ministre Benjamin Netanyahu s’est secrètement entretenu avec le prince héritier Mohammed bin Salman en Arabie saoudite, le mois dernier, attisant des spéculations portant sur un éventuel accord de normalisation en préparation.

Ryad a toutefois démenti toute rencontre entre Netanyahu et le prince.

Lors d’une conférence qui a eu lieu à Bahreïn la semaine dernière, le prince Turki al-Faisal, ancien responsable des renseignements qui est considéré comme un proche des autorités, a donné un exemple du fort soutien encore apporté dans la région à la cause palestinienne en se livrant à une diatribe féroce.

Le prince saoudien Turki al-Faisal al-Saudi lors du Manama Dialogue de l’IISS, le 6 décembre 2020. (Capture d’écran : IISS)

Il a qualifié l’Etat juif d’agressif et déclaré que ce dernier pratiquait l’apartheid, ajoutant que la paix ne se réaliserait pas avant la création d’un Etat palestinien sur les frontières de 1967.

« Les gouvernements israéliens ont arrêté des milliers d’habitants des terres qu’ils colonisent et ils les ont incarcérés dans des camps de concentration en raison d’accusations sécuritaires des plus fumeuses – il y a des jeunes et des vieux, des hommes et des femmes qui pourrissent là-bas, sans possibilité de recours et sans qu’in leur rende justice », a déclaré al-Faisal.

L’Arabie saoudite n’a pas commenté l’accord de rétablissement des liens entre le Maroc et Israël, qui a été rendu public dans un tweet écrit par le président américain Donald Trump.

Dans le cadre de cette annonce, Trump a déclaré qu’il allait reconnaître la souveraineté du Maroc sur la région disputée du Sahara occidental.

Kushner, pour sa part, a précisé que la décision américaine sur le Sahara occidental était une « reconnaissance inévitable » car il n’y a eu « très franchement… aucun progrès réalisé » sur le dossier depuis des décennies.

Il a exprimé l’espoir que l’initiative rendrait la région plus stable, qualifiant le Maroc de « société tolérante ».

Interrogé, pendant le point-presse, sur les violations présumées aux droits de l’Homme commises dans les pays que les Etats-Unis ont poussé à la normalisation des liens avec l’Etat juif, Kushner a répondu que « nous reconnaissons que certains de ces pays partagent nos valeurs plus que ce n’est le cas pour d’autres ».

Il a ensuite affirmé qu’en établissant de meilleures relations avec les pays dont les antécédents en termes de droits de l’Homme restent douteux, les Etats-Unis étaient en meilleure position pour « obtenir ce que nous voulons » concernant d’autres questions, tout en soulignant que l’Etat islamique n’avait pas « été bon non plus en ce qui concerne les droits de l’Homme ».

L’organisation Freedom House considère le Maroc comme « partiellement libre », notant que s’il y a des élections parlementaires dans le pays, le roi Mohammed VI conserve sa domination par le biais d’un mélange de pouvoirs formels substantiels et de lignes informelles d’influence au sein de l’Etat et de la société. De nombreuses libertés civiles sont, en pratique, contraintes ».

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