La Banque centrale met en garde contre une situation économique catastrophique
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La Banque centrale met en garde contre une situation économique catastrophique

Amir Yaron estime que sans hausse d'impôts, le déficit pourrait atteindre un "niveau dangereux" de plus de 4,5 % du PIB

Le gouverneur de la Banque centrale d'Israël, Amir Yaron, intervient lors de la Conférence Eli Hurvitz sur l'Économie et la Société organisée par l'Institut, le 17 décembre 2019. (Crédit : Michal Fattal)
Le gouverneur de la Banque centrale d'Israël, Amir Yaron, intervient lors de la Conférence Eli Hurvitz sur l'Économie et la Société organisée par l'Institut, le 17 décembre 2019. (Crédit : Michal Fattal)

Le gouverneur de la Banque centrale d’Israël, Amir Yaron, a averti mardi que si le gouvernement n’augmentait pas les impôts et continuait comme si de rien n’était, le déficit budgétaire déjà trop élevé pourrait empirer.

Intervenant lors de la Conférence Eli Hurvitz à Jérusalem, organisée par l’Institut israélien de la démocratie, Amir Yaron a prédit que sans hausse des impôts « le déficit devrait atteindre un niveau dangereux » de plus de 4,5 % du PIB, et le ratio de la dette rapportée au produit intérieur brut devrait monter en flèche, atteignant 75 % du PIB en 2025.

Le déficit budgétaire s’élèvera probablement à 3,7 % en 2019, soit bien au-dessus de l’objectif de 2,9 % fixé par le gouvernement, a fait savoir le comptable en chef du ministère des Finances, Rony Hizkiyahu, lors de la conférence, avec un ratio dette/PIB qui devrait rester stable, autour des 61 %.

L’impasse politique qui voit le pays organiser ses troisièmes élections en moins d’un an et être dirigé par un gouvernement intérimaire depuis longtemps retarde la mise en place de mesures économiques et de réformes essentielles, a constaté Rony Hizkiyahu.

Le comptable en chef du ministère des Finances, Roni Hizkiyahu (G) et Yohanan Plesner, président de l’Institut israélien de la démocratie, à la Conférence Eli Hurvitz sur l’Économie et la Société organisée par l’Institut, le 17 décembre 2019. (Crédit : Michal Fattal)

Toutefois, un nouveau gouvernement pourrait toujours prendre des mesures importantes pour s’attaquer aux problèmes économiques : une infrastructure en déliquescence, un système de transport public défaillant qui nuit à la productivité ; un manque d’employés qualifiés dans le secteur des technologies et une régulation ainsi qu’une bureaucratie trop lourdes qui pèsent sur les entreprises.

Les élections étant prévues le 2 mars, le budget pour 2020 ne devrait pas être approuvé avant le milieu de l’année prochaine. Cela signifie que les dépenses du gouvernement en 2020 seront basées sur une version au prorata du budget de 2019, sans compter les dépenses supplémentaires contractées au cours de l’année.

Hizkiyahu a appelé à ce que l’objectif principal du prochain gouvernement soit l’investissement.

« Nous ne pouvons pas réduire les coûts, nous devons investir dans les infrastructures », a estimé le comptable en chef. Israël est un pays jeune qui compte une population jeune, « et nous devons investir dans l’ouverture de classes et d’hôpitaux supplémentaires et financer les infrastructures professionnelles. Nous devons continuer à investir aujourd’hui et créer une croissance solide ».

Shaul Meridor, le directeur du budget au sein du ministère des Finances, a réitéré lors du forum qu’afin de garantir la croissance, le pays devait investir dans les transports publics et l’éducation.

« Nous observons une hausse importante du nombre de véhicules sur les routes », a-t-il constaté. « Il est impossible qu’Israël puisse réduire le fossé en construisant simplement des routes ». Il faut prendre des mesures pour réduire l’usage de véhicules privés au profit des transports publics.

Et le système éducatif, défaillant, doit faire un meilleur usage de son budget. « Le budget de l’Éducation n’est pas contrôlé », a-t-il dénoncé. « L’argent investi n’a absolument pas amélioré les résultats des élèves ».

Lors de la conférence, Anat Guetta, directrice de l’Autorité des marchés financiers, a indiqué que les marchés des capitaux « ne sont pas reliés au succès du secteur de la high-tech », parce que les entreprises technologiques fuient les marchés financiers locaux pour lever des fonds, préférant se tourner vers les marchés étrangers, vers d’autres sources de financement ou être rachetées.

« Cela a des conséquences négatives sur l’économie israélienne », a-t-elle commenté, puisque la plupart des gens n’ont pas l’occasion d’investir dans des entreprises qui réussissent puisqu’elles ne sont pas cotées en bourse.

Le directeur de la Banque centrale a ajouté que cette période d’intérim devrait être utilisée par les ministres pour mettre au point des projets et des programmes qui bénéficieront à l’économie et pouvant être mis en place dès la formation d’un nouveau gouvernement.

Israël ne peut pas se permettre d’attendre, il n’en a pas le « privilège », a-t-il dénoncé. « Nous devons utiliser l’avenir proche pour préparer des programmes qui répondront à nos besoins des années à venir ».

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