Rapport PISA : le fossé se creuse entre élèves juifs et arabes en Israël
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Rapport PISA : le fossé se creuse entre élèves juifs et arabes en Israël

Le ministre de l’Éducation ordonne la création d'un groupe de travail pour aider la communauté arabe après que le rapport de l'OCDE a montré que l'écart avec les Juifs s'accentue

Stuart Winer est journaliste au Times of Israël

Des élèves arabes israéliens, le 3 mars 2016. (Melanie Lidman/Times of Israel)
Des élèves arabes israéliens, le 3 mars 2016. (Melanie Lidman/Times of Israel)

Un rapport publié mardi par l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) a révélé que l’écart entre les capacités des élèves de langue hébraïque et celles de leurs pairs arabophones dans les écoles israéliennes est le plus grand entre les différents groupes socioéconomiques des dizaines de pays ayant participé à l’évaluation périodique.

Les résultats des évaluations du Programme international pour le suivi des acquis des élèves de 2018, connu sous le nom de PISA, ont révélé un écart important dans les trois compétences scolaires évaluées – lecture, mathématiques et sciences – et ont révélé que le fossé était encore plus grand que lors de la dernière évaluation de 2015. Dans chacun des trois domaines examinés, Israël se situait sous la moyenne de l’OCDE.

Le ministre de l’Education par intérim Rafi Peretz a déclaré dans un communiqué qu’il avait ordonné la création d’un groupe de travail pour trouver les moyens d’améliorer la situation dans le système éducatif arabe.

« Les résultats montrant que les écarts se sont creusés entre les élèves de milieux socioéconomiques supérieurs et inférieurs sont inacceptables », a-t-il constaté.

Les résultats au sein de la communauté arabe « nécessitent une analyse approfondie », a indiqué M. Peretz.

Le ministre de l’Éducation, Rafi Peretz, lors d’une réunion d’une faction de son parti à la Knesset, Jérusalem, le 11 novembre 2019. (Hadas Parush/Flash90)

M. Peretz a déclaré que le groupe de travail formerait un « projet global visant à renforcer le système éducatif de la communauté arabe en mettant l’accent sur les études linguistiques, les mathématiques et les sciences ».

Aux tests PISA, les locuteurs hébraïques ont obtenu 506 points en lecture, soit le même score que lors de l’évaluation précédente. Cependant, les arabophones n’ont obtenu que 362 points, soit une baisse de 29 points, alors que la moyenne de l’OCDE est de 487 points, la moyenne israélienne étant de 470 points.

En mathématiques, les locuteurs parlant hébreu sont restés à 490 points, mais les arabophones ont obtenu 379 points, soit une baisse de 12 points. La moyenne de l’OCDE est de 489, avec une moyenne de 463 pour Israël, en baisse de sept points.

Enfin, dans le domaine des sciences, les étudiants israéliens de langue hébraïque sont restés à 491 points, tandis que les étudiants arabes ont chuté de 26 points à 375. La moyenne de l’OCDE est de 489 points et celle d’Israël est de 462, soit une baisse de cinq points depuis 2015.

Le député Ahmad Tibi de la Liste arabe unie lors d’une réunion du comité de la Knesset, le 26 octobre 2015. (Hadas Parush/Flash90)

Dans l’ensemble, le PISA a montré un écart de 144 points en lecture, 111 points en mathématiques et 116 points en sciences entre les locuteurs hébreux et arabes.

Les résultats ont suscité des critiques de la part des députés de l’opposition.

Le député Ahmad Tibi, de la Liste arabe unie composée de partis à prédominance arabe, a tweeté que les résultats du PISA sont « un échec du ministère de l’Éducation à inclure la société arabe, ce qui nécessite des conclusions et des améliorations ».

Le député Benny Gantz, chef du parti d’opposition Kakhol lavan, a déclaré dans un communiqué : « Nous n’accepterons pas une situation dans laquelle Israël occupe le premier rang pour ce qui est des écarts en matière de résultats scolaires. Israël devrait être un leader dans le domaine de l’éducation. »

« Les résultats de l’enquête PISA, qui indiquent une baisse pour la plupart des indices – et pire encore, l’aggravation des écarts de performance – exigent que nous fassions tous une pause, que nous changions de cap et définissions un programme national pour assurer à tous des chances égales dans le système éducatif, » a-t-il affirmé.

Le chef du parti Kakhol lavan Benny Gantz durant une réunion de faction à la Knesset de Jérusalem, le 2 décembre 2019. (Crédit : Hadas Parush/Flash90)

Les tests PISA évaluent les compétences scolaires des jeunes de 15 ans tous les trois ans.

Le ministère a indiqué que le groupe de travail examinera le programme, le matériel et les méthodes d’enseignement en langue arabe, ainsi que la manière dont le financement des heures d’enseignement supplémentaires dans la communauté arabe a été utilisé. Une attention particulière sera accordée aux communautés bédouines du sud.

Dans l’ensemble, Israël s’est classé 37e sur 79 pays participants. En lecture, Israël est 37e, en mathématiques 41e et en sciences 42e.

Photo d’illustration d’une salle de classe israélienne. (Crédit : Kobi Gideon/Flash90)

L’Autorité nationale pour le bilan et l’évaluation dans l’éducation, un organisme indépendant au sein du ministère de l’Éducation, a déclaré qu’en Israël, les tests ont été effectués en mars 2018, sur un échantillon de 6 623 élèves de troisième et de seconde de 174 écoles.

Un autre indicateur significatif des résultats, selon l’Autorité nationale, est le nombre moyen d’élèves israéliens exceptionnels dans les trois compétences évaluées : 3 %, qui correspond à la moyenne de l’OCDE. Cependant, le nombre d’étudiants d’Israël ayant montré des difficultés était de 22 %, contre 13 % en moyenne dans les pays de l’OCDE.

Parmi les locuteurs en hébreu, 12 % des élèves ont été classés comme ayant des difficultés alors que dans la population arabe, la proportion était de 53 %.

La Chine arrive en tête de la liste de résultats du PISA avec des notes de 555 en lecture, 591 en mathématiques et 590 en sciences.

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