La Bat Mitzvah d’une fille non-voyante a permis d’innover en technologie Braille
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La Bat Mitzvah d’une fille non-voyante a permis d’innover en technologie Braille

Un ingénieur logiciel a créé un programme pour traduire les versets de la Bible avec leur cantillation, permettant à Batya Sperling-Milner d'avoir une cérémonie comme ses amies

Batya Sperling Milner lit un texte biblique en braille (Copie d'écran vidéo du "Washington Post")
Batya Sperling Milner lit un texte biblique en braille (Copie d'écran vidéo du "Washington Post")

Lorsqu’une jeune fille juive de 12 ans, originaire de Washington, DC, a dit à sa famille qu’elle voulait organiser une bat mitzvah comme tout le monde autour d’elle, cela a soulevé un véritable casse-tête.

Ce n’est pas tant que Batya Sperling-Milner soit de sexe féminin – sa famille est modern orthodox – mais qu’elle soit aveugle.

Le Washington Post a rendu compte cette semaine de la mission et des défis posés par Sperling-Milner.

Les bar ou bat mitzvah lisent souvent des extraits de la Torah et dirigent également une partie de l’office du Shabbat. Et bien qu’il existe des bibles en braille, il n’y a pas de caractères braille pour les cantillations – les notations spéciales qui indiquent comment chaque mot doit être chanté.

Certains enfants aveugles apprennent les cantillations par cœur. Mais la section de la Torah que devait lire  ,:; Sperling-Milner était particulièrement longue, et dans sa communauté – bien qu’elle soit libérale dans certains domaines – se tromper d’une seule note aurait été un problème.

Sperling-Milner a dit lors d’une répétition : « Quand je me tiens debout ici, je pense aux gens qui ont lu avant moi et je veux faire ce qu’ils ont fait. Je veux faire ce que l’on est censé faire selon la loi juive. »

La famille a recruté un ami israélien, l’ingénieur en informatique Danny Sadinoff, pour créer de tout nouveaux caractères braille pour la cantillation, et pour concevoir un programme qui peut prendre n’importe quel texte noté et le transformer en texte Braille avec les symboles musicaux.

Sadinoff a même créé un symbole en braille qui avertit les lecteurs qu’une notation musicale est à venir, afin qu’ils ne soient pas pris au dépourvu.

La famille a été confrontée à un autre problème – la légitimité discutable, chez certains, de la lecture de la Torah par des aveugles. La question a longtemps été controversée, certains rabbins insistant sur le fait que le lecteur doit voir le parchemin à mesure que le texte est lu.

C’est ce qui a conduit la maman de Batya, Aliza Sperling, à préparer une conférence de 2h30 sur le sujet pour l’assemblée, avant la cérémonie.

Au final, le droit de Batya à avoir sa cérémonie a été accepté par tous et la journée festive s’est déroulée sans accroc.

Le chef de la congrégation, le rabbin Shmuel Herzfeld, a résumé la situation : « Chaque personne dans la synagogue est venue l’entendre lire, et nous avons tous senti que nous étions en présence de la splendeur ».

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