Israël en guerre - Jour 150

Rechercher

La BBC critiquée pour le choix d’un candidat à l’Eurovision qui accuse Israël de « génocide »

Olly Alexander a signé une lettre en octobre condamnant le « philosémitisme irréfléchi » de ceux qui hésitent à critiquer la guerre contre le Hamas ; l'ambassade d'Israël dénonce des « propos cruels »

Olly Alexander pose pour les photographes au Royal Albert Hall, à Londres, le 1er décembre 2023. (Crédit : Millie Turner/Invision/AP)
Olly Alexander pose pour les photographes au Royal Albert Hall, à Londres, le 1er décembre 2023. (Crédit : Millie Turner/Invision/AP)

La BBC a été la cible de critiques, cette semaine, pour avoir sélectionné un candidat à l’Eurovision de l’an prochain qui accuse Israël d’être un « régime d’apartheid » coupable de nettoyage ethnique.

Olly Alexander, 33 ans, a été choisi cette semaine par le radiodiffuseur public britannique pour représenter le pays au concours international de la chanson, en Suède, en mai prochain.

A l’annonce de sa sélection, les médias ont rappelé qu’il avait signé une lettre publiée en octobre par le groupe d’activistes LGBTQ Voices4London accusant Israël de « génocide » à Gaza et affirmant que « le gouvernement israélien continuait d’anéantir des familles palestiniennes ».

Toujours selon cette lettre, le conflit n’est que « l’aggravation du régime d’apartheid de l’État d’Israël, qui procède à une purification ethnique du pays ». Elle laisse par ailleurs entendre que « le philosémitisme irréfléchi, qui dissuade de critiquer un génocide de peur d’être perçu comme critique du peuple juif, n’est rien sinon une autre forme d’antisémitisme ».

Déjà critiquée pour sa couverture de la guerre entre Israël et le Hamas, la BBC est aujourd’hui en butte à la réprobation du Parti conservateur au pouvoir au Royaume-Uni, de l’ambassade d’Israël et d’autres groupes en raison de son choix d’Alexander.

Selon le UK Telegraph, la BBC « n’a aucune intention de prendre des mesures » contre Alexander pour cette lettre signée en octobre, avant sa sélection comme candidat du pays à l’Eurovision. Normalement, les participants au concours sont supposés ne pas faire de déclarations politiques, mais le concours est inévitablement lié à la situation géopolitique du moment.

Illustration : Les animateurs Alesha Dixon, Graham Norton, Hannah Waddingham et Julia Sanina sur scène lors de la finale du concours Eurovision 2023, le 13 mai 2023, à la M&S Bank Arena de Liverpool, dans le nord de l’Angleterre. (Crédit : Paul Ellis/AFP)

L’ambassade d’Israël au Royaume-Uni a tweeté jeudi que « [Alexander] est clairement diplômé de l’école du Moyen-Orient de TikTok. Nous serions heureux d’organiser un voyage pour vous permettre de visiter les sites des massacres du 7 octobre en Israël, là où les droits des personnes LGBTQ+ sont reconnus et protégés. Hélas, nos voisins ne peuvent pas garantir la même chose. »

Le porte-parole de l’ambassade a par ailleurs déclaré au Telegraph qu’une « fois de plus, la BBC s’est totalement affranchie de toute forme d’impartialité », ajoutant que le choix d’Alexander, en dépit de son alignement sur « des propos cruels pour les Israéliens était des plus préoccupants ».

L’ONG britannique Campaign Against Antisemitism a écrit sur X : « Au moment où près de sept Juifs britanniques sur dix ont peur de dire ce qu’ils sont en public, Alexander n’est pas la personne idoine pour représenter notre pays. »

Selon une source au sein du Parti conservateur, citée par le Telegraph, « le fait de permettre à un chanteur ouvertement anti-Israël de concourir sur la même scène qu’Israël est soit une grossière erreur, soit une énorme démonstration de culot de la part de la BBC », ajoutant « Non contents d’avoir déjà refusé de qualifier le Hamas d’organisation terroriste, on aurait pu penser que les patrons de la BBC feraient en sorte d’éviter de nouveaux faux-pas diplomatiques ».

Le porte-parole du radiodiffuseur public Kan, en charge de la candidature d’Israël au concours, n’a pas souhaité s’exprimer sur ce point.

La BBC faisait déjà face à de vives critiques de la part de responsables israéliens ou britanniques pour son refus de qualifier le Hamas d’organisation terroriste et sa couverture du conflit.

Des manifestants brandissant des pancartes et drapeaux israéliens à un rassemblement devant le siège de la BBC (British Broadcasting Corporation) à Londres, le 16 octobre 2023, pour tenter de la convaincre de qualifier le Hamas de « terroriste ». (Crédit : Daniel Leal / AFP)

A mesure que les critiques internationales à l’égard de l’offensive israélienne à Gaza se sont multipliées, ces deux derniers mois, des voix se sont élevées pour exiger que le pays ne participe pas à l’Eurovision 2024, comme ce fut le cas pour la Russie l’an dernier en raison de l’invasion de l’Ukraine.

L’Union européenne de radio-télévision, qui organise et supervise le concours, n’a pas cédé à ces appels, rappelant au contraire qu’Israël participerait bien au concours l’an prochain.

Israël – dont la candidate Noa Kirel s’est hissée à la troisième place au concours de cette année, à Liverpool – devrait bientôt annoncer le nom de son candidat lors d’un émission – retardée par la guerre – du concours de chant de télé-réalité « The Next Star ».

L’État juif participe à cette compétition internationale depuis 1973, qu’il a remporté à quatre reprises : en 1978, avec « A-ba-ni-bi » d’Izar Cohen, en 1979, avec « Hallelujah » de Milk and Honey, en 1998, avec « Diva » de Dana International et enfin en 2018, avec « Toy » de Netta Barzilai.

En savoir plus sur :
S'inscrire ou se connecter
Veuillez utiliser le format suivant : example@domain.com
Se connecter avec
En vous inscrivant, vous acceptez les conditions d'utilisation
S'inscrire pour continuer
Se connecter avec
Se connecter pour continuer
S'inscrire ou se connecter
Se connecter avec
check your email
Consultez vos mails
Nous vous avons envoyé un email à gal@rgbmedia.org.
Il contient un lien qui vous permettra de vous connecter.