La Belgique boycotte la Conférence de l’ONU de Durban à cause de l’antisémitisme
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La Belgique boycotte la Conférence de l’ONU de Durban à cause de l’antisémitisme

Les États-Unis, le Royaume-Uni, Israël, le Canada et la France vont aussi boycotter cette réunion du 22 septembre pour les mêmes raisons

La rangée de drapeaux devant l'Assemblée générale de l'ONU, au siège de l'agence à New York, le 16 septembre 2010. (Crédit : Yerpo/CC BY-SA/Wikimedia Commons)
La rangée de drapeaux devant l'Assemblée générale de l'ONU, au siège de l'agence à New York, le 16 septembre 2010. (Crédit : Yerpo/CC BY-SA/Wikimedia Commons)

La Belgique n’enverra pas de ministres à la conférence de suivi de la Conférence de l’ONU contre le racisme, dite « Conférence de Durban », a décidé le gouvernement belge vendredi lors d’une réunion ministérielle. La décision vise à dénoncer les propos antisémites prononcés lors de précédentes éditions.

Plusieurs pays, dont les États-Unis, le Royaume-Uni, Israël, le Canada et plusieurs pays européens, dont la France, avaient déjà décidé de boycotter pour les mêmes raisons cette réunion, organisée par l’ONU le 22 septembre pour le 20e anniversaire de la conférence mondiale contre le racisme en 2001 à Durban (Afrique du Sud).

« Il est évident que cette conférence est devenue un lieu où la parole antisémite et parfois révisionniste a tenu le haut du pavé. Nous ne souhaitons pas valider cela par une présence ministérielle », a déclaré Sophie Wilmès, ministre belge des Affaires étrangères. Un diplomate belge – ou une représentation non politique – pourrait néanmoins représenter le pays.

Le parti N-VA (droite flamande) réclamait depuis fin août le boycott du sommet par la Belgique. Bart de Wever, président du parti et bourgmestre d’Anvers, avait affirmé que les différentes conférences « ont été détournées par les pays arabes et les ONG d’extrême gauche et ont ainsi dégénéré en un festival de haine contre les Juifs et Israël ».

Avant l’annonce de boycott, Yohan Benizri, président du Comité de coordination des organisations juives de Belgique (CCOJB), avait déclaré : « Nous connaissons et respectons la forte position multilatérale de la Belgique et ses engagements diplomatiques. Il ne s’agit pas de les remettre en question, mais de se rendre compte que l’insistance à participer à cette mascarade est devenue intenable. L’erreur est humaine, mais persister dedans est diabolique. L’honneur de notre pays est en jeu et sa crédibilité dans la lutte contre l’antisémitisme a déjà été fortement entamée ces dernières années. »

De nombreux pays occidentaux, dont la France, avaient déjà boycotté la conférence de suivi de Durban en 2009, ainsi que celle de 2011, pour s’élever contre les déclarations antisémites qui y étaient prononcées.

Iranian President Mahmoud Ahmadinejad (photo credit: CC-BY-Daniella Zalcman, Wikimedia Commons)
Mahmoud Ahmadinejad, alors président iranien, avait promis de conquérir la technologie aérienne. (Crédit: Daniella Zalcman/CC-BY/Wikimedia Commons)

Lors de l’évènement en 2009, le président iranien d’alors, Mahmoud Ahmadinejad, avait suscité l’indignation en déclarant le gouvernement israélien « cruel et raciste » – ce qui avait provoqué le départ de diplomates européens et de nombreuses condamnations de la part de la communauté internationale.

Lors des conférences passées, outre les propos publics de responsables qualifiant notamment Israël d’« État raciste » et l’accusant d’« actes de génocide », des exemplaires du faux antisémite Protocole des Sages de Sion ont été vendus lors d’un grand forum réunissant des ONG, des prospectus à l’effigie d’Hitler ont été distribués et des participants juifs ont été insultés et menacés, selon le site jewishvirtuallibrary.org.

La première conférence de Durban, du 31 août au 8 septembre 2001, quelques jours avant les attaques terroristes du 11 septembre, avait été marquée par de profondes divisions sur les questions de l’antisémitisme, du colonialisme et de l’esclavagisme. Les États-Unis et Israël avaient quitté la conférence en protestant contre le ton de la réunion.

L’AFP a contribué à cet article.

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