La communauté juive du Yémen, une des plus anciennes du monde
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La communauté juive du Yémen, une des plus anciennes du monde

Descendants des juifs envoyés en Arabie voilà 2 500 ans par le roi Salomon, les juifs yéménites réputés pour être de bons artisans vivaient surtout dans le nord du pays, aujourd'hui contrôlé par les rebelles chiites Houthis

Le dernier groupe d'immigrants juifs en provenance du Yémen arrivant en Israël accompagné d'un ancien rouleau de la Torah, le 20 mars 2016 (Crédit : Arielle Di-Porto pour l'Agence juive pour Israël)
Le dernier groupe d'immigrants juifs en provenance du Yémen arrivant en Israël accompagné d'un ancien rouleau de la Torah, le 20 mars 2016 (Crédit : Arielle Di-Porto pour l'Agence juive pour Israël)

La communauté juive du Yémen, dont Israël a annoncé lundi l’exfiltration d’un nouveau groupe de 19 membres, est l’une des plus anciennes du monde.

A la fin des années 1940, le Yémen comptait environ 50.000 juifs.

Mais il n’en restait plus que 1.200 après le départ de la très grande majorité d’entre eux après la fin de la première guerre israélo-arabe ayant suivi la création de l’Etat d’Israël en 1948.

Ils ont été exfiltrés au fur et à mesure notamment après la levée en 1993 de l’interdiction de voyager qui les avait frappés au début des années 1990.

Après cette dernière exfiltration, une cinquantaine de juifs dont une quarantaine à Sanaa ont décidé de rester au Yémen, un pays ravagé par la guerre depuis près d’un an.

« C’est la fin de la communauté (juive du Yémen) en tant que telle », selon Yigal Palmor, directeur de la communication de l’Agence juive, organisation paragouvernementale oeuvrant à l’immigration des juifs en Israël.

Descendants des juifs envoyés en Arabie voilà 2.500 ans par le roi Salomon, les juifs yéménites réputés pour être de bons artisans vivaient surtout dans le nord du pays, aujourd’hui contrôlé par les rebelles chiites Houthis.

Seuls quelque 300 juifs vivaient encore au Yémen au début des années 2000, un nombre encore régulièrement réduit depuis avec la montée des jihadistes sunnites d’Al-Qaïda et plus récemment du groupe Etat islamique (EI), les menaces de la rébellion chiite puis la guerre qui sévit depuis mars 2015.

Parmi ceux concernés par cette dernière opération de transfert en Israël, 14 ont été exfiltrés de Raïda, y compris le rabbin de la communauté, qui a emporté un rouleau de la Torah peut-être vieux de 500 ou 600 ans.

« Les juifs qui ont émigré au Yémen après le siège de Jérusalem par l’empereur romain Titus se comptaient par dizaines de milliers. Ils étaient présents partout », expliquait en 2000 à l’AFP, le rabbin de l’époque à Raïda (80 km au nord de Sanaa), Yaïch ben Yahian.

En 2000, ses enfants et petits-enfants étaient déjà partis mais il expliquait avoir choisi de rester au Yémen après avoir tenté un moment de vivre en Israël. « Je n’ai pas pu supporter y vivre. Ici, je me sens dans mon élément », confiait-il alors à l’AFP.

Connu pour ses compétences de guérisseur, le rabbin était sollicité par les juifs comme les musulmans : « nous mâchons ensemble du qat », une herbe euphorisante consommée à grande échelle au Yémen.

En Israël, la communauté juive yéménite compte des stars de la chanson comme les trois soeurs du groupe A-WA ou la grande Ofra Hazah, décédée en 2000 et qui avait pu se rendre à deux reprises au Yémen, en 1988 et 1995 avec un passeport américain.

Les sœurs israéliennes Tair (au centre) 31 ans, Liron (à gauche) 29 ans et Tagel (à droite) 25 ans, les membres du groupe folk A-WA, (prononcé "Aywa," ou oui en arabe), lors d'un spectacle à Jérusalem, le 28 janvier 2016 (Crédit : AFP / MENAHEM KAHANA)
Les sœurs israéliennes Tair (au centre) 31 ans, Liron (à gauche) 29 ans et Tagel (à droite) 25 ans, les membres du groupe folk A-WA, (prononcé « Aywa, » ou oui en arabe), lors d’un spectacle à Jérusalem, le 28 janvier 2016 (Crédit : AFP / MENAHEM KAHANA)
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