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La détention d’un gynécologue prolongée ; l’une des plaintes pour viol abandonnée

La police a déclaré qu'elle examinera les autres plaintes déposées auprès du ministère de la Santé ; ce médecin très médiatique est soupçonné d'attentat à la pudeur

Le docteur Guy Rofe, un gynécologue qui a été arrêté , soupçonné de harcèlement sexuel, à la cour des magistrats de Haïfa, le 4 janvier 2022. (Crédit : Alon Nadav/Flash90)
Le docteur Guy Rofe, un gynécologue qui a été arrêté , soupçonné de harcèlement sexuel, à la cour des magistrats de Haïfa, le 4 janvier 2022. (Crédit : Alon Nadav/Flash90)

La police a déclaré dimanche à la cour des magistrats de Haïfa qu’une accusation de viol contre un gynécologue très suivi sur les réseaux sociaux était abandonnée, mais le tribunal a ordonné son maintien en détention pour quatre journées supplémentaires.

Guy Rofe, 44 ans, avait été arrêté la semaine dernière après le dépôt de plaintes pour viol, harcèlement sexuel et attentat à la pudeur de la part de trois anciennes patientes âgées d’une vingtaine d’années.

La police a indiqué dimanche aux magistrats qu’avec les progrès réalisés par l’enquête, elle ne se pencherait dorénavant que sur deux accusations d’attentat à la pudeur qui avaient été soumises par deux femmes. Les plaintes sont liées à des incidents présumés qui seraient survenus en 2016 et en 2019.

La décision de la police n’affecte pas pour autant une accusation de viol lancée à l’encontre du médecin et déposée auprès du ministère de la Santé, selon la presse israélienne, qui a précisé que huit plaintes au total avaient été soumises au ministère.

La police a indiqué qu’elle examinerait ces huit plaintes et elle a demandé à ce que le praticien reste en détention jusqu’à la fin des investigations.

La juge Meirav Klempner Navon a noté lors de l’audience qu’il y avait apparemment des preuves convaincantes qui avaient été recueillies contre le suspect.

De son côté, l’avocat de Rofe, qui avait demandé que son client soit assigné à résidence, a fait appel de cette ordonnance prolongeant la détention du gynécologue, a fait savoir la Douzième chaîne.

Si le tribunal avait estimé antérieurement s’inquiéter de ce que Rofe puisse perturber l’enquête s’il était libéré, il a néanmoins rejeté l’argument avancé par l’accusation qui avait affirmé que les articles et autres reportages parus dans les médias dans ce dossier pourraient avoir une influence sur le jugement de la cour.

Ce sont au moins quinze femmes qui ont témoigné récemment sur les réseaux sociaux ou dans les médias israéliens sur les messages privés obsessionnels et à caractère sexuel que Rofe leur envoyait, tout en franchissant les limites lorsqu’il recevait les patientes.

Ces dernières étaient notamment touchées contre leur volonté ; il insérait son doigt dans leurs parties intimes ; il exerçait des pressions de manière à ce qu’elles prennent leur médecin dans les bras ou l’embrassent ; il leur faisait ôter leurs vêtements ou leur faisait passer une mammographie non-nécessaire, en plus d’avances clairement sexuelles. Dans un cas, il avait offert à une femme un emploi de secrétaire en exigeant des relations sexuelles régulières en échange.

Rofe, de son côté, n’a cessé de clamer son innocence.

Le médecin, qui a des dizaines de milliers d’abonnés sur Instagram et qu’il a posté de nombreuses publications devenues virales sur la gynécologie, a informé toutes ses patientes qu’il arrêtait ses activités après l’annonce de son arrestation par les médias et ce « pour des raisons personnelles ». Il n’a pas précisé à cette occasion si cette interruption était temporaire ou s’il mettait définitivement un terme à sa carrière.

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