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La droite doit « combattre Zemmour de toutes ses forces », plaide Estrosi

Gérard Larcher estime de son côté que le polémiste "hystérise le débat" mais n'est pas raciste et est la conséquence des "renoncements" de la droite sur l'immigration et la sécurité

Christian Estrosi. (Crédit : capture d'écran Facebook)
Christian Estrosi. (Crédit : capture d'écran Facebook)

Eric « Zemmour ce n’est pas De Gaulle, c’est à peine sa rature » : le maire (ex-LR) de Nice Christian Estrosi appelle la droite, dans une tribune au Journal du dimanche, à « combattre de toutes ses forces » le polémiste d’extrême droite.

Face à l’émergence médiatique de « cette version de l’extrême droite corrigée des variations saisonnières », Christian Estrosi estime que « c’eut été à la droite, dont il entend siphonner les électeurs, de mener la riposte ».

Mais « elle a hélas déserté ce combat », regrette-t-il.

« Lorsque j’entends Eric Zemmour se réclamer (de De Gaulle) et affirmer qu’il reconstruit le RPR, je ne ris plus. C’est l’indignation qui me submerge », écrit l’édile niçois.

Pour l’instant pas candidat à la présidentielle, « Eric Zemmour prétend que Pétain a sauvé les juifs de France. Honte à lui », poursuit Chistian Estrosi.

« Eric Zemmour plaide pour la confusion des droites et certains, au sein de mon ancienne famille politique, pactisent avec cette folie. Il n’y a pas de continuum entre la droite républicaine et l’extrême droite, il y a une irréversible différence de nature », affirme le fondateur du mouvement « La France audacieuse ».

« Il est le partisan d’une nationalité racialisée, rejetant de la communauté nationale quiconque n’aurait pas la peau suffisamment blanche. La droite, si elle avait un tant soit peu de courage, aurait pu et dû rappeler l’attachement des dirigeants du RPR puis de l’UMP au droit du sol », argue M. Estrosi.

« Gaullistes, il ne nous faut pas simplement affirmer que nous n’avons rien à voir avec lui, ni avec ses anathèmes, c’est trop peu », juge celui qui a quitté Les Républicains en mai dernier. « Il faut les combattre de toutes nos forces, au nom du passé, au nom de l’avenir ».

Gérard Larcher, le 19 février 2019 (Crédit : capture d’écran BFMTV)

Le président LR du Sénat Gérard Larcher estime de son côté que le polémiste d’extrême droite « hystérise le débat » mais n’est pas raciste et est la conséquence des « renoncements » de la droite sur l’immigration et la sécurité, dans un entretien au Journal du dimanche.

Interrogé sur le fait de savoir si Eric Zemmour était raciste, Gérard Larcher répond : « Non, mais je n’aime pas sa façon de réécrire l’Histoire. Il hystérise le débat. Il divise, il fracture, alors qu’il faut rassembler ».

Selon le sénateur, « il abîme la nation alors qu’il prétend la réhabiliter », or « la France, ça ne peut pas être : haïssez-vous les uns les autres ».

Pour autant, Gérard Larcher juge qu’Eric Zemmour « aborde de vraies questions ». Par exemple, « nos capacités d’intégration et d’assimilation sont saturées », clame le parlementaire.

« C’est un miroir que nous tendent des millions de Français, qui nous reprochent nos renoncements, notamment sur la question migratoire, l’insécurité et l’identité », explique-t-il. A ses yeux, « il n’y aurait ni phénomène Le Pen ni phénomène Zemmour si nous avions mieux traité ces questions ».

Gérard Larcher rend hommage au dernier président de la droite classique en date: « Quand Nicolas Sarkozy avait voulu ouvrir le débat sur l’identité nationale, on s’interrogeait, moi le premier. Mais il avait raison ».

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