La droite nationaliste allemande se sépare d’un élu antisémite
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La droite nationaliste allemande se sépare d’un élu antisémite

Une procédure d'exclusion de Wolfgang Gedeon, du groupe parlementaire de l'Alternative pour l'Allemagne (AfD) au parlement régional du Bade-Wurtemberg, a été initiée par le président du parti dans cette région du sud de l'Allemagne, Jörg Meuthen

Wolfgang Gedeon, député du parti Alternative pour l'Allemagne (Afd), à la télévision allemande le 2 juin 2016. (Crédit : capture d'écran YouTube)
Wolfgang Gedeon, député du parti Alternative pour l'Allemagne (Afd), à la télévision allemande le 2 juin 2016. (Crédit : capture d'écran YouTube)

Le parti de droite populiste allemand AfD a annoncé mercredi sa décision d’exclure un de ses élus locaux au centre d’une polémique pour propos antisémites, qui a fait vaciller la direction du mouvement et contribué à sa chute dans les sondages.

Cette décision met fin à des déchirements internes autour du sort à réserver à l’élu Wolfgang Gedeon qui, dans un livre intitulé « Le communisme vert et la dictature des minorités », écrit notamment que « le judaïsme du Talmud est l’ennemi intérieur de l’Occident chrétien » et s’étonne que les Allemands trouvent normal d’avoir érigé au cœur de Berlin un mémorial de l’Holocauste.

Cette sortie avait amené M. Meuthen à claquer la porte de son propre groupe parlementaire, avec 13 autres élus, afin de protester contre le refus des autres membres d’exclure l’auteur des propos controversés.

Finalement, ces derniers ont accepté mardi d’obtempérer.

Cette passe d’armes a accentué les rivalités au niveau national entre les différents dirigeants et courants de ce parti, qui a beaucoup progressé dans l’opinion ces derniers mois en surfant sur les craintes provoquées par l’arrivée d’un nombre record d’un million de migrants dans le pays en 2015.

Elle a opposé en particulier les deux principaux représentants du mouvement, M. Meuthen, et Frauke Petry.

M. Meuthen insiste pour que l’AfD se dissocie clairement de l’extrême-droite, une proximité difficile à porter politiquement en Allemagne en raison de l’histoire nazie du pays. Mme Petry est plus ambigüe sur le sujet. Au-delà des rivalités de pouvoir se greffent aux débats de fond.

Cette affaire contribue à l’érosion de l’AfD dans les sondages.

Dans une enquête publiée mercredi pour le magazine Stern et la chaîne de télévision RTL, il ne recueille plus que 8% des intentions de vote. D’autres sondages le pointent aussi sous la barre des 10% alors qu’il est monté jusqu’à 15% au printemps et a fait une entrée spectaculaire dans plusieurs parlements régionaux allemands lors d’élections en mars, avec notamment un score de près de 25% dans un Etat régional de l’Est de l’Allemagne.

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