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La faim a tué au moins 500 enfants au Soudan en guerre

En mai, l'usine dont sortaient 60 % des traitements nutritionnels pour enfants a été détruite ; L'ONG Save the Children, incapable d'opérer au milieu des combats, a dû cesser de traiter "31 000 enfants souffrant de malnutrition"

Cette photo prise le 20 juin 2023 montre des hommes et des enfants soudanais déplacés remplissant des conteneurs d'eau à Wad Madani, la capitale de l'État soudanais d'al-Jazirah. (Crédit : AFP)
Cette photo prise le 20 juin 2023 montre des hommes et des enfants soudanais déplacés remplissant des conteneurs d'eau à Wad Madani, la capitale de l'État soudanais d'al-Jazirah. (Crédit : AFP)

Au moins 498 enfants « et probablement des centaines d’autres encore » sont morts de faim en quatre mois de guerre au Soudan, a rapporté mardi l’ONG Save the Children.

Dans un pays où avant la guerre, un habitant sur trois souffrait de la faim, « des enfants meurent de faim alors que cela aurait tout à fait pu être évité », s’alarme Arif Noor, son directeur au Soudan, dans un communiqué.

« Au moins 498 enfants au Soudan et probablement des centaines d’autres sont morts de faim » depuis le début de la guerre le 15 avril, ajoute-t-il. « Nous n’aurions jamais imaginé voir autant d’enfants mourir de faim mais c’est la nouvelle réalité du Soudan. »

Et la situation pourrait empirer car Save the Children, incapable d’opérer au milieu des combats, a dû cesser de traiter « 31 000 enfants souffrant de malnutrition ». En mai, l’usine dont sortaient 60 % des traitements nutritionnels pour enfants a été détruite.

La guerre – qui pourrait durer des années selon les experts – entre l’armée et les Forces de soutien rapide (FSR, paramilitaires) a fait depuis le 15 avril environ 5 000 morts, selon un bilan de l’ONG Armed Conflict Location & Event Data Project (Acled).

Elle a aussi forcé plus de quatre millions de personnes à fuir.

Des évacués du Soudan attendent à l’aéroport international de Bagdad le 18 juin 2023. Parmi les 165 évacués figurent « des dizaines de ressortissants syriens et soudanais », a indiqué le ministère irakien des Affaires étrangères. (Crédit : Murtaja LATEEF / AFP)

Face à l’horreur, la communauté internationale peine à financer l’aide aux déplacés, réfugiés, blessés et autres victimes de violences sexuelles, alors que la justice internationale s’inquiète de « crimes de guerre ».

Les humanitaires, empêchés d’entrer ou de circuler par les autorités et attaqués, répètent qu’ils n’ont reçu que 27 % de leurs besoins de financement.

Mardi, les violences se sont poursuivies, principalement à Khartoum et au Darfour, région occidentale grande comme la France où vivent un quart des quelque 48 millions de Soudanais.

Là, les combats se concentrent à Nyala, chef-lieu du Darfour-Sud, où depuis le 11 août ils ont fait « 60 morts, 250 blessés et 50 000 déplacés », selon l’ONU.

L’armée a rapporté que son commandant local y avait été « assassiné » lundi.

Alors que les combats empêchent l’accès des camions chargés de l’aide humanitaire, l’hôpital turc, le seul qui fonctionne encore à Nyala, a affirmé être submergé par l’afflux des blessés.

Récemment la guerre a aussi gagné el-Facher, chef-lieu du Darfour-Nord après que, selon le laboratoire en recherche humanitaire de l’Université américaine de Yale, au moins 27 localités du Darfour ont été incendiées par les FSR et des milices arabes alliées.

« Personne n’arrête les FSR, elles se déplacent librement alors que l’armée est retranchée dans ses bases », assure à l’AFP Nathaniel Raymond, directeur de ce laboratoire qui collabore avec le Conflict observatory.

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