La famille de Barel Shmueli exige une commission d’enquête militaire
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La famille de Barel Shmueli exige une commission d’enquête militaire

Les proches se demandent pourquoi le transfert à l'hôpital a été fait en ambulance et non en hélicoptère, et comment l'armée n'a pas pu empêcher l'arrivée brutale des émeutiers

Les funérailles de Barel Hadaria Shmueli, de la police des frontières, le 30 août 2021. (Crédit : Porte-parole de la police)
Les funérailles de Barel Hadaria Shmueli, de la police des frontières, le 30 août 2021. (Crédit : Porte-parole de la police)

La famille de Barel Hadaria Shmueli, l’officier de la police des frontières qui a succombé lundi à ses blessures subies lors d’une violente émeute le long de la frontière de Gaza il y a dix jours, a réclamé la création d’une commission d’enquête militaire sur sa mort.

Un avocat de la famille a envoyé une lettre au chef d’état-major de Tsahal, Aviv Kohavi, et au commissaire de la police israélienne, Kobi Shabtai, dans laquelle il reproche à l’armée les événements qui ont conduit à la mort de Shmueli, y compris la façon dont il a été soigné juste après avoir été touché.

« La famille exige qu’une enquête rigoureuse, objective et indépendante soit menée et que toutes les conclusions nécessaires soient tirées – y compris en ce qui concerne le haut commandement – et que des mesures significatives et drastiques soient prises », peut-on lire dans la lettre. « La manière adéquate de mener cette enquête objective est une commission d’enquête militaire. »

Shmueli, 21 ans, a été enterré lundi soir au cimetière militaire de Kiryat Shaul à Tel Aviv lundi soir.

Il avait été grièvement blessé le 21 août lorsque des émeutiers de Gaza, lors d’un rassemblement organisé par le Hamas, se sont dirigés vers la barrière de sécurité. Sur les vidéos de la scène, on peut voir des émeutiers tenter de détruire puis d’arracher l’arme d’un soldat qui passait par un trou dans le mur de béton. On peut alors voir un homme courir vers le mur, sortir une arme qui était rangée dans sa ceinture et tirer trois coups de feu à travers le trou à bout portant. L’une des balles a touché Shmueli à la tête.

Les membres de sa famille ont vivement critiqué le gouvernement et les responsables de Tsahal dans les jours qui ont suivi sa blessure. Dans la lettre adressée à Kohavi, ils demandent comment le scénario qui a conduit à la mort de Shmueli a pu se produire.

« Comment des centaines de Palestiniens, qui se livraient à de violentes émeutes, ont-ils pu non seulement franchir la ligne de périmètre, mais aussi arriver jusqu’à la clôture ? « Pourquoi les snipers n’ont-ils pas tiré sur les principaux instigateurs alors qu’ils étaient encore loin de la clôture pour les empêcher d’y arriver ? Comment ces centaines d’émeutiers violents et menaçants ont-ils été autorisés à rester pendant une période aussi longue si près de la clôture ? »

L’officier de la police des frontières Barel Shmueli, grièvement blessé lors d’une fusillade à la frontière de Gaza le 21 août 2021. (Police des frontières)

La lettre aborde également la décision de l’armée de transférer Shmueli à l’hôpital Soroka de Beer Sheva en ambulance, et non en hélicoptère, un transfert qui a pris 51 longues minutes. Un responsable militaire a déclaré que cette option avait été jugée la plus rapide.

« Il y a également des questions concernant la préparation du traitement médical initial et l’état de préparation des forces médicales, ainsi que l’évacuation de Barel après qu’il a été blessé », écrit la famille dans la lettre.

« La famille n’a toujours pas reçu de réponses aux questions pressantes qui ont été soulevées », peut-on lire dans la lettre, « et les responsables qui les rencontrent leur disent d’attendre la fin de l’enquête, qu’ils sont contraints de rester informés par les médias sur les enquêtes qui ont été menées et leurs résultats et conclusions. »

Les premières conclusions de l’enquête militaire sur l’incident indiquent que les troupes n’étaient pas préparées à la ruée soudaine des émeutiers vers la barrière de sécurité. Les soldats stationnés à la frontière n’ont pas immédiatement ouvert le feu sur les nombreux émeutiers qui ont soudainement attaqué la clôture, par crainte de toucher des civils qui se trouvaient dans la zone, a déclaré un responsable militaire.

Les émeutiers ont couru vers la frontière si rapidement que Shmueli et les autres soldats qui l’accompagnaient ne savaient apparemment pas à quelle distance ils se trouvaient jusqu’à ce qu’ils atteignent le mur de béton utilisé comme couverture, malgré les nombreux équipements de reconnaissance présents à la frontière, notamment des drones et de puissantes caméras de surveillance, a déclaré un responsable.

Le tronçon du mur de béton où l’attaque s’est produite a été spécifiquement construit à la suite d’une série d’émeutes régulières le long de la frontière de Gaza en 2018. Cependant, il ne fonctionne comme une position défensive correcte que lorsque les émeutiers sont à une bonne distance, car les tireurs d’élite peuvent alors tirer sur les menaces potentielles à travers la petite fente, tout en étant protégés des tirs de snipers ennemis et d’autres attaques.

Des émeutiers palestiniens affrontent les troupes israéliennes à la frontière entre Gaza et Israël, là l’est de Gaza City, le 21 août 2021. (Crédit :Abed Rahim Khatib/Flash90)

En revanche, si les émeutiers s’approchent du mur, les soldats israéliens de l’autre côté perdent toute visibilité et peuvent être attaqués, comme cela semble s’être produit samedi dernier, selon les premières conclusions de l’armée.

Un avocat de la famille a déclaré mardi matin à la radio 103FM que Shmueli n’avait pas reçu d’instructions adéquates de ses supérieurs sur la meilleure façon de gérer la violente émeute frontalière.

« Nous avons appris des amis de Barel que les instructions étaient tout au plus, vagues », a déclaré l’avocat Ran Cohen Rochberger. « Il y avait une instruction pour contenir l’incident et éviter tout dommage inutile ».

Rochberger a déclaré que la famille n’acceptera pas « le transfert de la responsabilité à un officier de rang inférieur… nous ne cherchons pas de coupables mais nous exigeons une enquête à tous les niveaux. Il est clair que l’échec ici était multi-systémique… pas seulement dans la police des frontières mais dans l’ensemble de l’armée israélienne ».

Lors des funérailles de Shmueli lundi soir, sa mère, Nitza Shmueli, a réitéré ses vives critiques à l’égard du gouvernement pour le scénario qui a conduit à la mort de son fils.

« Ils ont dit qu’ils ne savaient pas que le terroriste cachait une arme dans ses sous-vêtements. Je lance un appel au monde entier, au gouvernement d’Israël, à Tsahal, à la police israélienne, à la police des frontières – je veux que quelqu’un me dise – quand est-ce qu’un terroriste vient avec des baklavas, avec des bonbons ? Dites-moi quand, quand ? ! », a-t-elle crié.

« Le lendemain, ils ont fermé le trou », a déclaré Nitza à propos de l’ouverture dans le mur en béton le long de la frontière avec Gaza par laquelle le tireur a tiré.

Elle a qualifié le Premier ministre Naftali Bennett de « déchet pour l’État d’Israël », alors que la foule a hué à la mention de son nom. Et elle l’a une nouvelle fois fustigé pour avoir confondu le nom de Barel avec celui de son père, Yossi, lorsqu’il a appelé la famille la semaine dernière. « C’est grâce à ce combattant que [Bennett] a pu partir en vacances plusieurs jours plus tôt dans le nord ! ».

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