La famille de Dafna Meir, en deuil, refuse de se laisser aller à la haine
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La famille de Dafna Meir, en deuil, refuse de se laisser aller à la haine

Son mari dit qu’un ami palestinien de longue date, de la famille du tueur, est venu pour la shiva

Renana et Natan Meir (Crédit : capture d'écran Deuxième chaîne)
Renana et Natan Meir (Crédit : capture d'écran Deuxième chaîne)

Renana Meir était au téléphone avec une amie dimanche après-midi quand elle a entendu sa mère crier. Au début, la jeune fille de 17 ans a pensé que sa mère avait vu un cafard, mais a rapidement réalisé que quelque chose de terrible se passait.

L’adolescente s’est précipitée pour en savoir plus, et a trouvé sa mère en train de se battre avec l’adolescent palestinien qui l’a poignardée à mort.

« Quand je suis arrivée, elle était déjà au sol, je les ai vu se battre et j’ai crié de panique », a déclaré mercredi Renana au site d’informations Srugim.

« Il essayait de sortir le couteau de son corps pour nous attaquer, mais elle ne l’a pas laissé faire, a raconté Renana. Elle ne le laissait pas sortir le couteau d’elle, elle ne l’a pas laissé nous blessé. »

Renana et son père Natan ont donné plusieurs interviews mardi et mercredi, parlant les larmes aux yeux de Dafna avec joie et positivité, refusant sans cesse d’exprimer de l’amertume ou de la haine à la suite du meurtre.

Morad Bader Abdullah Adais, arrêté le 17 janvier 2016 pour le meurtre de Dafna Meir. (Crédit : autorisation)
Morad Bader Abdullah Adais, arrêté le 17 janvier 2016 pour le meurtre de Dafna Meir. (Crédit : autorisation)

Natan Meir a également révélé qu’il avait invité un ami palestinien de longue date, qui fait partie de la famille du meurtrier, à venir à la maison mercredi, et que cet ami était venu.

S’exprimant sur la Deuxième chaîne mercredi soir, Renana a déclaré qu’elle espérait que ses propres cris avaient aidé à effrayer le tueur, plus tard identifié comme Morad Bader Abdullah Adais. Il a été arrêté chez lui dans la nuit de lundi. Son père, qui affirme ne pas savoir que son fils prévoyait une attaque, aurait déclaré aux médias palestiniens qu’il était fier de son fils, mais un proche a démenti cette information sur une chaîne israélienne.

Renana a déclaré qu’après la fuite du terroriste, qui a laissé sa mère pour morte, elle a initialement essayé d’enlever le couteau. « Puis je me suis souvenu de ma formation du Magen David Adom, que vous n’enlevez aucun ‘objet étranger’. »

La famille et les amis de Dafna Meir à ses funérailles à Jérusalem, le 18 janvier 2016. Elle a été poignardée à mort dans l'entré de sa maison de l'implantation d'Otniel, en Cisjordanie, le 17 janvier. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
La famille et les amis de Dafna Meir à ses funérailles à Jérusalem, le 18 janvier 2016. Elle a été poignardée à mort dans l’entré de sa maison de l’implantation d’Otniel, en Cisjordanie, le 17 janvier. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

« Elle respirait toujours, a déclaré Renana à Srugim en parlant de sa mère. Je lui ai demandé de continuer à respirer et de ne pas arrêter, quoi qu’il arrive, mais je savais déjà qu’il était trop tard. Ma mère a continué à essayer de respirer, et j’ai senti qu’elle entendait que je lui parlais, même si elle ne pouvait pas répondre. »

« J’espère vraiment qu’elle n’a pas entendu tous mes cris, a dit Renana. D’abord j’ai appelé les secours, et après j’ai appelé mon père. »

« J’ai eu l’impression qu’il a fallu une éternité à l’ambulance pour arriver », a-t-elle déclaré à la Deuxième chaîne.

« Elle était vraiment comme une meilleure amie pour moi, nous n’avions pas une relation mère-fille classique. Nous parlions de tout, elle était toujours là pour moi. Notre famille, nous, ses enfants, étions tout son monde’, a déclaré Renana.

Dafna, 38 ans, infirmière, a laissé derrière elle son mari Natan, et quatre enfants âgés de 11 à 17 ans. La famille Meir accueillait aussi deux enfants, tous deux de moins de cinq ans. « Evidemment », les deux enfants adoptés resteront dans la famille après le meurtre de Dafna, a déclaré son mari mercredi.

Natan Meir a déclaré à Srugim qu’il avait entendu que sa femme était morte à la radio.

« J’étais chez le médecin avec notre plus jeune enfant quand Renana m’a appelé pour me dire qu’un terroriste avait poignardé sa mère, a-t-il déclaré. Et quand je l’ai rappelé, tout ce que Renana m’a dit était ‘ils s’occupent de maman’. »

« Je suis monté dans la voiture et ai mis la radio, j’ai entendu aux informations qu’une femme à Otniel avait été assassinée. J’ai éteins la radio, je savais que c’était elle », a raconté Natan.

« Je suis reconnaissant pour chaque minute que j’ai eu avec Dafna », a-t-il dit en larmes.

Dafna Meir et son mari Natan Meir, photo non datée. (Crédit : capture d'écran Facebook)
Dafna Meir et son mari Natan Meir, photo non datée. (Crédit : capture d’écran Facebook)

« Je l’ai aimé depuis la minute où nous nous sommes rencontrés, soldats tous les deux, jusqu’à son dernier jour », a-t-il déclaré.

« Je me souviendrais toujours de ses cheveux bouclés s’échappant de son chapeau d’hiver. »

Natan a déclaré qu’il a su qu’il voulait épouser Dafna quelques jours après l’avoir rencontrée.

« Elle voulait rapporter de la grâce et de la gentillesse dans ce monde », a-t-il déclaré, faisant référence à leur désir d’accueillir des enfants de foyers. Dafna elle-même a été en famille d’accueil quand elle avait 13 ans.

Dans un entretien avec le quotidien hébraïque Yedioth Ahronoth mardi, Natan a déclaré qu’il n’éprouvait pas de colère envers les Palestiniens en général pour la mort de sa femme.

Dafna Meir, assassinée à son domicile d'Otniel, le 17 janvier 2016 (Crédit : capture d'écran Deuxième chaîne)
Dafna Meir, assassinée à son domicile d’Otniel, le 17 janvier 2016 (Crédit : capture d’écran Deuxième chaîne)

« Nous n’avons pas de colère, a-t-il déclaré. Je ne suis en colère contre personne. Nous ne nous remplissons pas de ça. Nous n’insultons pas les Arabes. Je m’assois et parle avec mes enfants et je n’ai pas entendu un seul mot pareil. Nous ne sommes pas des personnes qui haïssent. Dafna et moi n’avons pas été élevés comme ça. »

Natan Meir a déclaré à la Deuxième chaîne mercredi soir qu’un Palestinien qui vivait dans un village voisin est venu lui présenter ses condoléances, à son invitation. Ce Palestinien, un ami de longue date, a déclaré Natan, fait partie de la famille du garçon de 16 ans qui a tué sa femme.

« Je suis certain que s’il avait su, il aurait empêché le terroriste de venir ici, même au prix de sa propre vie, a déclaré Natan en parlant de son ami palestinien. Notre amitié est bien plus forte que ça. J’ai demandé à tous mes amis, tout le monde, juifs ou pas, de venir (à la shiva). Nous sommes de bons amis. Les larmes dans ses yeux le montraient. »

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