La famille de la femme enceinte décédée du Covid évoque ses positions anti-vax
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La famille de la femme enceinte décédée du Covid évoque ses positions anti-vax

Le beau-frère d'Osnat Ben Shitrit a admis avoir créé un groupe en ligne contre la campagne vaccinale ; les soeurs de la défunte disent qu'elle craignait pour son bébé

Osnat Ben Shitrit. (Crédit : Instagram)
Osnat Ben Shitrit. (Crédit : Instagram)

Une femme enceinte, décédée dans la nuit de samedi à dimanche de la Covid, n’avait pas souhaité recevoir le vaccin, car elle craignait que cela mette en danger le foetus, qui n’a également pas survécu.

La mère et les sœurs d’Osnat Ben Shitrit se sont adressées aux médias dimanche et ont appelé leurs concitoyens à se faire vacciner. Son beau-frère, qui a admis être à l’origine d’un groupe anti-vax sur les réseaux sociaux, reste méfiant de la campagne vaccinale.

Ronit Sianni a déclaré que sa fille voulait se faire vacciner mais doutait de la sécurité du vaccin pour les femmes enceintes. Les autorités sanitaires ont appelé les femmes enceintes ces dernières semaines à se faire vacciner, craignant qu’elles ne soient davantage à risque face aux souches mutantes du virus, par rapport au virus d’origine.

« Allez vous faire vacciner, n’attendez pas », a dit Sianni à la Treizième chaîne. « Ce n’est pas un jeu, c’est une question de vie ou de mort. »

Ben Shitrit, 32 ans, est morte des suites du coronavirus et les médecins de l’hôpital Hadassash Ein Karem, qui ont pratiqué une césarienne d’urgence, ont été dans l’incapacité de sauver son fœtus de 30 semaines

Le fœtus n’avait pas été infecté mais il est né par césarienne dans un état grave et il n’a pas survécu, a fait savoir Hadassah.

Le beau-frère d’Osnat Ben Shitrit s’adresse aux médias. (Crédit : Twitter)

Le beau-frère de Ben Shitrit a déclaré au radiodiffuseur public Kan qu’il avait créé un groupe anti-vaccination sur Facebook, qui comptait des milliers de membres et qu’il était membre de plusieurs autres groupes.

Non identifié dans les médias, l’homme a déclaré que suite à la mort de Ben Shitrit, il a fermé son propre groupe mais reste membre des autres groupes.

« Quand ça se passe chez soi, on comprend qu’il faut raisonner différemment. Maintenant, on comprend le coût du coronavirus », a-t-il dit, tout en assurant rester méfiant de la campagne de vaccination.

La campagne de vaccination nationale est « coercitive », a-t-il dit, faisant apparemment référence aux décisions gouvernementales de restreindre l’accès des non-vaccinés ou non-guéris à certains aspects de la vie publique.

« Je ne vous dis pas de courir vous faire vacciner parce qu’il le faut, mais simplement, si vous voulez empêcher la mort d’un de vos proches, vous avez le pouvoir de le faire, vous avez l’option de vous faire vacciner », a déclaré l’homme.

Il a conseillé de se faire d’abord tester pour déterminer la présence d’anticorps qui auraient pu être produits durant une infection asymptomatique.

Les deux sœurs de Ben Shitrit ont déclaré à la chaîne que cette dernière avait été dans un état grave pendant quelques jours mais avait refusé de se faire hospitaliser.

Elles ont expliqué qu’au moment où elle a été admise à l’hôpital, elle était déjà dans un état critique. Se faisant l’écho de leur mère, elles ont encouragé le public à se faire vacciner.

Ben Shitrit, était en bonne santé avant de contracter le coronavirus. Elle avait déjà vécu quatre grossesses consécutives qui s’étaient bien déroulées, a commenté une porte-parole de l’hôpital Hadassah auprès du Times of Israel.

Ben Shitrit, qui habitait la banlieue de Jérusalem, avait été admise à l’hôpital mardi dernier en proie à une détresse respiratoire. Son état s’était soudainement dégradé samedi soir. Les médecins avaient remarqué que plusieurs de ses organes avaient subi des dommages et une importante équipe de spécialistes – notamment des experts en cardiologie et en gynécologie – étaient venus à son chevet.

Selon un communiqué de Hadassah, les médecins ont procédé à un travail de réanimation « très prolongé » et ils ont tenté une césarienne en urgence. Mais la jeune mère est morte et, « malgré les efforts immenses livrés pour sauver le fœtus au sein de l’unité des soins intensifs des prématurés », ce dernier n’a pas survécu.

Un soignant en tenue de protection à l’hôpital Hadassah Ein Karem de Jérusalem manipule un échantillon de dépistage du Covid-19, le 24 mars 2020. (Crédit : Yossi Zamir / Flash90)

Ben Shitrit a été enterrée dimanche après-midi à Jérusalem.

Sa mort a fait l’effet d’un coup de tonnerre dans l’ensemble du système israélien de la santé, les médecins avertissant qu’elle illustrait les dangers que fait courir aux femmes enceintes et aux fœtus le variant anglais, qui représente dorénavant presque tous les cas de coronavirus dans le pays.

Alors que les inquiétudes liées au variant anglais s’étaient concentrées, dans un premier temps, sur son potentiel de contagion et non sur sa virulence, il pourrait avoir un impact sur les femmes enceintes bien plus important que la souche originale du virus. Le mois dernier, alors que le variant anglais se propageait davantage, l’Etat juif avait approuvé la vaccination des femmes enceintes, encourageant ces dernières à réclamer l’injection.

On compte actuellement cinquante femmes enceintes ou jeunes mamans atteintes de la Covid-19 dans les hôpitaux, dont 19 dans un état grave et huit dans un état critique, selon les médias israéliens.

Le ministère de la Santé a rapporté avoir formé une groupe de travail spécial chargé d’identifier les fake news virales qui pourraient potentiellement causer du tort à la campagne vaccinale israélienne.

Certains groupes Facebook israéliens anti-vaccination ont été fermés dimanche à la demande du ministère de la Santé.

En date de dimanche, plus de 4.3 millions de citoyens ont obtenu leur première dose du vaccin développé par les laboratoires Pfizer/BioNTech, ce qui correspond à près de la moitié de la population. Plus de 2,9 millions de personnes ont déjà reçu la seconde dose, selon les chiffres du ministère de la Santé.

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