Massacre d’Itamar : La famille Fogel poursuit l’Autorité palestinienne
Rechercher

Massacre d’Itamar : La famille Fogel poursuit l’Autorité palestinienne

L'Autorité palestinienne est responsable du meurtre de 5 membres de la famille Fogel, car elle verse des allocations aux assassins et à leurs familles

Tamar Fogel (2e g.), qui a perdu ses parents et trois de ses frères lors d'un attentat terroriste dans l'implantation d'Itamar en mars 2011, assiste à une cérémonie commémorative à Jérusalem le 8 mai 2011. (Kobi Gideon/Flash90)
Tamar Fogel (2e g.), qui a perdu ses parents et trois de ses frères lors d'un attentat terroriste dans l'implantation d'Itamar en mars 2011, assiste à une cérémonie commémorative à Jérusalem le 8 mai 2011. (Kobi Gideon/Flash90)

La famille d’un couple israélien assassiné avec trois de leurs enfants dans leur maison de Cisjordanie en 2012 a intenté lundi une action en justice contre les terroristes responsables de l’attentat.

En plus de réclamer des dommages-intérêts aux agresseurs Hakim et Amjad Awad, la famille Fogel poursuit également l’Autorité palestinienne (AP) et l’Organisation de libération de la Palestine (OLP) pour avoir apparemment encouragé l’attaque au couteau et versé des indemnités aux terroristes condamnés.

La plainte, qui a été déposée devant le tribunal de district de Jérusalem, vise à obtenir 400 millions de shekels (114 millions de dollars) en dommages-intérêts.

« Aujourd’hui encore, les terroristes continuent à recevoir des salaires élevés de l’Autorité palestinienne, ce qui va à l’encontre de la logique et de la justice », a déclaré la famille, selon le quotidien Yedioth Ahronoth.

Elle a ajouté que l’OLP et l’AP « savaient ou auraient dû savoir » que leur politique consistant à verser une indemnité mensuelle aux terroristes encouragerait les attentats « tels que le meurtre des victimes ».

Le 11 mars 2011, les deux terroristes sont entrés chez le rabbin Ehud et Ruth Fogel dans l’implantation d’Itamar en Cisjordanie et les ont brutalement assassinés, ainsi que trois de leurs six enfants – Yoav, 4 ans, Elad, 11 ans, et Hadas, 3 mois.

Les membres de la famille Fogel assassinés le 11 mars 2011 à Itamar. Dans le sens des aiguilles d’une montre, depuis en haut à gauche : Ruth, Ehud, Yoav, Hadas et Elad. (Capture d’écran/YouTube)

Parmi les signataires de la plainte figuraient Tamar, la fille d’Ehud et de Ruth Fogel, ses deux frères plus jeunes et 19 autres membres de la famille.

Le dépôt de la plainte intervient une semaine après que la commission des Affaires étrangères et de la Défense de la Knesset a adopté à l’unanimité une première lecture par la Knesset d’un projet de loi qui réduirait les fonds versés à l’AP de la somme que Ramallah verse aux terroristes et à leurs familles.

Le projet de loi permettrait au gouvernement soit de déduire les fonds des recettes fiscales qu’Israël transfère chaque année à l’AP, ce qui serait irréversible, soit de « geler » les paiements, laissant le dernier mot au Cabinet de sécurité.

En vertu d’un accord économique signé en 1994, Israël transfère chaque année à l’Autorité palestinienne des dizaines de millions de dollars en droits de douane perçus sur les marchandises destinées aux marchés palestiniens qui transitent par les ports israéliens.

L’OLP verse des allocations mensuelles à tous les prisonniers palestiniens emprisonnés en Israël, quelle que soit la raison de leur incarcération, ainsi qu’aux familles des « martyrs » – un terme utilisé par l’OLP pour désigner toute personne tuée par un Israélien, y compris lors d’un attentat terroriste.

Dans un récent rapport publié par le Coordonnateur des activités gouvernementales dans les territoires, l’agence du ministère israélien de la Défense chargée d’administrer les affaires civiles en Cisjordanie et les points de passage avec Gaza, il est dit qu’environ un tiers des prisonniers palestiniens sont « directement responsables de l’assassinat d’Israéliens ».

Manifestation de soutien aux prisonniers palestiniens à Ramallah, en Cisjordanie, le 17 avril 2017. (Crédit : Abbas Momani/AFP)

Selon le ministère de la Défense, en 2017, l’Autorité palestinienne a versé 687 millions de shekels (198 millions de dollars) au fonds pour les familles des martyrs et 550 millions de shekels (160 millions de dollars) au Club des prisonniers palestiniens, soit environ 7 % de son budget global.

Les prisonniers palestiniens condamnés à des peines de 20 à 30 ans de prison pour avoir perpétré des attentats terroristes ont droit à une allocation mensuelle à vie de 10 000 shekels (1 900 dollars), a indiqué le ministère de la Défense, citant des chiffres de l’AP. Les détenus condamnés à une peine de 3 à 5 ans de prison reçoivent un salaire mensuel de 2 000 shekels (580 dollars). Les prisonniers palestiniens qui sont mariés, ont des enfants, vivent à Jérusalem ou possèdent la citoyenneté israélienne reçoivent des sommes supplémentaires.

Les législateurs américains ont également présenté un projet de loi similaire, le Taylor Force Act – nommé en l’honneur d’un ressortissant américain tué dans une attaque terroriste à Tel Aviv – qui réduirait le financement américain à l’AP, à moins qu’il ne cesse de verser des allocations mensuelles aux familles des terroristes qui tuent des Israéliens.

L’Autorité palestinienne refuse de mettre fin aux paiements aux prisonniers palestiniens, car il s’agit, selon Mahmoud Abbas, d’une « responsabilité sociale ».

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...