La fermeture d’une usine Pepsi à Gaza imputée aux restrictions israéliennes
Rechercher

La fermeture d’une usine Pepsi à Gaza imputée aux restrictions israéliennes

Jérusalem a facilité l'importation de produits vers Gaza, mais le directeur de l'usine affirme que l'interdiction du dioxyde de carbone et du sirop a entraîné des licenciements

Un employé palestinien marche dans l'usine d'embouteillage Pepsi dans la ville de Gaza, le 21 juin 2021. (Crédit : AP Photo/Felipe Dana)
Un employé palestinien marche dans l'usine d'embouteillage Pepsi dans la ville de Gaza, le 21 juin 2021. (Crédit : AP Photo/Felipe Dana)

Les nouvelles restrictions israéliennes sur les importations dans la bande de Gaza, imposées après 11 jours de conflit le mois dernier, auraient contraint l’usine de boissons Pepsi de l’enclave palestinienne à fermer ses portes.

Jérusalem a renforcé ses restrictions sur les produits entrant dans la bande de Gaza, après que des groupes terroristes ont lancé des milliers de roquettes sur des villes israéliennes alors que l’importation des matériaux utilisés pour fabriquer les projectiles avait été interdite.

Le dioxyde de carbone et le sirop, qui sont nécessaires à la production des sodas Pepsi, 7UP et Mirinda, ont été interdits, ce qui a contraint l’usine à cesser ses activités, a déclaré lundi Hammam Alyazji, responsable du développement de Pepsi à Gaza.

« Hier, nous manquions complètement de matières premières, et malheureusement nous avons dû fermer l’usine et avons renvoyé chez eux 250 travailleurs », a-t-il déclaré, selon l’agence de presse Reuters.

« Les matières premières n’ont pas été autorisées. Nous les attendons depuis 60 jours », a ajouté Alyazji.

À la place, la société importera des produits prêts à l’emploi de son usine en Cisjordanie.

L’usine fonctionne depuis 1961, et Alyazji a déclaré que la fermeture « catastrophique » a perturbé les plans visant à célébrer son 60e anniversaire.

Reuters a cité des analystes anonymes qui estiment que d’autres usines à Gaza pourraient être contraintes de fermer si la situation actuelle persiste.

De la fumée s’élève suite aux frappes de missiles israéliens sur la ville de Gaza, le 13 mai 2021. (Crédit : AP Photo/Khalil Hamra)

Le Coordinateur des activités gouvernementales dans les territoires (COGAT), un organe du ministère israélien de la Défense qui assure la liaison avec les Palestiniens, a déclaré qu’en « raison de la situation sécuritaire, l’importation de matières premières industrielles de l’État d’Israël dans la bande de Gaza n’est pas possible. »

Le COGAT a ajouté que le carburant, la nourriture, les médicaments et les équipements médicaux étaient autorisés à entrer dans la bande de Gaza.

Le gouvernement israélien a assoupli lundi certaines restrictions sur les marchandises et le courrier entrant et sortant de la bande de Gaza, assouplissant l’interdiction stricte qui était en place depuis la série de combats du mois dernier.

Les produits agricoles pourront être exportés vers l’Autorité palestinienne en Cisjordanie et à l’étranger, mais pas vers Israël. Toutefois, les produits textiles seront autorisés en Israël à la suite d’une demande spécifique, de la part d’une entreprise textile israélienne qui travaille avec des fournisseurs de Gaza, ont indiqué les responsables.

Les marchandises seraient autorisées à passer par le point de passage de Kerem Shalom.

Saleh al-Ziq, un haut fonctionnaire de la Commission des affaires civiles de l’Autorité palestinienne basé à Gaza, a déclaré que les Gazaouis bloqués à l’étranger depuis l’escalade de violence de 11 jours entre Israël et le groupe terroriste du Hamas, qui a débuté le 10 mai, seraient désormais autorisés à rentrer dans l’enclave via le passage d’Erez depuis Israël.

Les exportations de vêtements et de nourriture vers Israël et la Cisjordanie vont également reprendre, a-t-il ajouté.

Un camion chargé d’aide humanitaire entre à Rafah dans le sud de la bande de Gaza, par le terminal de Kerem Shalom, le principal point de passage des marchandises entrantes à Gaza en provenance d’Israël, le 21 mai 2021, après un cessez-le-feu négocié par l’Égypte entre Israël et le groupe terroriste du Hamas. (Crédit : SAID KHATIB / AFP)

Cet assouplissement intervient alors qu’Israël et la bande de Gaza ont connu des tensions persistantes. Des groupes terroristes basés à Gaza ont lancé des ballons incendiaires sur le territoire israélien, allumant des feux de forêt dans les zones proches de la bande, et Israël a répondu par des frappes aériennes contre des cibles du Hamas.

Si un cessez-le-feu entre les deux parties a mis fin aux combats fin mai, les médiateurs internationaux ont prévenu qu’il restait fragile et ont déclaré qu’ils cherchaient à le renforcer.

L’envoyé des Nations unies pour le processus de paix, Tor Wennesland, « poursuit ses engagements diplomatiques avec toutes les parties dans ce but », a déclaré un porte-parole des Nations unies la semaine dernière.

Israël et l’Égypte ont mis en place un blocus de l’enclave côtière depuis 2006, imposant des restrictions strictes à la circulation des personnes et des biens. Les deux pays affirment que le blocus empêche les terroristes du Hamas de constituer une menace encore plus grave pour la sécurité.

Mais les groupes de défense des droits déplorent l’impact des restrictions sur la population civile de Gaza. Les sanctions sévères ont entraîné un taux de chômage élevé et l’effritement des infrastructures, et les enchevêtrements bureaucratiques peuvent rendre très difficile la sortie de la bande de Gaza par les points de passage israéliens et égyptiens.

Aaron Boxerman a contribué à cet article.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...