La fièvre de l’Eurovision fait vibrer Tel-Aviv et ses touristes
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La fièvre de l’Eurovision fait vibrer Tel-Aviv et ses touristes

"Tout le monde est gentil et pour le moment, c'est tout simplement incroyable," s'émerveille un touriste chilien

La lauréate de l'Eurovision 2018 Netta Barzilai en concert place Rabin à Tel Aviv, le 14 mai 2018. (Crédit : Tomer Neuberg/Flash90)
La lauréate de l'Eurovision 2018 Netta Barzilai en concert place Rabin à Tel Aviv, le 14 mai 2018. (Crédit : Tomer Neuberg/Flash90)

L’Eurovision n’en est encore qu’aux demi-finales, mais un vainqueur est déjà tout désigné : Tel-Aviv, à en croire les touristes émerveillés par la ville hôte, située sur les rives de la Méditerranée.

Dès le lancement de la compétition mardi soir, « le plus grand spectacle de divertissement télévisé au monde », selon ses organisateurs, a comblé les amateurs d’effets pyrotechnique, de lumière, d’extravagances vestimentaires et de chansons populaires, tour à tour sirupeuses, endiablées ou obsédantes.

Dans une ambiance délirante, Netta Barzilai a donné le ton de la première demi-finale, prélude au grand soir de samedi, en sortant d’un énorme chat animatronique pour chanter « Toy », le titre vainqueur en 2018, qui vaut à Israël d’accueillir l’Eurovision.

Réputé pour sa vie nocturne animée, Tel-Aviv semble le lieu approprié pour accueillir ce sommet d’extravagance musicale et télévisuelle, peut-être le plus grand évènement culturel non religieux jamais organisé dans le pays.

Sur l’élégant boulevard Rothschild, des bénévoles vêtus de tee-shirts violets et de chapeaux assortis délivrent aux touristes venus pour l’occasion des brochures d’information sur la ville et les activités liées à la compétition.

Un peu plus loin, un groupe se réunit pour une visite à pied gratuite des lieux emblématiques de la communauté LGBT à Tel-Aviv.

Sur la plage de sable en contrebas de l’hôtel Hilton, Laszlo Lukacs et son compagnon suédois profitent du soleil et de la brise.

Pour M. Lukacs, un vendeur de logiciels hongrois installé à Zurich (Suisse), le choix de Tel-Aviv est une excellente idée.

« C’est super excitant pour nous Européens de venir ici », s’enthousiasme ce fan de l’Eurovision, qui suit depuis six ans la compétition dans chaque pays d’accueil. « Est-ce qu’on est en Europe, en train de parler d’Eurovision ou est-ce qu’on est au Proche-Orient, avec toutes ces religions qui se mélangent ici ? », philosophe-t-il.

Il déplore toutefois la cherté de la vie à Tel-Aviv, mais note l’hospitalité de ses habitants.

Tel-Aviv, la vibrante capitale économique et culturelle de ce petit pays, s’enorgueillit d’être une ville moderne, cosmopolite, hospitalière, et un havre pour les homosexuels, avec notamment l’organisation de la plus grande Gay Pride de la région.

La municipalité et le pays comptent sur la venue de milliers de touristes et l’exposition médiatique pour mettre en avant ses plages, sa vie nocturne animée, ses vieux quartiers et sa gastronomie.

Miri Regev porte une robe représentant Jérusalem sur le tapis rouge lors de l’ouverture du festival de Cannes, le mercredi 17 mai 2017 (Capture d’écran : Dixième chaîne)

Après la victoire de Netta Barzilai en 2018, le choix de Tel-Aviv ne s’était pas imposé comme une évidence. Des personnalités politiques comme la ministre de droite de la Culture Miri Regev préféraient Jérusalem, qu’elles considèrent comme la capitale du pays.

Le statut de la ville est disputé : Israël s’est emparé de Jérusalem-Est en 1967 et l’a ensuite annexée, ce que la communauté internationale ne reconnaît pas. Les Palestiniens veulent faire du secteur oriental de la ville la capitale de l’Etat auquel ils aspirent.

Israël et Tel-Aviv font face aux appels au boycott de la part – entre autres – d’activistes du BDS, qui dénoncent une entreprise culturelle visant à occulter les réalités du conflit israélo-palestinien. Persiste également la crainte d’un accès de violences meurtrières entre Israël et les groupes terroristes palestiniens, comme au début du mois.

Malgré ce contexte, des centaines de personnes ont travaillé sans relâche pendant neuf mois, relève Eytan Schwartz, patron de Tel Aviv Global, chargé de préparer la ville à l’accueil des touristes de l’Eurovision.

« Nous nous sommes préparés comme pour un mariage », affirme-t-il devant la mairie, dont la façade s’illumine le soir aux couleurs des drapeaux des pays participants.

« Cadeau de Netta »

« Il a fallu former le personnel des hôtels, les chauffeurs de taxi et d’autobus, constituer une petite armée de volontaires et concocter des informations accessibles pour les visiteurs », détaille M. Schwartz.

Environ 10 000 visiteurs sont arrivés lundi, un chiffre modeste pour une grande ville européenne. Mais à Tel-Aviv, qui compte moins d’un demi-million d’habitants, « on a l’impression qu’ils sont partout », dit M. Schwartz. Cette publicité est « un cadeau de Netta », estime-t-il.

Au coeur du « village » de l’Eurovision installé sur une plage, l’Ecossais Chris Walker se réjouit de la perspective d’un événement « incontournable ». Son ami Daniel raconte suivre l’Eurovision du Chili, où il vit, depuis sept ans.

« Cette année, je me suis dit : pourquoi ne pas aller à Tel-Aviv, une ville que j’ai toujours voulu visiter ? Alors je suis là, à attendre que le spectacle commence », confie-t-il. « Tout le monde parle anglais, tout le monde est gentil et pour le moment, c’est tout simplement incroyable ».

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