La hausse des cas chez les enfants met en doute la réouverture des écoles
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La hausse des cas chez les enfants met en doute la réouverture des écoles

Le ministre de l'Education aurait déclaré que l'apparition des nouvelles souches du virus "change la donne" ; plus de 50 % des enfants contaminés sont ultra-orthodoxes

Des enfants portent des masques dans une salle de classe de l'école Kramim à Jérusalem lors de leur premier jour de rentrée des classes après le confinement national, le 1er novembre 2020. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)
Des enfants portent des masques dans une salle de classe de l'école Kramim à Jérusalem lors de leur premier jour de rentrée des classes après le confinement national, le 1er novembre 2020. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)

Les taux d’infection restant élevés mardi, et les médias faisant état d’une augmentation de la morbidité infantile due à la souche britannique du coronavirus, la réouverture imminente du système éducatif avec l’assouplissement du confinement semble peu probable.

La radio de l’armée a rapporté que le ministre de l’Éducation Yoav Gallant semblait revenir sur sa demande de réouverture des écoles et des jardins d’enfants dans la première phase du déconfinement, et a fait savoir qu’il tiendrait d’autres consultations avec des experts médicaux.

« Les mutations ont changé la donne. Je ne veux pas prendre de responsabilité pour les maladies infantiles », aurait déclaré Gallant.

Le ministre de l’Éducation Yoav Gallant rend visite aux écoliers le premier jour de l’année scolaire à Mevo Horon, le 1er septembre 2020. (Marc Israel Sellem / Pool / AFP)

Le variant britannique du virus circule largement en Israël, représentant près de la moitié des cas récents, selon les responsables de la santé. Vingt-sept cas de la souche sud-africaine ont été découverts dans le pays, en plus de quatre cas d’une mutation californienne. Les autorités craignent que les variants ne soient résistants aux vaccins.

Le gouvernement britannique a déclaré que des indications préliminaires montrent que la souche pourrait entraîner une augmentation de 30 % de la mortalité.

Les responsables de la santé ont déclaré que la souche britannique provoque des niveaux d’infection inquiétants chez les enfants et les jeunes, ainsi que des maladies graves chez un certain nombre de femmes enceintes. Sharon Alroy-Preis, responsable de la santé publique au ministère de la Santé, a déclaré lundi qu’il y avait une augmentation du nombre de contaminations chez les enfants âgés de six à neuf ans, le premier groupe d’âge à retourner en classe après les précédents confinements.

Les commentaires de Gallant interviennent alors que le site d’information Ynet a rapporté que si les deux précédents confinements ont conduit à une baisse des niveaux d’infection chez les enfants et les jeunes, les restrictions actuelles n’ont pas eu le même effet.

Le site indique qu’à la veille du second confinement, le 18 septembre, on comptait 1 921 étudiants et 247 membres du personnel parmi les 5 340 nouveaux cas de coronavirus diagnostiqués ce jour-là, soit environ 40 % du total. À la fin de ce confinement, le 18 octobre, 259 enfants et adolescents et 36 membres du personnel éducatif ont été diagnostiqués positifs sur les 922 nouveaux patients diagnostiqués ce jour-là – soit 32 % des personnes infectées.

Le 7 janvier, alors qu’Israël entrait dans une phase de confinement renforcé avec une fermeture complète du système éducatif, 2 743 étudiants et 350 membres du personnel sur un total de 7 642 ont été diagnostiqués, ce qui représente également un taux d’environ 40 %, mais au 21 janvier, Ynet a déclaré que ce chiffre dépassait encore 40 %.

Les opérations de la police visant à faire fermer une yeshiva qui était ouverte en violation des règles du coronavirus à Ashdod, le 22 janvier 2020. (Crédit : Police israélienne)

Selon les chiffres présentés par Gallant cette semaine lors d’une réunion avec les chefs de gouvernement locaux sur la réouverture potentielle du système éducatif, 54 % des étudiants diagnostiqués avec le coronavirus sont issus de la communauté ultra-orthodoxes.

Les chiffres ont montré que dimanche, 10 229 enfants et adolescents ultra-orthodoxes ont été classés comme patients actifs, sur un total de 18 777 étudiants qui ont été infectés.

Les taux élevés d’infection dans la communauté ‘haredi sont en partie dus à la taille importante des familles et à des facteurs environnementaux, mais les experts accusent également les violations des règles dans de larges pans de la communauté, souvent soutenues par les rabbins et d’autres chefs de communauté. Un responsable de la santé a déclaré la semaine dernière que même dans le contexte actuel de confinement, quelque 15 % des établissements d’enseignement des ‘haredim fonctionnaient.

Le nombre de cas quotidiens de virus en Israël reste également élevé, malgré le confinement et une campagne de vaccination frénétique qui a largement dépassé le reste du monde.

Un Israélien sénior reçoit son deuxième vaccin Pfizer COVID-19 au centre de vaccination au drive-in des services de santé du Maccabi, dans la ville côtière de Haïfa, au nord, le 11 janvier 2021. (JACK GUEZ / AFP)

Le vice-ministre de la Santé, Yoav Kisch, a déclaré mardi que les restrictions et le programme de vaccination n’avaient pas encore l’effet souhaité sur les taux d’infection.

« Nous ne voyons pas le déclin [de l’infection] que nous voulions voir – hier 8 571 nouveaux cas ont été diagnostiqués, et nous sommes toujours à plus de 1 100 patients gravement malades », a-t-il déclaré à la radio de l’armée. « La grande crainte est qu’une souche du coronavirus résistante au vaccin arrive en Israël. Cela nous inquiète beaucoup ».

Le ministre de la Santé, Yuli Edelstein, a déclaré que près de 4 millions de doses du vaccin ont été administrées en Israël – environ 2,7 millions ont reçu leur première dose, dont 1,26 million ont également reçu une seconde dose. Le gouvernement s’est fixé comme objectif de vacciner l’ensemble de la population adulte éligible de plus de 16 ans d’ici la fin du mois de mars.

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