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La Haute Cour autorise Bazan à construire une nouvelle centrale électrique

Les juges soulignent toutefois que l'ancienne raffinerie de pétrole devra finalement fermer, conformément à la décision prise par le gouvernement en 2022

Sue Surkes est la journaliste spécialisée dans l'environnement du Times of Israel.

Du gaz excédentaire brûlé à la raffinerie de pétrole Bazan, située dans la ville de Haïfa, au nord d'Israël, tard dans la soirée du 19 mars 2026 (Crédit : Odd Andersen/AFP)
Du gaz excédentaire brûlé à la raffinerie de pétrole Bazan, située dans la ville de Haïfa, au nord d'Israël, tard dans la soirée du 19 mars 2026 (Crédit : Odd Andersen/AFP)

La Haute Cour de justice a estimé que le Conseil national pour la Planification et la Construction avait agi dans le respect de la loi en autorisant les raffineries de pétrole Bazan, situées à Haïfa, à construire une nouvelle centrale électrique sans permis de construire, en raison de circonstances particulières. Elle a toutefois souligné que cette autorisation n’était valable que pour trois ans.

La nouvelle centrale au gaz demandée par Bazan est destinée à remplacer une ancienne installation qui avait été endommagée par des missiles iraniens lors de la précédente guerre contre la République islamique d’Iran, en juin 2025.

La centrale avait été touchée à deux reprises pendant cette guerre, puis à deux autres reprises lors de la dernière campagne militaire contre le régime iranien, l’Opération « Lion rugissant ».

Lors du conflit militaire de l’an dernier, trois employés de Bazan avaient trouvé la mort dans un incendie provoqué par un missile.

La Cour a toutefois précisé dans son arrêt rendu dimanche que les raffineries devront être fermées conformément à une décision gouvernementale qui prévoyait leur fermeture d’ici la fin de la décennie.

Le recours contre la nouvelle centrale électrique a été introduit par la municipalité de Haïfa, l’Association des villes de la baie de Haïfa pour la protection de l’environnement et des organisations écologistes, dont Green Course.

Vue de la tour de refroidissement d’eau de la raffinerie de pétrole de Haïfa, à Haïfa, le 31 juillet 2022. (Crédit : Shir Torem/Flash90)

Au cœur de la question de la dérogation à l’obligation d’obtenir un permis se trouve une ordonnance temporaire en vertu de la loi sur l’aménagement et la construction, qui permet au ministère de l’Intérieur de déroger à certaines dispositions de la loi nationale sur l’aménagement du territoire afin d’accélérer les projets « d’importance et d’urgence nationales ».

Cette mesure avait été mise en place pour permettre des réparations et une réhabilitation rapides à la suite du pogrom perpétré par le groupe terroriste palestinien du Hamas le 7 octobre 2023 et de la guerre qui s’en était suivie.

Cette ordonnance, connue sous le nom d’article 266E, a été utilisée dans des dizaines de cas pour aider à la reconstruction des communautés situées le long de la frontière avec Gaza.

En juillet, en réponse à une demande du ministère de l’Énergie, le ministère de l’Intérieur avait proposé d’exempter Bazan de l’obligation de fournir des plans détaillés ou d’obtenir un permis de construire pour la réparation des dommages causés pendant l’Opération « Rising Lion ».

De la fumée s’échappant de la raffinerie de pétrole Bazan à Haïfa, dans le nord d’Israël, après avoir été bombardée par un missile iranien dans la nuit du 15 au 16 juin 2025. (Crédit : Ariel Schalit/AP)

Il avait expliqué que « [l’attaque iranienne] a causé des dommages importants aux installations essentielles nécessaires au fonctionnement continu de la raffinerie et à la production de ses produits, notamment la centrale électrique chargée de produire l’électricité et la vapeur qui sont utilisées par les installations du complexe, ainsi que les pipelines et les infrastructures opérationnelles ».

Lors d’une discussion survenue, au mois d’octobre, au Conseil national pour la Planification et la Construction, l’Association des villes de la baie de Haïfa pour la protection de l’environnement avait fait valoir que Bazan avait réussi à poursuivre son activité grâce à une électricité plus propre fournie par le réseau national, et qu’elle pouvait donc continuer ainsi, sans qu’il soit nécessaire de construire une nouvelle installation qui viendrait aggraver le hénomène de pollution atmosphérique déjà excessif à Haïfa.

Elad Pinchas, responsable de la planification environnementale au ministère de l’Environnement, avait déclaré lors de cette réunion qu’il n’y avait pas eu de discussion approfondie sur les alternatives.

Le Conseil national pour la Planification et la Construction avait ensuite répondu qu’après avoir « examiné toutes les alternatives existantes », il avait choisi d’approuver le remplacement de la centrale endommagée par une installation dotée d’une « technologie améliorée, tout en permettant le démantèlement potentiel de l’installation à l’avenir, lorsque l’activité sur le site de Bazan cessera ».

Certaines des personnes, dont le PDG de Green Course, Elad Hochman (en veste blanche) à l’origine du premier recours déposé devant la Haute Cour d’Israël concernant l’action climatique, devant la Cour suprême, à Jérusalem, le 23 février 2026. (Crédit : Green Course)

À l’issue de l’audience de dimanche, le maire de Haïfa, Yona Yahav, a déclaré : « Je me réjouis que les juges aient reconnu la nécessité de fermer Bazan. Même si la centrale électrique est construite, contrairement à notre position, elle ne doit pas aller à l’encontre de la décision gouvernementale importante visant à évacuer cette usine dangereuse et polluante de la baie de Haïfa. »

Elad Hochman, PDG de Green Course, a fait remarquer que l’absence de travaux visibles sur le site de Bazan contredisait les affirmations laissant entendre que la construction d’une nouvelle centrale électrique constituait une urgence nationale.

« Même si elle est construite, cette installation n’est que temporaire et elle devra être évacuée. La véritable solution ne consiste pas à étendre Bazan, mais à le fermer complètement d’ici 2029, conformément à la décision qui a été prise par le gouvernement. Les habitants de Haïfa ne devraient pas continuer à payer de leur santé à cause de plans d’urbanisme détournés », a ajouté Hochman.

Bazan n’avait pas répondu à notre demande au moment de la mise sous presse.

Depuis des années, habitants, militants écologistes et autres acteurs font pression pour que le complexe de Bazan soit fermé et pour que les produits qu’il fabrique soient importés, en raison de la pollution importante qu’il provoque à Haïfa et dans ses environs, de la forte prévalence du cancer et de l’asthme dans la région, et des craintes d’attaques qui se sont effectivement concrétisées lors des guerres d’Israël contre la République islamique.

En 2022, le gouvernement avait décidé de fermer les raffineries et le complexe de stockage de pétrole associé d’ici une dizaine d’années, et d’importer à la place les produits qu’ils fabriquent, appelés distillats. Cependant, il est apparu le mois dernier que le ministère de l’Énergie tente actuellement de faire annuler cette décision et de délocaliser le complexe dans le sud d’Israël afin de ne pas dépendre uniquement des importations.

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