La Jordanie dit que la fuite de pétrole en mer Rouge est sous contrôle
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La Jordanie dit que la fuite de pétrole en mer Rouge est sous contrôle

Des officiels à Amman minimisent la portée de la marée noire mais les écologistes préviennent des nuisances potentielles, portées à l’écosystème des récifs coralliens, suite au nettoyage

Une vue aérienne de la partie supérieure du golfe d'Aqaba dans la matinée du 24 août 2016, un jour après une rupture de canalisation à Aqaba qui a causé la fuite d'environ 200 tonnes de pétrole brut dans la mer Rouge. (Autorisation d'Eli Warburg / Ministère de la Protection et de l'Environnement)
Une vue aérienne de la partie supérieure du golfe d'Aqaba dans la matinée du 24 août 2016, un jour après une rupture de canalisation à Aqaba qui a causé la fuite d'environ 200 tonnes de pétrole brut dans la mer Rouge. (Autorisation d'Eli Warburg / Ministère de la Protection et de l'Environnement)

Les officiels jordaniens disent que l’explosion du tuyau ayant provoqué l’écoulement de 200 tonnes de pétrole brut dans le port d’Aqaba a été en grande partie maitrisée alors que leurs homologues israéliens constatent que le pétrole est à même de gagner les plages d’Eilat.

« Les Jordaniens ont maitrisé la fuite, alors nous baissons le niveau de préparation mais nous continuons à monitorer la situation », dit l’un des porte-paroles du ministère de la protection de l’Environnement.

« Nous travaillons en coopération avec eux. Nous sommes en contact permanent avec eux et leur permettons d’achever le travail. »

Les rapports dans la presse jordanienne ont minimisé l’importance de la fuite. Le Directeur de la Défense civile, le Colonel Muhammad al-Habahba confie au quotidien Jordanien Al-Ghad que les ouvriers sur place ont empêché presque tout le pétrole d’atteindre la mer.

La quantité de pétrole ayant atteint l’eau n’excède pas les cinq litres et il ne semblerait pas que cela ait un impact sur la surface de la mer, dit-il.

Les plages d’Eilat étaient ouvertes aux baigneurs normalement. Le ministère de la protection de l’Environnement ajoute qu’à cause du vent, la moindre nappe de pétrole est à même d’atteindre les plages israéliennes.

Un communiqué commun des deux ministères a été adressé aux autorités jordaniennes proposant assistance au nettoyage de la marée noire.

Le ministre de l’Environnement, Zeev Elkin et le Directeur Général du ministère des Affaires étrangères, Dore Gold ont approuvé la proposition de fournir des équipements israéliens et des ressources humaines pour aider au nettoyage, mais les Jordaniens sont en train de « gérer l’incident eux-mêmes », dit le communiqué.

Néanmoins, les officiels des quatre pays entourant le Golfe d’Aqaba – La Jordanie, l’Arabie saoudite, Israël et l’Egypte – suivent de près la situation afin de déterminer les dégâts éventuels.

« Le système écologique n’a pas de frontières, le Golfe d’Eilat est une seule entité, » dit Rami Amir le directeur de la Division de la protection marine de l’Environnement.

Le Professeur Bella Galil, chercheur l’Institut de recherche Océanographique et Limnologique Israélien affirme qu’il est crucial que les autorités Jordaniennes n’utilisent pas de produits chimiques dispersants au nettoyage de la marée noire, ce qui émulsifierait le pétrole et le transformerait en petites gouttes invisibles à l’œil nu mais plus encore dévastatrices pour les récifs coralliens.

« La meilleure méthode dans ces conditions est le retrait physique du pétrole, en l’extrayant par des grues puis en l’essorant dans un produit spécial et en le déposant dans des déchetteries », dit-elle.

« L’attention est focalisée sur le corral et les récifs coralliens mais la marée noire peu affecter l’entière colonne d’eau et spécifiquement si le pétrole se trouve à la surface et sous la surface », dit-elle.

« Le célèbre récif de coraux multicolores et son abondante population de poissons sont dépendants d’un réseau alimentaire complexe, le cytoplancton et le zooplancton, qui fournissent la nourriture aux coraux et ses habitants, » explique Galil.

« Même si la marée n’atteint pas les récifs coralliens, ils sont impactés parce que leur chaine alimentaire est impactée », dit Galil.

« Les gens se disent : Ok, mais la marée noire est à 20 km. Seulement le plancton, dans le Golfe, est une seule et unique unité. S’il meurt ou qu’il devient toxique suite à une émulsion de pétrole, cela impactera les coraux même si les coraux ne sont pas en contact avec le pétrole même », dit Galil.

Amir dit que les autorités israéliennes ne sont pas sûres des méthodes employées par les Jordaniens pour contrôler la marée mais qu’ils ont le même équipement que du côté israélien, comprenant des grues à pétrole, des écumoires contenant le pétrole et pouvant le retirer physiquement de l’eau sans produits chimiques émulsifiants.

Dans le passé, tant les israéliens que les Jordaniens ont utilisé des produits chimiques dispersants pour traiter les marées noires, et ce jusqu’en 2007 ou une étude de chercheurs Israéliens dans le Golfe d’Aqaba a trouvé que cela était nuisible.

« Les récifs coralliens adjacents au port n’ont pas de longue espérance de vie », dit Galil, notant que certaines espèces de corral peuvent vivre pendant des centaines d’années.

« Il y a deux ports au bout de la baie. Ce n’est pas pour assurer une longue et heureuse longévité. »

Dov Lieber et l’équipe du Times of Israël ont contribué à cet article.

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