La justice confirme : Faurisson est « un menteur professionnel »
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La justice confirme : Faurisson est « un menteur professionnel »

Dénonçant la diffusion par Le Monde d'une tribune en 1978, Ariane Chemin le qualifiait de "faussaire de l’histoire". Il l'avait poursuivie et vient de perdre en appel

Robert Faurisson. (Crédit : capture d'écran Youtube)
Robert Faurisson. (Crédit : capture d'écran Youtube)

Le 7 février dernier, la justice a rejeté l’appel du jugement relaxant pour
« exception de vérité » Ariane Chemin, journaliste au Monde, qui avait affirmé que l’homme était un « faussaire de l’histoire », un « falsificateur », un « menteur professionnel, » rapporte Dalloz, le site de l’actualité juridique.

En 2012, la lecture d’un papier de la journaliste au Monde Ariane Chemin avait contrarié le négationniste Robert Faurisson. Une fois sa lecture achevée, il avait contacté son avocat et décidé de la poursuivre en diffamation.

Chemin, dans cet article critiquant la publication par Le Monde en 1978 d’une tribune de Faurisson évoquant « les prétendues chambres à gaz hitlériennes », avait cité une phrase prononcée par l’ancien Garde des Sceaux, Robert Badinter, dans un procès en 2007.

Il le qualifiait de « faussaire de l’histoire ». Dans son article, la journaliste y avait ajouté les qualificatifs de « menteur professionnel et falsificateur ». Debut juin 2017, la justice française a rendu un jugement donnant raison à la journaliste.

Pour plusieurs raisons, ce rendu de jugement avait été considéré comme historique. Historique, car pour la première fois, le spécialiste de la remise en cause de l’existence des chambres à gaz comme outils d’extermination des Juifs, n’avait pas été débouté en raison de « la bonne foi » de son adversaire, mais parce que le tribunal a jugé que celle-ci avait écrit « la vérité ».

Dans les procès précédents en diffamation intentés par Faurisson, seul moyen de s’assurer un peu de visibilité, expliqait Ariane Chemin sur France Culture, le tribunal avait certes toujours donné raison aux auteurs des propos jugés diffamatoires, mais le tribunal mettait en avant la seule
« bonne foi » de ceux-ci, non le caractère exact de leurs affirmations.

La justice considérait qu’au vu des éléments à la disposition du public, on pouvait de bonne foi qualifier Robert Faurisson de négationniste, ou de faussaire. C’est l’intention de l’accusé qui était jusqu’alors jugée, non la véracité de ses dires.

Ce type de jugement, expliquait alors la grande reporter Ariane Chemin, permettait à Faurisson de clamer que le tribunal ne l’avait pas désavoué sur le fond.

Grâce au jugement de la 17e chambre du Tribunal de grande instance rendu mardi 6 juin et confirmé le 7 février dernier, Faurisson peut être décrit comme un faussaire de l’histoire et un menteur, des affirmations désormais vraies au regard de la loi.

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