La Libye toujours en crise, 5 ans après la mort de Kadhafi
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La Libye toujours en crise, 5 ans après la mort de Kadhafi

De l'élimination du dictateur à la crise des migrants, retour sur cinq ans de chaos en Libye

Des Libyens avec leur drapeau sur une place de Tripoli, le 6 novembre 2014. (Crédit : Mahmud Turkia/ AFP)
Des Libyens avec leur drapeau sur une place de Tripoli, le 6 novembre 2014. (Crédit : Mahmud Turkia/ AFP)

La Libye reste embourbée dans la violence et une impasse politique, cinq ans après la mort du colonel Mouammar Kadhafi qui avait soumis le pays à sa dictature 42 ans durant.

2011 : l’élimination de Kadhafi

Durant les printemps arabes, une contestation sans précédent émerge mi-février 2011 contre le régime de Kadhafi, soutenue un mois plus tard par des frappes aériennes lancées par Washington, Paris et Londres sous mandat de l’ONU puis placées sous commandement de l’Otan à partir du 31 mars.

Tripoli tombe le 23 août, Kadhafi s’enfuit. Le 20 octobre, il est capturé rampant dans un égout, puis tué, près de Syrte, sa région d’origine à l’est de Tripoli. Trois jours plus tard, la « libération » du pays est proclamée par le Conseil national de transition (CNT), organe politique de la rébellion, qui remettra ses pouvoirs le 8 août 2012 au Congrès général national (GGN, Parlement) élu en juillet.

2012 : l’ambassadeur américain tué à Benghazi

Alors que les islamistes radicaux cherchent à profiter de la rébellion et que prolifèrent des milices locales faisant régner la violence, quatre Américains dont l’ambassadeur Christopher Stevens meurent dans une attaque contre leur consulat à Benghazi, la deuxième ville du pays, le 11 septembre 2012. Le groupe jihadiste Ansar al-Charia, lié à Al-Qaïda, est accusé d’être impliqué.

Le pays s’enfonce dans le chaos. Les ambassades étrangères vont progressivement fermer durant les deux ans qui suivent et les compagnies aériennes étrangères stopper leurs liaisons, tandis que les terminaux pétroliers subissent des blocages et que la production de brut s’effondre.

2014 : guerre civile et gouvernements rivaux

Le général dissident Khalifa Haftar, aux relations étroites avec l’Egypte et les Emirats arabes unis, lance mi-mai 2014 une opération contre les groupes islamistes dans l’est, où Benghazi est leur fief. Alors que les islamistes boycottent le nouveau Parlement élu le 25 juin, la coalition Fajr Libya rassemblant des milices, dont certaines islamistes, s’empare fin août de Tripoli après de durs combats et réinstalle le CGN.

Le gouvernement alors reconnu internationalement s’exile dans l’est avec le Parlement élu en juin, soutenu par les forces du général Haftar. Le pays compte désormais deux gouvernements et deux Parlements.

2015 : la menace jihadiste s’affirme

Une attaque spectaculaire le 27 janvier à Tripoli, neuf morts dont cinq étrangers, est revendiquée par le groupe jihadiste Etat islamique (EI) dont la montée en puissance en Libye depuis quelques mois inquiète Washington, à la tête d’une coalition internationale contre lui en Irak et en Syrie.

L’EI revendique en février la décapitation de 21 chrétiens égyptiens puis, après des raids punitifs égyptiens, un triple attentat suicide qui fait 44 morts à Al-Qoba.

Le 9 juin, l’EI prend Syrte. Le groupe essuie ses premiers bombardements américains en Libye le 13 novembre, perdant son chef local, l’Irakien Abou Nabil, selon Washington. L’EI commet encore des attaques sanglantes faisant 56 morts le 7 janvier 2016 notamment à Zliten.

2016 : impasse politique et crise des migrants

Trois mois après la signature d’un accord difficilement négocié sous l’égide de l’ONU, un gouvernement d’union nationale soutenu par la communauté internationale est proclamé le 12 mars.

Son chef Fayez al-Sarraj arrive fin mars à Tripoli et les autorités dissidentes se rallient à son gouvernement. Mais dans l’est, le cabinet parallèle, soutenu par le général Haftar, ainsi que le Parlement internationalement reconnu, lui restent opposés.

L’instabilité fait du pays une plaque tournante pour les trafics, notamment de migrants. La Libye redevient en avril le premier pays de départ vers l’Europe occidentale.

Les forces fidèles au gouvernement d’union lancent le 12 mai l’offensive pour reprendre Syrte à l’EI, soutenues depuis août par des raids américains.

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