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La ministre de l’Environnement écarte la possibilité d’une pollution maritime

Les « tâches suspectes » repérées plus tôt dans la journée au large des côtes israéliennes ne sont finalement pas une pollution en mer

Le navire de recherche de haute mer R/V Bat-Galim se prépare à intervenir sur une possible pollution maritime au large des côtes israéliennes, le 1er fevrier 2022 (Ministère de l’Environnement)
Le navire de recherche de haute mer R/V Bat-Galim se prépare à intervenir sur une possible pollution maritime au large des côtes israéliennes, le 1er fevrier 2022 (Ministère de l’Environnement)

Après plusieurs heures de contrôles détaillés, la ministre de la Protection de l’Environnement, Tamar Zandberg, annonce qu’il n’y a pas de pollution en mer au large des côtes israéliennes.

Les images par satellite montrant une tâche sombre de plusieurs kilomètres au large des côtes avaient éveillé des inquiétudes, mais des contrôles détaillés ont permis de s’assurer qu’il n’y avait pas de pollution en mer.

Tamar Zandberg avait en effet déclaré plus tôt dans la journée qu’une possible fuite d’hydrocarbures, détectée la nuit précédente au large des côtes, pouvait constituer une pollution nationale voire régionale. Elle avait donné des instructions pour que les plans d’urgence prévus en pareille situation soient activés.

Les observations faites avaient détecté des « tâches suspectes » à la surface de la mer, dans une zone de 20 a 40 kilomètres des côtes, dans une zone comprise entre les villes de Rishon Lezion et Netanya.

La Ministre de l’Environnement Tamar Zandberg lors d’une réunion du Comité des Finances à la Knesset, Jérusalem, le 15 novembre 2021 (Yonatan Sindel/ Flash90)

Une cellule de crise avait été réunie à Haïfa, et Zandberg avait approuvé la qualification au niveau 3 de l’incident, déclarant qu’il pouvait constituer un incident maritime majeur à caractère national voire régional.

La décision d’élever à 3 le niveau d’alerte avait été prise en considération de la localisation des tâches suspectes et de leur rapide déplacement. La ministre avait alors indiqué que l’alerte demeurerait à ce niveau jusqu’à ce que la situation soit éclaircie.

« A l’heure actuelle, un grand nombre de bateaux privés se préparent à s’acheminer sur zone, sous la direction du Ministère, pour faire barrage et commencer les opérations de pompage dans la mesure du possible », avait-elle alors précisé.

Le navire de recherche de haute mer R/V Bat-Galim, opéré conjointement par le ministère et l’Institut israélien de recherche océanographique et limnologique, s’était préparé à prendre la mer avec les équipements nécessaires à la prise d’échantillons et à l’utilisation de sprays dispersants.

Illustration: Une usine de désalinisation à Hadera, le 16 mai 2010 (AP Photo/ Ariel Schalit)

« Si cela s’avère être une nappe d’une surface de plusieurs kilomètres, notre capacité d’action en mer sera assez limitée », avait averti la ministre.

Elle avait ajouté que des contrôles plus poussés, impliquant des patrouilles maritimes et des survols de la zone, seraient de nouveau menés dans la journée, « de manière à obtenir une vision claire de la situation et des mesures à prendre en mer ».

Elle avait relevé que les autorités travaillaient à la modélisation des courants et des vents pour estimer leur impact sur la situation.

L’armée avait apporté l’appui de patrouilles aériennes et maritimes, aidant à la construction du scénario de réponse. Le Commandement de Défense passive s’était déclaré prêt à apporter son soutien au cas où la nappe atteindrait le rivage.

Dans sa première déclaration, le ministère avait précisé que toutes les parties prenantes concernées, ministère de la Défense, Ligue de Protection de la Nature et municipalités côtières, avaient pris part à l’évaluation de la situation et reçu instruction de se préparer à l’activation des plans d’urgence.

Pour Michal Stern, responsable du réseau national de bénévoles pour la lutte contre les pollutions marines – réseau co-dirigé par le ministère et l’ONG EcoOcean -, les observations aériennes n’étaient pas encore assez précises pour confirmer l’hypothèse d’une marée noire.

S’exprimant à l’antenne de la radio publique Kan, elle avait évoqué la possibilité que les tâches suspectes soient des nuages de basse altitude. « J’espère qu’il ne s’agira au final que de cela », avait-elle ajouté.

Mme Stern avait précisé que les prévisions météorologiques annonçant un orage pour jeudi, il y aurait très peu de temps pour agir. Et que, quelles que soient les mesures prises, s’il s’agissait bien d’une marée noire, il y aurait forcément des hydrocarbures sur les côtes.

L’Autorité de l’Eau israélienne avait pour sa part indiqué n’avoir donné aucune instruction spécifique aux immenses centres de dessalement qui alimentent le pays en eau potable pour 80 % de sa consommation.

L’Autorité avait ajouté que les systèmes de filtration des centres fonctionnaient normalement, mais que les pompes seraient immédiatement arrêtées en cas de soupçon de pollution. « Même en pareil cas, il n’y a pas à craindre de coupure d’eau, des plans étant prévus pour continuer à alimenter le pays en eau quelle que soit la situation », avait-elle assuré.

La ministre de l’Environnement n’avait donné aucun détail sur l’origine de la possible fuite, un an presque jour pour jour après l’une des plus désastreuses pollutions qu’ait connu le pays.

Des soldats nettoyant le goudron de la plage Palmachim, après la marée noire qui a touché près de l’ensemble du littoral israélien, le 22 février 2021 (Yonatan Sindel/ Flash90)

Le 18 février 2021, Israël avait en effet fait face à des dépôts massifs de goudron sur ses côtes, suite à une fuite d’hydrocarbures constatée après un orage. Elle avait à cette occasion recueilli la dépouille d’un rorqual échoué de 17 mètres de long.

Les jours suivants, il était clair que l’ensemble du littoral du pays avait été pollué et que faune et flore avaient payé un lourd tribut.

Suite à cet incident, la vente de poissons pêchés en Méditerranée avait été suspendue et l’accès aux plages avait été fermé. Des milliers de bénévoles s’étaient unis pour nettoyer les côtes. Les dommages à long-terme infligés aux écosystèmes sont encore loin d’être connus.

A l’époque des faits, les preuves découvertes dans le cadre de l’enquête menée par le ministère de la Protection de l’Environnement avaient établi que la fuite de dizaines de tonnes de pétrole brut avait eu lieu les 1er et 2 février, à environ 130 kilomètres des côtes, des flancs du pétrolier syrien Émeraude, lequel naviguait sans assurance. Le Fonds de Compensation des Pollutions maritimes, dont le siège est à Londres, avait accepté le principe d’une indemnisation.

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