La pandémie multiplie les défis rencontrés par les couples divorcés ou séparés
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La pandémie multiplie les défis rencontrés par les couples divorcés ou séparés

Asnat Hacohen aborde différents problèmes qui vont de l'impact de la perte d'emploi sur les pensions alimentaires aux inquiétudes sur la protection des enfants chez l'ex-conjoint

Photo d'illustration d'un enfant dont les parents se disputent (Crédit : RomoloTavani/iStock/Getty Images)
Photo d'illustration d'un enfant dont les parents se disputent (Crédit : RomoloTavani/iStock/Getty Images)

Les parents qui étaient en train de se séparer ou qui avaient déjà divorcé sont confrontés à des défis particuliers en cette période de pandémie de coronavirus, déclare une médiatrice intervenant au cours de divorces au Times of Israel.

« Ce sont toutes sortes de questions qui émergent pour ceux qui sont déjà séparés ou divorcés », affirme Asnat Hacohen. « Que vont devenir les arrangements parentaux qui avaient été décidés ? Que va-t-il arriver si l’un des parents ne fait pas confiance à son ex-conjoint ou à son ex-conjointe, au nouveau partenaire, s’agissant de la protection des enfants face au coronavirus ? Est-il sûr que ce nouveau partenaire ne ramènera pas le Covid-19 dans le foyer ? », explique-t-elle.

« Parfois, l’un des partenaires vit avec ses parents âgés. Et si les restrictions empêchent l’un des parents d’amener les enfants à l’autre [ce qu’ils ne font pas pour le moment], alors qui les gardera ? », continue-t-elle.

La pandémie soulève aussi des questions sur l’argent et le paiement des pensions alimentaires, note Asnat Hacohen, avocate de formation, qui vit à proximité de Jérusalem.

« Imaginons qu’il y ait un confinement total qui empêche les enfants d’aller chez l’un ou l’autre de ses parents, et qu’un seul se trouve donc dans l’obligation d’assumer tous les coûts et de s’occuper des enfants. Imaginons que la personne [habituellement le père] qui verse la pension alimentaire perde son travail et qu’elle n’a plus de revenu permettant de la payer. Que faire ? », poursuit-elle.

« Ce sont des cas où tout le monde a raison. Chaque famille doit régler ces problèmes au niveau individuel », dit-elle.

Asnat Hacohen, avocate et médiatrice intervenant dans les divorces (Autorisation)

Et parfois, du bon peut sortir des mauvaises situations, rassure l’experte.

« Il y a quelque temps, j’ai aidé un couple à trouver un accord de divorce. La mère, qui obtient habituellement la garde des enfants, s’est retrouvée bloquée à l’étranger quand le coronavirus a interrompu un grand nombre de vols aériens, et le père les a pris en charge. Il a estimé après que les choses s’étaient si bien passées qu’il réfléchissait dorénavant à les avoir davantage », raconte-t-elle.

Asnat Hacohen estime qu’il y a de grandes différences entre les couples qui ont fait appel aux services d’un médiateur et ceux qui ont divorcé devant les tribunaux.

« Les jugements des tribunaux ont tendance à être concis. Ils ne prennent pas en compte tous les aspects des choses. Dans les accords trouvés à l’aide de la médiation, des mécanismes de prise de décision sont mis en place de façon à ce qu’il y ait moins de possibilités de conflit. Ces mécanismes sont importants dans la mesure où il est impossible de prédire toutes les situations ».

Elle explique conseiller actuellement les couples en utilisant l’application de vidéoconférence Zoom.

« J’ai eu un cas où le père était médecin – un travailleur considéré comme essentiel. Il ne voulait pas voir ses enfants. Via Zoom, le couple a convenu que les enfants continueraient à rendre visite à leur père à son domicile. Il a promis de changer de vêtements et de nettoyer la maison avant leur arrivée. Dans ce cas-là, l’ex-épouse avait besoin de pouvoir se reposer, elle faisait confiance à son ex-mari et elle voulait montrer de la flexibilité », raconte-t-elle.

« Dans un autre cas, une mère divorcée dont les parents âgés vivent dans un appartement situé dans le même immeuble voulait me consulter pour savoir quoi faire avec sa petite fille. L’accord qui a été convenu a été que l’enfant n’irait pas au domicile de son père – il vit avec une autre personne – mais qu’un autre logement de l’immeuble, que la mère avait laissé, serait vidé et nettoyé de manière à ce que le père puisse voir là-bas son enfant », continue-t-elle.

« Avec des couples qui sont séparés ou divorcés, il y a parfois de nombreuses personnes qui sont impliquées ! Chaque famille est différente avec des besoins différents », s’exclame-t-elle.

Pour les couples qui sont en cours de séparation, qui ne s’entendent pas mais qui vivent encore sous le même toit, Asnat Hacohen conseille habituellement un arrangement temporaire, avec un cadre établi pour chaque journée. Celui-ci devrait spécifier, par exemple, pendant combien d’heures chaque parent pourra travailler et se consacrer à ses loisirs personnels, mais aussi le temps passé par chacun avec les enfants et la répartition des tâches ménagères, comme le ménage et la cuisine.

« Cela apaise souvent l’atmosphère et crée une forme de séparation physique, même si ce n’est pas une séparation réelle », ajoute la spécialiste.

Elle précise que « si la médiation est comme un antibiotique, un accord prénuptial est comme un vaccin. Même si on ne définit pas les choses en détail dans le premier, on y parle de questions telles que la répartition des responsabilités, on y échange des points de vue différents sur des sujets comme la religion, l’éducation et l’argent. Beaucoup de gens divorcent parce qu’ils ont des attitudes différentes face à l’argent. Une fois que ces sujets ont été discutés, il y a une coordination des attentes », estime-t-elle.

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